DJ set / électronique

Pré-Piknic : Minzi Roberta et flleur au Casino de Montréal

par Rédaction PAN M 360

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arabe / DJ set / électronique

Festival Flux : 3Phaz + Liliane Chlela à la SAT

par Rédaction PAN M 360

3Phaz

3Phaz est un producteur de musique électronique établi au Caire, principalement reconnu pour son premier album, Three Phase. Paru en 2020 sur l’étiquette égyptienne 100Copies, l’album propose une relecture puissante et novatrice des sonorités égyptiennes du mahraganat et du shaabi. Grâce à plusieurs simples et remix publiés notamment par Rinse, Boomkat, Polaar, Nashazphone et Irsh, 3Phaz s’est rapidement taillé une place sur la scène internationale des musiques de club, se produisant un peu partout en Europe. Son deuxième album, Ends Meet, est paru en février 2023 chez Souk, sous-étiquette de Discrepant. Il a été suivi en mai 2023 par le minialbum DramTraTrax, publié par Tratratrax. Ces deux parutions ont figuré dans plusieurs palmarès de fin d’année, notamment ceux de= Pitchfork, The Quietus et Bandcamp.

3Phaz is a Cairo based electronic producer mostly known for his debut album ‘Three Phase’, an album that presented a powerful and fresh new take on Egyptian mahraganat/shaabi sound; the record was released on Egyptian label 100Copies in 2020. With further singles and remixes released on the likes of Rinse, Boomkat, Polaar, Nashazphone, and Irsh, 3Phaz quickly carved his way into the international club music scene allowing him to perform all around Europe. 3Phaz’s sophomore album ‘Ends Meet’ was released in Feb 2023 on Discrepant sub-label Souk followed by his EP ‘DramTraTrax’ released on Tratratrax in May 2023, both of which were featured in multiple end of year lists including Pitchfork, The Quietus, and Bandcamp to name a few.

Liliane Chlela

Productrice de musique électronique, DJ et interprète, Liliane Chlela est reconnue pour sa manière de faire éclater les frontières des paysages sonores. Née et élevée à Beyrouth, aujourd’hui établie à Montréal, elle s’est d’abord imposée comme une figure incontournable des foisonnantes scènes expérimentale et électronique libanaises, avant d’acquérir une renommée internationale grâce à ses explorations sonores singulières. Son travail solo conjugue avec maîtrise enregistrements de terrain, rythmes électroniques déconstruits et dialogue intérieur sans fard, dans un langage sonore audacieux, novateur et affranchi des genres. Sa musique naît d’un processus spontané et improvisé : guidée par un instinct aiguisé et une profonde conscience de soi, elle pousse ses expérimentations toujours plus loin avant de donner aux enregistrements leur forme définitive. Farouchement indépendante, Chlela façonne une identité sonore qui n’appartient qu’à elle, tant dans son travail de compositaire et de productrice que dans l’énergie saisissante de ses prestations comme DJ.

As an electronic producer, DJ, and performer, Liliane Chlela is revered for the way she shatters the boundaries of auditory landscapes. Born and raised in Beirut and currently based in Montréal, she came up as a key member of Lebanon’s thriving experimental and electronic scenes and has since gained international acclaim for her distinctive sonic explorations. Her solo work masterfully combines field recordings, deconstructed electronic beats, and a transparent inner dialogue with bold, cutting-edge sounds and a genre-defying approach. Her music is born out of a spontaneous, improvisational process, and she relies on sharp instincts and a deep sense of self-awareness to push her experiments to the next level and shape recordings into their final form. Fiercely independent, she aims to forge an unparalleled sonic persona, whether through her role as a composer and producer or in her dynamic prowess as a DJ.

