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L’album Les horribles, le septième de Fuudge, fut lancé le 15 mai sous étiquette Folivora. Ce répertoire flambant neuf est exécuté ce 18 juin aux Foufounes Électriques dans le contexte des Francos. Furieux mélange de stoner rock, de grunge ou de psych rock, Fuudge poursuit en toute cohérence sa route, amorcée une décennie plus tôt. Renommé pour ce talent de souffler le chaud et le froid, les clavier ambient et les riffs hardcore, les voix douces, les voix sombres, les graves, les aiguës ou les cris d’outre-tombe, Fuudge est une authentique signature rock. Avant de vous suggérer la lecture de l’entretien réalisé par Florence Cantin, laissons à David Bujold, frontman de Fuudge, le soin de l’introduction:
« On ne peut pas parler d’un album concept, mais je peux dire qu’il y a deux thèmes qui se dégagent de cet album : le changement et la monstruosité. Ce sont des thèmes qui peuvent être assez vagues, ou être carrément ultra d’actualité quand on y pense un peu. »
PAN M 360 : Qu’est-ce qui a le plus changé et qu’est-ce qui est resté immuable dans votre processus créatif en une décennie ?
David Bujold : Il y a plusieurs éléments qui font que cet album se démarque des autres. Le plus important est probablement l’aspect collaboratif. Sur les EP et les albums il y avait plusieurs chansons où je jouais tous les instruments, en invitant les autres membres du groupe seulement sur quelques pièces. Pour la première fois, sur Les horribles, tous les membres de Fuudge jouent sur toutes les pièces. Un autre élément, c’est l’écriture des textes qui est plus soignée, plus recherchée et qui à travers les chansons développe des thèmes tels que la quête identitaire et la métamorphose sociale et individuelle.
PAN M 360 : Avec Mentor, on sent vraiment les prémices d’une nouvelle ère. Le son se détache de ce que vous avez fait par le passé. La recette était-elle la même pour ce titre que pour le reste de l’album, ou encore avez-vous pigé dans d’autres influences pour celui-là ?
David Bujold : Ce riff-là est dans mon “sac à riffs” depuis longtemps. Quand vient le temps de faire un album, j’ouvre ce réservoir d’idées et j’ai senti que même si j’avais depuis longtemps considéré ce riff-là comme étant loin de l’univers de Fuudge, je pouvais enfin me permettre de me l’approprier pour le projet. Ça été dur parce que je voyais cette toune comme New wave et ça je ne voulais pas aller là. Je trouve que même si je peux pousser le groupe dans de nouvelles zones stylistiques, il y a certaines limites qui demeurent importantes à ne pas franchir. Pour “fuudgiser” Le mentor, j’ai mis les ingrédients qui caractérisent le groupe : un peu de fuzz, des harmonies vocales et du Mellotron. Et voilà!
PAN M 360 : Peu importe vos explorations, la signature de Fuudge reste indéniable, portée par un équilibre entre des claviers planants et des riffs très lourds. Comment gères-tu les nouvelles idées qui se différencient de votre son habituel ? Y a-t-il un travail conscient pour les adapter et s’assurer qu’elles deviennent du Fuudge ?
David Bujold : À part Le mentor je crois que le reste de l’album est en phase avec ce que nous avons fait avant. Par contre ce sont les côtés sludge et stoner lent desquels j’ai voulu m’éloigner, ce qui donne des chansons plus entraînantes. Il n’y a qu’une seule chanson qui est lente, c’est Je sais pas c’que j’fais icitte, et même celle-là j’ai réussi à y injecter de la nouveauté, avec des éléments new metal. Il y a certainement un travail pour “rendre” une toune “Fuudge” mais je crois que ça s’opère naturellement.
PAN M 360 : Entre le dernier album et celui-ci, il s’est écoulé trois ans. Est-ce qu’on aborde la sortie de nouvelles chansons avec plus d’appréhension après une absence prolongée, ou est-ce que ça permet plutôt de revenir l’esprit plus clair ?
David Bujold : Je me demande toujours si les gens vont aimer les nouveaux albums quand ils sortent et dans le cas de Les horribles, c’est encore pire. C’est un sentiment de peur qui est mélangé avec de la fierté et une certaine confiance, alors ça devrait s’équilibrer. Heureusement la réponse des fans est bonne!
PAN M 360: Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour votre lancement aux Foufs ?
David Bujold: Une salle comble? Haha! La vente des billets va bien et on sait déjà qu’il va y avoir beaucoup de monde, alors la balle est dans notre camp pour donner le meilleur de nous. On a cassé plusieurs nouvelles tounes à Limoilou le 6 juin dernier, mais il y en a encore qu’on va jouer pour la première fois ce jeudi… et c’est pas d’la p’tite bière! Souhaitez-nous bonne chance !























