classique

OSM | La Neuvième de Mahler: adieu à un monde futile et effréné

par Judith Hamel

Mercredi soir, Rafael Payare a dirigé l’Orchestre symphonique de Montréal dans la continuation du cycle Mahler, cette fois-ci avec l’ultime symphonie achevée du compositeur, la Neuvième. Une œuvre très exigeante qui témoigne de la conscience d’un homme qui sait sa fin proche et qui fait ses adieux au monde.

Au moment de la composition de l’œuvre, Mahler se sait diagnostiqué d’une valvulopathie cardiaque et est hanté par la mort récente de sa fille. Craignant le mauvais sort associé aux neuvièmes symphonies (Beethoven, Schubert), Mahler avait évité de numéroter sa précédente œuvre symphonique, mais en vain : cette Neuvième sera bien la dernière symphonie qu’il achèvera.

Payare nous propose une lecture assez éloignée des interprétations classiques empreintes d’une grande tension dramatique que l’on associe à Mahler et ce, dès le premier mouvement.

Dans ce premier adieu à la vie, d’une trentaine de minutes, on peine à trouver une ligne directrice claire à laquelle s’accrocher. La direction de Payare évoque moins la gravité de cette fin imminente que le vertige de notre existence dans notre époque moderne où tout avance à grande vitesse et où tout est éphémère. En fait, sa proposition a quelque chose de profondément actuel. Celle d’un monde effréné, saturé, où la futilité s’installe.

Le deuxième mouvement, un Ländler, s’ouvre sur une section de bassons soudés et une section de cordes rugueuses. Ici, Payare choisit la rusticité et assume pleinement le caractère boisé, terrien. L’enivrante circularité du rythme, les roucoulements chaleureux des cors français et l’allure vacillante de la valse créent une atmosphère campagnarde, à la fois joyeuse et mélancolique. C’est un adieu aux plaisirs simples de la vie.

Le Rondo-Burleske est sarcastique à souhait. C’est un tourbillon sonore, une fête qui tourne à la frénésie. Chaque section de l’orchestre brille par sa densité et son énergie, contribuant à cette débauche orchestrale brillante et chaotique. Une célébration gargantuesque, portée par une fin volontairement pompeuse, assumée ironique.

L’Adagio final présente l’acceptation de quitter ce monde. La subtilité de Payare sert bien ce mouvement. Il y déploie une gestuelle plus sobre et intériorisée, adaptée à la délicatesse de ce dernier mouvement. Peu à peu, il laisse les sons respirer, jusqu’à ce que la peur de mourir s’efface. Dans ce long adieu qui clôt cette grande symphonie, le silence devient la dernière et la plus parlante des notes. 
Quelques secondes de silence à la fin de la symphonie ont été respectées. Ce silence a rempli l’espace, s’est imposé bruyamment. S’en est suivi une ovation bien sentie.

Crédit photo: Gabriel Fournier

fado

Mariza | L’étoile du Fado à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Pour le plus grand plaisir du public montréalais et de la communauté portugaise, la grande fadiste Mariza fait son retour à la Maison symphonique pour un concert attendu depuis plus de huit ans. Icône de la musique lusophone du XXIᵉ siècle, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus puissantes et les plus émouvantes de la scène internationale. Depuis Amália Rodrigues, peu d’artistes portugaises ont connu une carrière internationale aussi brillante. Mariza s’est illustrée sur les scènes les plus prestigieuses du monde, recevant les éloges de la critique et accumulant de nombreuses distinctions internationales. Née au Mozambique et élevée dans la Mouraria, quartier historique de Lisbonne intimement lié à la naissance du fado, Mariza grandit dans un univers où les voix, les guitares et les récits de vie façonnent l’âme de cette musique. Très tôt, elle s’approprie cet héritage et le projette dans une dimension universelle. Dotée d’une voix exceptionnelle et d’un charisme naturel, elle conquiert d’abord Lisbonne avant de devenir rapidement un phénomène international. Depuis plus de deux décennies, Mariza parcourt les grandes scènes du monde, de l’Amérique du Nord à l’Asie, de l’Europe à l’Amérique latine, emportant avec elle l’âme et la sensibilité du Portugal. Sa carrière remarquable compte plus de cinquante disques de platine, plusieurs nominations aux Grammy Awards et une reconnaissance critique qui la place parmi les grandes voix de la musique du monde. Héritière de la tradition du fado, tout en regardant vers l’avenir, Mariza incarne une vision vivante de ce patrimoine musical. Sur scène, sa présence et la profondeur de son interprétation transforment chaque concert en une expérience rare, où l’émotion du fado se partage dans toute sa vérité.