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classique / électronique / pop symphonique

Apashe x OSM

par Rédaction PAN M 360

Artiste et producteur à la signature sonore unique, Apashe s’est imposé comme une figure majeure mêlant électronique, hip-hop et influences orchestrales. Son univers puissant et cinématographique lui a valu une place singulière sur la scène internationale. Montréalais d’adoption, ce Belge au parcours fulgurant s’est produit sur de nombreuses scènes prestigieuses. Il franchit aujourd’hui une étape importante en présentant pour la première fois une version symphonique de son répertoire avec l’Orchestre symphonique de Montréal, offrant une expérience immersive d’une rare intensité.

Apashe, an artist and producer with a truly distinctive sound, has carved out a unique place in the music world by blending electronic beats, hip-hop rhythms, and orchestral grandeur. His bold, cinematic style has earned him international acclaim. Originally from Belgium and now proudly calling Montreal home, Apashe has lit up some of the world’s most prestigious stages. Today, he reaches a new milestone: unveiling, for the very first time, a symphonic interpretation of his repertoire with the Orchestre symphonique de Montréal—an immersive experience of extraordinary intensity.

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expérimental / contemporain / saxophone

Festival Flux : Liberté Anne & FROTAE ft. Stella Adjokê + Mubone Collective à la Chapelle des Hospitalières

par Rédaction PAN M 360

FROTAE

FROTAE est un ensemble composé de cinq saxophonistes-improvisateurs dont le travail allie composition microtonale, pratiques d’écoute collective, son spatialisé et improvisation. Fondé et dirigé par la compositrice montréalaise Liberté Anne, les membres de FROTAE forment un noyau dur depuis 2023, année où ils ont commencé à développer un langage musical profondément collaboratif, ancré dans une expérimentation à long terme et l’écoute collective. L’ensemble crée des environnements d’écoute immersifs dans lesquels les propriétés tactiles et psychoacoustiques du saxophone deviennent physiquement perceptibles pour le public, tandis que les performances oscillent entre l’ambiance d’un terrain de jeu et celle d’une cérémonie sacrée.

FROTAE is an ensemble of five saxophonist-improvisers whose work combines microtonal composition, collective listening practices, spatialized sound, and improvisation. Founded and led by Montreal-based composer Liberté Anne, the members of FROTAE have been working as a core unit since 2023, when they began to develop a deeply collaborative musical language rooted in long-term experimentation and collective listening. The ensemble creates immersive listening environments in which the tactile and psychoacoustic properties of the saxophone become physically perceptible to audiences as performances move between the feeling of playground and sacred ceremony.

Mubone Collective

Le Mubone Collective est un groupe de performance transdisciplinaire actif entre Montréal et Copenhague, dont la pratique se situe au croisement du son, du mouvement, de la technologie et de l’architecture. Le collectif réunit le tromboniste-compositeur Kalun Leung, le luthier numérique Travis West, la chorégraphe-interprète Bettina Szabó, la chanteuse et productrice artistique Kirsten Voss et la percussionniste-compositrice Sara Nigard Rosendal. Au cœur de leur pratique se trouve le mubone, un système de capteurs portables développé par Leung et West qui transforme le geste physique en son spatialisé. À travers des performances adaptées aux lieux, combinant composition, improvisation, chorégraphie et électronique performative, le collectif envisage les corps et les espaces architecturaux comme des participants actifs à la création musicale. Leur travail explore la migration, l’appartenance et l’identité culturelle, ainsi que les langages par lesquels s’expriment le soin et la connexion.

The Mubone Collective is a transdisciplinary performance group working between Montreal and Copenhagen at the intersections of sound, movement, technology and architecture. The collective brings together trombonist-composer Kalun Leung, digital luthier Travis West, choreographer-performer Bettina Szabó, vocalist and creative producer Kirsten Voss, and percussionist-composer Sara Nigard Rosendal. At the centre of their practice is the mubone, a wearable sensor system developed by Leung and West that transforms physical gesture into spatialized sound. Through site-responsive performances combining composition, improvisation, choreography and performative electronics, the collective treats bodies and architectural spaces as active participants in the creation of music. Their work explores migration, belonging and cultural identity, as well as the languages through which care and connection are expressed.

