À 21 h, le 26 septembre au Théâtre Rialto, A Winged Victory for the Sullen a plongé le public dans un vaste paysage sonore où sérénité, mélancolie et lumière se côtoient. Formé d’Adam Wiltzie et de Dustin O’Halloran, le duo était accompagné sur scène de deux violoncellistes et d’une contrebassiste, formant un ensemble qui donnait une dimension orchestrale à leur musique néoclassique ambient.
À l’extrémité gauche de la scène, O’Halloran alternait entre piano, synthétiseur et bande sonore, tandis que Wiltzie, à droite, faisait naître ses nappes de guitare et de synthétiseur. Au centre, les trois instrumentistes à cordes se faisaient face, comme réunis au cœur de la composition. Pendant près d’une heure, la musique s’est déployée presque sans interruption ni applaudissements, laissant la salle suspendue dans une écoute attentive. Ce silence collectif a finalement éclaté en une ovation debout, avant que le groupe ne reprenne pour quelques pièces supplémentaires.
La musique de A Winged Victory for the Sullen absorbe autant qu’elle invite au voyage intérieur. Des harmonies majestueuses et des mélodies orchestrées surgissent peu à peu d’une trame hypnotique faite de cordes traitées, de synthétiseurs et de piano. Leurs compositions créent de vastes paysages sonores, mélancoliques, lumineux et suspendus dans le temps. L’éclairage, particulièrement soigné, renforçait cette impression en plongeant les musiciens dans des contre-jours qui accompagnaient habilement le drame de leur musique.
Puisant dans une discographie allant de leur album éponyme à The Undivided Five et Invisible City, le groupe a offert une traversée méditative et luxuriante. Quinze ans après leur premier passage à la Casa Del Popolo, leur retour s’est conclu par une troisième ovation debout, comme un écho collectif à cette expérience hors du temps.
photo LLongpré pour Pop MTL