To the great delight of Montréal audiences and the Portuguese community, the celebrated fadista Mariza returns to the Maison Symphonique for a concert eagerly awaited for more than eight years. An icon of 21st-century Lusophone music, she has established herself as one of the most powerful and moving voices on the international stage. Since Amália Rodrigues, few Portuguese artists have enjoyed such a brilliant international career. Mariza has graced the world’s most prestigious stages, earning critical acclaim and receiving numerous international awards and distinctions. Born in Mozambique and raised in Mouraria, the historic Lisbon neighbourhood closely linked to the birth of fado, Mariza grew up in a world where voices, guitars, and stories of life shaped the soul of this music. From an early age, she embraced this heritage and carried it into a universal dimension. Gifted with an extraordinary voice and natural charisma, she first captivated Lisbon before quickly becoming an international phenomenon. For more than two decades, Mariza has performed on the great stages of the world, from North America to Asia, from Europe to Latin America, carrying with her the soul and sensibility of Portugal. Her remarkable career includes more than fifty platinum records, several Grammy Award nominations, and critical recognition that places her among the great voices of world music. Heir to the tradition of fado while resolutely looking toward the future, Mariza embodies a living vision of this musical heritage. On stage, her presence and the depth of her interpretation transform every performance into a rare experience, where the emotion of fado is shared in all its truth.

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DJ set / électronique

Piknic Électronik : Maceo Plex et plus au parc Jean-Drapeau

par Rédaction PAN M 360

Piknic Électronik a été fondé à Montréal en 2003 par un groupe de passionnés de musique électronique qui cherchaient à la rendre plus accessible en la diffusant au grand jour en proposant une expérience sociale immersive placée sous le signe de la convivialité. Situé dans un parc urbain à 10 minutes du centre-ville de Montréal, il rassemble des milliers d’amateurs de musique électronique tous les dimanches de l’été, de mai à septembre. Avec sa programmation variée, Piknic Électronik Montréal s’est imposé depuis plus de 15 ans comme un événement phare du circuit culturel estival montréalais.
Devenu un événement estival culturel et festif majeur à Montréal, Piknic Électronik s’exporte partout sur la planète. En 2012, un premier Piknic Électronik a vu le jour à Barcelone, puis se sont ajoutées les villes de Melbourne et Dubaï en 2014, Santiago en 2015 et 2019 verra la première édition de Paris prendre son envol. Sa formule innovante et populaire de Piknic Électronik en a fait une source de fierté locale pour chaque ville où elle s’est établie et a grandi. Le concept Piknic s’exporte au-delà des frontières de la métropole. D’autres villes à l’international sont pressenties pour se joindre prochainement à l’aventure. À suivre!

Piknic Électronik Montreal is an outdoor electronic music event aiming to offer immersive, social experiences in a friendly environment. Located in an urban park just 10 minutes from downtown Montréal, he brings together thousands of electronic music enthusiasts every Sunday from May to September. Piknic Électronik Montreal diverse programing has made it a highlight of the Montreal summer cultural circuit for over 15 years.
The Piknic concept has expanded beyond Montréal’s borders. In 2012, the first Piknic Électronik kicked off in Barcelona, followed by Melbourne and Dubai in 2014 and Santiago Chile in 2015 and Paris in 2019. More international cities are coming soon, so stay tuned!

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musique contemporaine / quatuor à cordes

Le Vivier : Quatuor Bozzini — Concert 25 ans — Brook, Di Castri, Miller à l’Espace orange de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Le Quatuor Bozzini célèbre son 25e anniversaire avec un programme mettant en lumière son engagement pour la création et la collaboration. Le Quatuor Bozzini poursuit les célébrations de son 25e anniversaire avec trois nouvelles œuvres de compositeur-ices canadien-nes de renommée internationale, Cassandra Miller, Zosha Di Castri et Taylor Brook. Miller collabore depuis de nombreuses années avec le Quatuor Bozzini, notamment avec About Bach (2016), lauréat du prix Jules-Léger, et avec l’œuvre incroyablement intime Thanksong (2020). Sa dernière pièce pour le Quatuor Bozzini est basée sur la mémoire musicale et les souvenirs reliés à la musique. Brook, ancien participant du Composer’s Kitchen (2009) et compositeur de Musique de chambre (noire) (2012, film+musique) écrit pour le Quatuor Bozzini, invente une musique folk microtonale inspirée par la ville légendaire baltique de Vineta. Le Quatuor Bozzini se réjouit de travailler pour la toute première fois avec la compositrice Zosha di Castri, qui livre une pièce explorant les textures et les possibilités sonores du quatuor à cordes.