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musique contemporaine

FLUX x Vivier x QMP 2026 | Épatants quatuors de George Lewis par Bozzini

par Frédéric Cardin

Il y avait foule dans la petite salle de La Chapelle Scène contemporaine hier soir pour venir entendre deux quatuors à cordes de George Lewis, interprétés par le Quatuor Bozzini. Qui plus est, le compositeur de 74 ans était présent pour manifester son appréciation du jeu enlevant des musiciens montréalais. 

ENTREVUE AVEC ALISSA CHEUNG DU QUATUOR BOZZINI 

C’est le Quatuor 4.5 ‘’Partial Truth’’ qui a été le premier à être joué (pour comprendre la numérotation inusitée offerte par Lewis, réponse dans les entrevues). On est vite emballé : la musique de Lewis est hyperactive, fourmillant continuellement de textures saillantes (grincements, glissandos, sons filés, mitraillage de l’archet bondissant sur les cordes, etc.). Dans ce quatuor, aucun moment ne reste inhabité, même si la trame de la partition ne donne jamais l’impression d’être saturée. L’activité énergique, frétillante de pointillisme délicat et nerveux, est incessante. Mais, le plus remarquable, c’est le sentiment de pulsation qui en ressort, une pulsation qui n’est jamais vraiment suggérée de manière évidente. Celle-ci existe finit par nous habiter, en dépit de son ostentatoire… absence explicite. Lewis est un fan de philo, dit-il. Je dirai donc que le beat, le groove, si invisible dans l’étant de sa musique, existe pleinement en tant qu’être intersubjectif en chacun de nous, auditeur-ices. 

Le quatuor suivant était le no 2.5 ‘’Playing with Seeds’’ plus disparate dans sa construction, déployant une énergie moins soutenue, plus fracturée, mais lui aussi rempli de textures excitantes (dont cette boule de caoutchouc frottée sur le corps du violoncelle et de l’alto, et créant un ronronnement organique franchement amusant, que j’aurais pris encore plus!). 

Rarement, il me semble, musique rigoureusement abstraite et atonale n’aura été aussi excitante à écouter. Une ovation méritée a conclu la prestation exceptionnelle de précision et de maîtrise technique des quatre membres du quatuor Bozzini (nommons-les : Isabelle et Stéphanie Bozzini, Alissa Cheung et Clemens Merkel). 

En première partie de concert, et en total contraste avec la musique de Lewis (c’est un peu la recette des concerts de Québec Musiques Parallèles, et on aime ça), il y avait une longue composition de Patrick Giguère, Ce qui frémit, pour viole de gambe et synthétiseur. La composition fonctionne avec le système d’intonation juste, sorte de microtonalité bien tempérée de 22 notes par gamme. 

On a entendu une musique déployée comme des mouvements de marées, avec des épisodes ascendant, très lentement sur de longues notes soutenues, vers des moments plus actifs et puissants (mais très raisonnablement. Rien de tonitruant ici), puis décroissants. Un mélange de drone et d’ambient. C’est dans le premier tiers de la pièce que j’ai eu le plus de plaisir, particulièrement au premier maximum ‘’maréal’’, là ou le synthétiseur de Daniel Áñez semble émerger des profondeurs aquatiques pour clapoter subtilement en accompagnant la viole qui se fait elle aussi plus bouillonnante. Le dernier tiers de la pièce, par contre, m’est apparu trop long, malgré un crescendo final qui faisait bel effet. 

Marie-Loup Cottinet à la viole de gambe s’est particulièrement démarquée dans une partition en intonation juste qui doit être très difficile à bien exécuter, et surtout à accorder!

Photo: Pierre Langlois pour QMP/ FLUX

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avant-rock / bruitiste / free jazz / free-rock / musique contemporaine

QMP 2026 | Ackermann et D’Orion : la complémentarité des extrêmes

par Frédéric Cardin

On aurait difficilement pu faire plus contrasté en termes de programmation de concert, hier soir à La Chapelle Scènes contemporaines. Québec Musiques Parallèles présentait un double programme consacré, en première partie, aux Rimes défaites par le Sphinx de Geneviève Ackermann, pour deux voix et deux guitares en intonation juste, puis, en deuxième portion au projet Mes fantômes d’Érick D’Orion, dont je vous ai parlé dans sa version discographique sortie récemment.

