classique / classique occidental

Piano symphonique – Fazil Say

par Varun Swarup
Arrivant au Centre Pierre-Péladeau par un dimanche après-midi glacial, j’ai été un peu surpris de voir une foule immense rassemblée devant la salle de concert. Il semble que les organisateurs de l’événement chez Pro Musica aient été tout aussi impressionnés par l’affluence, exprimant leur enthousiasme dans leurs remarques d’ouverture. Mais peut-être n’était-ce pas vraiment surprenant.

Fazil Say s’est distingué en tant qu’artiste de classe mondiale au cours de ses 25 ans en tant que pianiste de concert. Avec 1,2 million de fans sur ses comptes de médias sociaux, il a accompli ce qui pourrait susciter l’envie de tout pianiste de concert, comblant le fossé entre la musique classique et un public populaire. Originaire de la capitale turque, Ankara, Say attire de nombreux compatriotes partout où il tourne, beaucoup d’entre eux étant venus le voir jouer ici.

Montant sur scène avec une démarche décontractée, M. Say se met rapidement à l’aise et en quelques secondes, les harmonies nébuleuses et cristallines de Claude Debussy remplissent la salle. Ce que l’on peut rapidement observer en regardant la performance de M. Say, c’est à quel point il est sensible au son et à sa manipulation. Tout au long de sa performance, il ferait souvent des gestes vers les cordes du piano, comme s’il conversait avec le piano lui-même, ou du moins avec le son qui l’entoure. Ainsi, l’aspect le plus virtuose de Say n’est pas nécessairement sa technique en soi, mais sa capacité à créer des nuances si fines dans la dynamique.

À cet égard, l’inclusion de Debussy dans le répertoire était un excellent choix et a créé une merveilleuse synergie entre le compositeur et l’interprète. La première moitié du programme a culminé avec une interprétation de Clair de Lune, une composition si magistrale qu’elle ne perdra probablement jamais son charme.

Bien que la deuxième moitié ait été agréable, les choses ont pris une tournure résolument plus romantique. Avec des compositions de Beethoven et Liszt, ce répertoire avec sa tonalité dramatique et grave, avait tendance à échapper à la clarté et à la délicatesse du jeu de Say. Le virtuose a néanmoins démontré une maîtrise redoutable de ce répertoire, et il était particulièrement agréable d’entendre le programme se conclure par une composition de l’artiste lui-même. Pour cette pièce, Say a pris plus de libertés avec le piano, jouant avec les cordes, tirant quelques mélodies percussives et arabisantes avant de devenir un peu jazzy.

À la fin, le public a pu laisser éclater tout l’enthousiasme et l’appréciation qu’il avait contenus, et Say s’est certainement délecté de ses rappels et de ses ovations. Un excellent début pour la série Piano symphonique !

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