The Bozzini Quartet celebrates its 25th anniversary with a program highlighting its commitment to creation and collaboration. The ensemble continues its anniversary season with three new works by internationally renowned Canadian composers Cassandra Miller, Zosha Di Castri, and Taylor Brook. Miller has been collaborating with the Bozzini Quartet for many years, notably with About Bach (2016), winner of the Jules Léger Prize, and the deeply intimate Thanksong (2020). Her latest piece for the quartet draws on musical memory and the recollections tied to music. Brook, a former participant of the Composer’s Kitchen (2009) and composer of Musique de chambre (noire) (2012, film + music) for the Bozzini Quartet, creates a microtonal folk-inspired work influenced by the legendary Baltic city of Vineta. The Bozzini Quartet is also delighted to collaborate for the very first time with composer Zosha Di Castri, who presents a piece exploring the textures and sonic possibilities of the string quartet.

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électronique / IDM / industriel

Autechre à la SAT

par Rédaction PAN M 360

Autechre, le duo britannique composé de Sean Booth et Rob Brown, est de retour avec AE_2022–, une série de longues compositions, enregistrées lors de performances live à travers le monde entre 2022 et 2024.
Entre le 9 et le 12 décembre 2024, Autechre a pris les commandes de la prestigieuse série Artist In Residence sur BBC 6Music, en présentant quatre DJ sets d’une heure. Explorez les tracklists ici.
L’année 2025 marque le grand retour d’Autechre sur scène, avec une série de concerts ambitieuse. Le duo traversera l’Amérique du Nord pour la première fois en dix ans, et fera également escale au Royaume-Uni et en Europe. Ces performances, qui s’annoncent comme des expériences immersives, pourraient intégrer de nouvelles compositions issues du projet AE_2022–.

Autechre is Sean Booth and Rob Brown. In November 2024 the duo released their most recent new music. AE_2022– is a series of extended pieces recorded in front of live audiences around the world between 2022 and 2024 (so far).
In December 2024, Autechre took over BBC 6Music’s prestigious Artist In Residence series, presenting four hour-long DJ shows that were originally broadcast between 9th and 12th of that month. You can explore the tracklists here.
2025 sees Autechre take to the road in one of their most extensive series of live shows to date. This includes their first North American tour in ten years plus UK tour and key European summer dates. It is expected that some of these performances might form part of the ongoing project of new music, AE_2022–.

LES BILLETS POUR CE SPECTACLE SONT ÉPUISÉS!

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alt-folk / folk-rock / traditionnel

Mumford & Sons au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Pour coïncider avec la sortie de leur cinquième album, RUSHMERE, le groupe est heureux d’annoncer une tournée d’arénas et d’amphithéâtres en Amérique du Nord.
En quatre albums, Mumford & Sons ont accumulé de nombreux prix, dont deux prix BRIT, deux prix Grammy (notamment celui de l’Album de l’année), de multiples succès d’albums en tête de classement et multi-platine à l’échelle mondiale, une série de performances en tête d’affiche de festivals (dont Glastonbury), ainsi que des tournées à guichets fermés dans de plusieurs arénas (y compris leurs plus grandes affluences à ce jour aux États-Unis, lors de la tournée Delta en 2019). Le son unique de Mumford & Sons a inspiré et influencé de nombreux artistes contemporains, qui ont eux-mêmes connu un grand succès. 

To coincide with the release of their fifth album, RUSHMERE, the band are excited to announce an arena and amphitheater tour of North America.
Through four albums, Mumford & Sons have accumulated various awards for their work, notably two BRIT Awards, two Grammy Awards (including the prestigious Album of the Year), multiple chart-topping, multi-platinum album successes right across the globe, a string of festival headlining performances (including Glastonbury), and selling out arenas tour after tour (including their biggest numbers to date in the U.S. in conclusion of the Delta tour back in 2019). A distinctively Mumford & Sons sound has since influenced and inspired recent artists to find huge success in their own right.