LIRE MA CRITIQUE DE L’ALBUM MES FANTÔMES D’ÉRICK D’ORION

Autant l’œuvre d’Ackermann est épurée, poétique et millimétrique dans ses détails, autant celle de D’Orion est maximaliste, éclatée, bruitiste et profondément jouissive. Rimes défaites par le Sphinx est un cycle de chansons, interprétées par Geneviève Ackermann elle-même et Florence Tremblay aux voix, accompagnées par les guitares classiques de Francis Brunet-Turcotte et Alexandre Éthier. Les chansons, je l’ai dit, sont construites selon le principe d’intonation juste, une gamme de 22 notes (la gamme normale en contient 12) qui comprend donc des tons intermédiaire entre les bémols/dièses habituels. Il s’agit donc d’une forme de microtonalité, mais qui, par sa rigueur structurelle, me permet de l’appeler ‘’microtonalité tempérée’’.  Le résultat est à la fois déroutant (au début), puis étrangement agréable. On a parfois l’impression d’entendre un mariage entre l’Ars nova médiéval et les créations de Meredith Monk. C’est beau et subtil, c’est d’une grande finesse et les interprètes sont excellents. Ackermann et Tremblay ont réussi à ajuster leurs harmonies, parfois fragiles, avec aplomb. À côté, Éthier et Brunet-Turcotte ont fait paraître aisée leurs partitions qui sont, en vérité, redoutablement complexes à interpréter, et ce sur des guitares spécialement conçues pour la cause de l’intonation juste. Oui, comme pour Angine de Poitrine, mais avec des résultats plus poussés et, curieusement pas toujours aussi ‘’weird’’. C’est que, la microtonalité utilisée ici ne l’est pas de façon cosmétique, comme chez le duo de Saguenay. Donc, pas le même besoin de la ‘’montrer’’. Elle est là, comme en écho, ou comme des fantômes distillés dans une fabrique générale qui finit par nous apparaître, au final, étrangement ‘’normale’’. 

Parlant de fantômes, ceux d’Érick D’Orion en deuxième partie avaient de quoi nous hanter longtemps après avoir été invoqués sur scène. Le principe de la musique du Montréalais accompagné de musiciens du Saguenay (et de Bernard Falaise en remplacement de Michel Potiron à la guitare) est de laisser les artistes interpréter ses idées en n’ignorant pas leurs ‘’fantômes’’ personnels, ou leurs influences stylistiques, si vous préférez. L’esthétique de D’Orion est bien plantée dans le rock extrême et le bruitisme. Mais ce qu’on a entendu (et qui n’est pas une simple redite de l’album) était bourré de références multiples, à la fois instillées par le compositeur (et chef d’orchestre pour l’occasion) et exprimées avec individualité par les artistes, tous très bons (je leur lève mon chapeau : Stéphane Beaulieu à la basse, Marie-Pierre Brasset aux synthétiseurs Moog Grandmother, Émile Boucher Cloutier aux percussions, Réal Gagnon à la batterie et Nicolas Gobeil à la trompette). Quel plaisir de hocher du crâne sur des rythmes bien bétonnés, lourds et expressifs, d’être submergés par le délirium cacophonique de tutti totalement free et d’entendre des références à Pendulum, à Philippe Brach et même à Bach (rare moment d’accalmie, ici magnifique dans son onirisme contemplatif, et inspiré d’une Passacaille du génie baroque). Des trois longues pièces au programme de D’Orion, la deuxième seulement semblait moins convaincante sur le plan structurel, même si elle était plaisante. Comme un patchwork où chaque musicien présentait son « influence » (sous la forme d’un morceau musical personnel et déterminant), comme une suite de mouvements disjoints. Pas beaucoup d’intégration des différents matériaux ensemble. Mais, tel que mentionné, de nombreux moments agréables néanmoins (c’est là que nous avons entendu l’épisode transcendant de Bach). 

