Rémi Bolduc est un saxophoniste ultra polyvalent. Il peut, à travers une trame jazz solidement informée par les grandes règles du genre, explorer les marges rock, contemporaines, latines, caribéennes, funk, pop (et j’en passe) qui peuvent s’y frotter. Le Bolduc Groove Quintet témoigne d’un voyage au cœur d’une coolitude qui se meut avec style et attitude. Huit plages originales portées autant par le maître lui-même que par des comparses aussi ferrés que lui dans la déhanche assumée. Excellents, donc, les Nick Semenykhin à la guitare (écoutez-le aller dans Sunset Square), Ira Coleman à la contrebasse, Rich Irwin à la batterie et Chantel de Villiers au saxo (et à la voix en vocalise, très belle, dans quelques titres).
Dans l’entrevue qu’il m’accordait au sujet de cet album, Rémi me disait d’ailleurs que c’est Chantel qui en est à l’origine. À travers les poussées funky et soul sur fond de hard bop étoffé, Rémi équilibre le programme avec une Ballade pour Chantel, une incursion dans le reggae (Nuit tropicale) et une étonnante explosion rock, assez détonante, mais excitante (Rhythm Delight).
Du jazz groove exécuté à la perfection dans un format certes classique mais toujours inspiré.




