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électro-pop / indie pop / R&B

Oklou au Théâtre Beanfield

par Rédaction PAN M 360

La chanteuse, productrice et DJ française Oklou écrit des chansons pop oniriques et futuristes, influencées à la fois par la musique ambiante expérimentale, la trance et le R&B avant-gardiste. Des sorties comme son mixtape Galore (2020) sont à la fois introspectives et escapistes, reflétant ses émotions et son parcours de découverte de soi à travers des morceaux mystérieux et plein de désir, emplis de synthétiseurs atmosphériques, de voix électro-modifiées et d’enregistrements de terrain. Après des collaborations ou des remixes avec des artistes tels qu’A.G. Cook, Bladee et Dua Lipa, Oklou a sorti son premier album, choke enough, en 2025.

French singer, producer, and DJ Oklou writes dreamy, futuristic pop songs equally influenced by experimental ambient music, trance, and left-field R&B. Releases such as her 2020 mixtape Galore are both soul-searching and escapist, reflecting her emotions and self-discovery journey through mysterious, longing tracks filled with atmospheric synths, electronically altered vocals, and field recordings. Following collaborations or remixes with artists such as A.G. Cook, Bladee, and Dua Lipa, Oklou released her debut album, choke enough, in 2025.

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classique / période romantique

Samuel Hasselhorn & Ammiel Bushakevitz à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

La belle meunière, l’un des cycles de lieder les plus appréciés des mélomanes, porte sur l’errance, l’amour, le refus de recevoir cet amour en retour, la colère et l’appel de la mort. Hasselhorn et Bushakevitz tentent de faire la lumière sur cette inconnue, la mystérieuse « belle meunière » dont nous ne savons presque rien.

Die schöne Müllerin is one of the most beloved song cycles of all time: a story about wandering, falling in love, not being loved in return, raging, and finally longing for death. Here, Hasselhorn and Bushakevitz attempt to shed some light on the mysterious miller-maid—a figure almost completely unknown to us.

Programme/program

SCHUBERT Die schöne Müllerin [La belle meunière/The Fair Miller-Maid], D. 795

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Experimental

Akousma | Un concert augmenté par conduction osseuse

par Judith Hamel

En ce 9 octobre, salle comble sous le dôme de la Société des Arts Technologiques pour le Concert Augmenté présenté par Akousma. Il s’agit d’un événement pionnier, qui utilise pour la première fois de manière structurée des écouteurs à conduction osseuse dans un contexte de concert électroacoustique. Quatre œuvres de musique mixte spécialement commandées pour l’occasion ont été présentées.

Après une brève présentation de Andrea Gozzi, directeur du projet de recherche-création, plusieurs remerciements des collaborateur·trices et un calibrage de nos écouteurs à conduction osseuse, nous sommes prêts pour l’immersion. 

Nicola Giannini, La dialectique de la proximité

Posté derrière ses synthétiseurs, Nicola Giannini sculpte un dialogue entre la vastitude et l’intimité. Les premières minutes s’étirent en divers motifs itératifs spatialisés autour de nous et au travers de nos écouteurs. Une voix finit par s’élever à travers nos cochlées : « Mais j’adore le son de ce feutre qui va vers toi, vers moi, vers nous. » Giannini s’attarde à écrire avec ce dit feutre et nous entendons ces gestes dans nos écouteurs. Une traversée d’un univers sonore  organique créé par synthèse, une dialectique de la proximité…

Duo Catalão-Thibault, INTIMITÉ INFINITÉ

Munis de trompes, Dominic Thibault et João Catalão traversent lentement l’espace, passant de l’arrière du dôme vers l’avant. À chaque appel sonore, ils marquent quelques pas. Arrivés à leur installation, autour de la grosse caisse, les trompes servent à produire des sifflements venteux, désormais transmis directement dans nos écouteurs, créant immersion et intimité. Puis, les deux artistes manipulent divers objets en interaction avec la caisse. Ils explorent granulations, frottements, complexité de masse sonore et qualités de timbres.  L’exploration de la circularité sonore se révèle particulièrement intéressante, notamment à travers la gestualisation d’une chaîne métallique sur la grosse caisse.