Pour des puristes, cette juxtaposition iconoclaste est une hérésie. Pour les authentiques musicophiles ouverts d’esprit, c’était un bonheur réaliste, car quand on aime vraiment la musique créative, on n’est pas collés à des principes structurels pour apprécier un concert. On peut passer d’une extrême à l’autre sans broncher, car c’est pas mal comme ça que ça se passe dans nos têtes (comme l’a dit une spectatrice lors de la discussion après-concert).  

Une formule à rééditer sans hésitation.

expérimental / contemporain / improvisation libre / musique contemporaine

QMP 2026 | De l’imaginaire du Tarot à la transcendance d’une plante, la matière sonore s’offre une soirée d’improvisation

par Alexandre Villemaire

Québec musiques parallèles (QMP), cet évènement musical ambulant initié par le Quatuor Bozzini (Montréal) Tour de bras (Rimouski) avec la complice E27 musiques nouvelles (Québec) s’ouvrait mercredi soir à La Chapelle Scènes Contemporaines. Pendant 4 jours, des artistes se réuniront dans des performances aux dimensions variées et livreront un aréopage de musiques éclaté regroupant performances, art audio et musique expérimentale aux pratiques variées dans un esprit de partage et de circulation de ces musiques en dehors des festivals spécialisés. 

Dans la boîte noire qu’est le Théâtre La Chapelle, pour commencer ce marathon de concert, nous avons eu droit à deux productions qui amenaient le public à entendre la matière sonore sous deux approches stylistiques différences avec Mélanie Bourassa, Nicolas Bernier, Jim Denley et Éric Normand.

En première partie de ce double plateau, c’est le nouveau duo Super scintillant formé de Mélanie Bourassa et Nicolas Bernier qui a présenté son projet Tarot. Les deux complices mixent dans leur duo le son de la clarinette basse, joué par Bourassa, aux sons du synthétiseur modulaire de Bernier. La performance qu’ils ont donnée est dans la ligne directe de la création de leur premier album éponyme, sorti sous étiquette Ambiance magnétique. C’est avec ce jeu de cartes, associé fortement à l’art divinatoire pour prédire son avenir, qu’ils créent leur musique. Ce n’est pas non plus le traditionnel tarot de Marseille qui est employé, mais un jeu de cartes bien spécifiques avec des images et des associations bien particulières d’affects et de symboles, dessinés par Caroline Séguin, flûtiste de l’Orchestre Métropolitain. En faisant pigé aux membres du public des cartes, ils comprovisent ensemble autour de ce que le hasard des cartes leur donne. Des associations comme soleil/lune, tortue et licorne magique, donnent lieu à un jeu allant de sonorité sobre et plaintive. Une autre série de carte mettant l’image de la montagne et des météorites superpose des sonores éclaté et suraigus maintenu par un ostinato rythmique percussif créé par Bernier alors que le rappel, inspiré par un champignon, peignait littéralement sous nos yeux un tableau sonore où le matériau sonore, au timbre anxieux se propage tel un cordyceps, ce champignon parasitaire qui infecte les insectes. Voir et entendre les deux musiciens dans cet échange télépathique, évolué avec les idées lancées par l’un et l’autre, s’influencer et modifier leur jeu et leurs sons.

La musique du duo Plant formé d’Éric Normand et de l’Australien Jim Henley s’inscrivait dans une même démarche artistique de création, mais avec un matériel sonore différent. Alors que Super scintillant travaille avec des sons réels et des sons traités sur support, Plant utilise la gamme de sons bruts qui composent leur instrument, et ce dans leur ensemble. Avec une flûte, un saxophone et une basse électrique, tour à tour amanchée de différents objets pour venir en altérer le timbre. C’est cette manipulation d’objets qui s’insèrent de manière organique soit dans le pavillon du saxophone, entre les cordes de la guitare, qui crée un matériau musical qui est en évolution constante. La maîtrise instrumentale de Denley est captivante et inventive tout comme l’est la communication qui unit les deux interprètes dans ce qui a été une œuvre-fleuve improvisée d’au moins 40 min transcendantales. Pas de répétition, pas de partition ni d’idée préconçue. Seulement que l’écoute de son environnement…et une plante pour guider sa musique. Que ce soit dans sa démarche ou dans son produit, la musique nouvelle et expérimentale a toujours de quoi surprendre.

crédits photos: Pierre Langlois

Afrique / blues saharien / Musiques du Monde

MUZ : Djely Tapa au Studio TD

par Rédaction PAN M 360

Avec Dankoroba, Djely Tapa poursuit sa vision artistique à la croisée des cultures malienne et occidentale, passées, présentes et futures. Originaire de la région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, Djely Tapa partage le verbe empreint de sagesse et l’art vocal des griots, figures emblématiques de la société malienne ancienne et contemporaine, dont les origines remontent à l’Empire Mandingue du 13e siècle. Son répertoire mêle traditions mandingues, blues du désert et sonorités électroniques. Elle a fait ses débuts en solo en 2019 avec son album Barokan (prix JUNO 2020 – Album musiques du monde de l’année), et son album Dankoroba a reçu le prix JUNO Album musique globale en 2025.

With Dankoroba, Djely Tapa continues to pursue his artistic vision at the crossroads of Malian and Western cultures—past, present, and future. A native of the Kayes region in western Mali, Djely Tapa embodies the wisdom-filled words and vocal artistry of the griots—iconic figures of both ancient and contemporary Malian society, whose origins date back to the 13th-century Mandinka Empire. Her repertoire blends Mandinka traditions, desert blues, and electronic sounds. She made her solo debut in 2019 with her album Barokan (2020 JUNO Award for World Music Album of the Year), and her album Dankoroba received the 2025 JUNO Award for Global Music Album.

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Ce contenu provient de MUZ – Le Rendez-vous des musiques métissées et est adapté par PAN M 360

musique contemporaine / trad

MÁM de Teaċ Daṁsa : l’Irlande de tous les fantasmes

par Frédéric Cardin

L’Irlande est un objet qui stimule l’imaginaire. Une île qui baigne dans la mer, mais surtout une culture et un peuple qui baignent dans une mémoire de brouillard et d’écume. C’est cette Irlande mâtinée de symboles et de tendres impressions, ainsi que de fougue et d’empoignes, que le chorégraphe Michael Keegan-Dolan a voulu présenter au public montréalais hier avec ce Mám (qui a plusieurs significations en gaélique, allant de col de montagne à obligation à ‘’en avoir plein les mains’’) , créé en 2019. Une vingtaine de danseurs et de musiciens occupaient pleinement la scène du Théâtre Maisonneuve.

Parlant de visions fantasmagoriques, c’est d’ailleurs sur une scène initialement inquiétante qu’est lancée la pièce. Un personnage à tête de bouc, tenant un concertina (un petit accordéon hexagonal) se tient derrière une fillette couchée en robe blanche. Apparaissent une dizaine d’autres personnages, masqués. Mais que se passe-t-il? Rassurez-vous : l’honneur est sauf, les masques se lèvent, l’homme-bouc est un musicien qui commence à interpréter une mélodie de style traditionnel alors que les autres commencent à s’agiter, en semblant vouloir sortir de leurs esprits des souvenirs camouflés. 

Le concertina poursuit sa lancée, les danseurs tournoient et s’organisent. Métaphore, peut-être, de la naissance d’un peuple dans le mystère et la magie. Car, dans la mythologie celtique d’Irlande, l’homme-bouc (Púca) est un personnage important, redouté car farceur, mais pas forcément méchant. Puis, Puck Fair (Aonach an Phoic) est une fête traditionnelle, l’une des plus anciennes d’Irlande, qui se déroule chaque année du 10 au 12 août à Killorglin, dans le comté de Kerry. Incidemment, c’est à Kerry que le chorégraphe a puisé son inspiration pour sa chorégraphie. 

La fête prend son envol, toujours au son du concertina qui n’arrête pas une seconde pendant la première partie du spectacle, environ 35 minutes! Les mouvements de la troupe s’entrecroisent, les élans s’envolent puis se distillent les uns dans les autres, quelques pas de deux interrompent les célébrités, qui tournent parfois au vinaigre et au tangage d’ivresse (on le sait, les Irlandais se battent et se saoulent. Les Gaulois n’avaient rien inventé. Ils étaient en partie celtes eux aussi, d’ailleurs). Parfois deux groupes crient viscéralement les uns vers les autres. Parfois aussi, deux individus tournoient sur eux-même comme des derviches, mais avec des chaises dans les mains! Je me suis dit que si l’un ou l’autre en échappait une, ça pourrait être catastrophique. Mais bon, j’ose imaginer qu’elles étaient attachées, d’une manière ou d’une autre. 

La deuxième partie apporte un contraste assez frappant, avec l’arrivée soudaine de tout un orchestre en support au concertina solo, qui commençait, je serai honnête, à étirer la sauce, malgré sa remarquable virtuosité. 

Un violon, donc, s’ajoute, ainsi qu’un piano et un synthétiseur, une contrebasse, une batterie, un hautbois/cor anglais, une guitare. Cette partie s’amorce sur un solo de violon (une fantaisie de Telemann). 

C’est un raffinement euro-continental qui évoque, peut-être, une certaine européanisation de l’Irlande, et la confrontation entre ses racines et celles du continent. Les danseurs commencent par assister, comme on le ferait devant un film, au spectacle musical. Puis, à l’instar de l’orchestre qui ajoute du muscle et de la modernité, les danseurs interviennent, dans des échanges parfois symbiotiques, parfois conflictuels. On devine le combat entre l’adaptation et la résistance, entre le cosmopolitisme et le nationalisme, entre le monde et les racines du terroir. Ces échanges occupent la deuxième partie, dont la musique se fait groovy, parfois menaçante d’une façon contemporaine dissonante. 

Un passage empreint de sensualité évoque un retour au bercail, ou aux sources : l’un des danseurs (James Southward) embrasse explicitement les autres, hommes et femmes, danseurs et musiciens (sauf un, rejeté pour on ne sait quelle raison, mais ça fait bien rire le public). À partir de là, on perçoit une synthèse se construire, très efficacement illustrée par la musique, sans laquelle rien de tout cela ne serait aussi bien compréhensible. C’est la plume de Cormac Beagley, entre autres, qui en est responsable. Le mélange de rock, de trad, de groove et d’atonalisme roule très efficacement. 

La finale est surprenante. Car suite à un crescendo d’intensité porté par la trame musicale, et dont la conclusion aurait pu être satisfaisante, Keegan-Dolan choisit plutôt de présenter une coda visuellement et musicalement teintée de mysticisme vaguement religieux, planant et angélique. Les artistes chantent la Passion selon Saint-Matthieu de Bach. Quel est le message, exactement? Je ne peux dire. La dernière image est puissante : un spot lumineux dont on reçoit l’éclat en plein yeux s’éteint graduellement, en me faisant penser à un phare de la côte irlandaise, disparaissant lentement dans la nuit profonde. 

Malgré quelques longueurs ici et là (je pense que la première partie aurait pu être rationnalisée d’une dizaine de minutes, et la deuxième, peut-être autant), Mám est une création inspirante et poétique sur l’Irlande et les visions qu’elle évoque dans notre inconscient collectif. 

Il faut souligner la contribution remarquable des musiciens, dont le joueur de concertina (Cormac Beagley) et la violoniste (Agnieszka Opiola), excellente dans ses interventions de style baroque au début de la deuxième partie. 

Bien, bien au-delà de Riverdance et des lieux communs du genre, Mám divertit et nourrit avec force et invention. 

MÁM se poursuit jusqu’au 4 octobre et est présenté par Danse Danse

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