La fin renoue avec le début par un lent déplacement des artistes hors du dispositif. Cela est ponctué par des tintements de crotales alternés qui s’éteignent progressivement jusqu’à la disparition complète du son.

Ana Dall’Ara-Majek, Polyhedral Rhythms

Avec son mystérieux PhotoTable (instrument inventé), Dall’Ara-Majek dispose plusieurs fioles sur une table de verre équipée d’un dispositif électromagnétique sensible à la lumière. Chaque fiole, selon sa position, génère une réponse sonore distincte, modulant la densité des sons et son déploiement rythmique. Le matériel sonore provient de synthèse modulaire et d’enregistrements de terrain, créant des paysages imaginaires. Autour de nous, se déploient des sonorités d’écoulement et de flux liquides. En déplaçant méthodiquement, avec des gestes francs et calculés, les fioles sur la surface, l’artiste fait émerger des textures sonores tantôt serrées ou éparses, graves ou aiguës, denses ou légères, parfois tonales, parfois plus complexes.

Un instrument qui nous plonge dans les transformations de la matière.

Kevin Gironnay, Espèces d’espaces

Pour clore l’événement, Gironnay présente une œuvre avec la soprano Amy Grainger, qui récite et chante des extraits de poèmes transmis par les écouteurs à conduction osseuse. Pour un moment, des respirations se multiplient à travers le dôme, se spatialisent et se transposent, des inspirations glissantes. Les poèmes parlent de l’espace, de nos âmes, du vivant. De Georges Perec, Grainger nous cite : « Le problème n’est pas tellement de savoir comment on en est arrivé là, mais simplement de reconnaître qu’on en est arrivé là, qu’on en est là : il n’y a pas un espace, un bel espace, un bel espace alentour, un bel espace tout autour de nous, il y a plein de petits bouts d’espaces. »

​​Cela conclut bien la soirée. Une soirée d’exploration de l’espace, de notre présence et du potentiel sensible des nouvelles technologies.

classique occidental / période classique

Faust, Labadie et l’OSM | Hommage aux classiques viennois

par Alexandre Villemaire

L’Orchestre symphonique de Montréal accueillait deux fortes personnalités musicales pour son concert du 8 octobre. Bernard Labadie, éminent spécialiste du répertoire baroque et classique, ainsi que la violoniste allemande Isabelle Faust étaient réunis sur scène pour présenter un programme mettant de l’avant l’esprit classique viennois. Et quoi de mieux pour exprimer cet esprit viennois que deux des compositeurs emblématiques de cette période, que ce soit par leur énergie et leur empreinte stylistique, que Joseph Haydn et Ludwig van Beethoven.

Le premier se classe aisément parmi les plus importants et influents compositeurs du XVIIIᵉ siècle, notamment à cause de sa longue vie – il est mort à 77 ans – et par sa personnalité joviale. Tout dans la musique de Haydn est extrêmement imagé et vivant, même dans les passages les plus dramatiques. Plusieurs surprises attendent l’auditeur au tournant d’une phrase musicale. Le deuxième a également marqué durablement le monde de la musique par sa fougue et en étant la porte d’entrée du romantisme dans l’histoire de la musique.

En ouverture, les musiciens de l’OSM ont présenté la Symphonie nº 103, sous-titrée Roulement de timbales ainsi nommée à cause de la présence et de l’entrée très caractéristique que le compositeur donne à ceux-ci. Après un roulement tonitruant, le premier mouvement s’ouvre avec un Adagio qui cite l’hymne grégorien du Dies Irae. Ce matériel thématique est repris fidèlement par le compositeur qui le modifie légèrement en y insérant des accords dissonants et des lignes mélodiques sirupeuses aux cordes. Le deuxième mouvement, oscillant entre cérémoniel et marche au caractère ironique, exemplifie bien le côté humoristique d’Haydn. Le troisième mouvement met de l’avant des échanges sublimes entre les cordes et les bois dans un affect de fanfare légère. Le Finale de la symphonie expose une variété de couleurs dans différents matériaux qui évoluent vers une fin en apothéose.

C’est notamment dans ce mouvement que l’on peut apprécier les caractéristiques du langage de Haydn, tels les brusques changements de dynamiques qui traversent le mouvement. Des dynamiques et des affects que Labadie maîtrise avec aisance et clarté et où il donne l’espace à l’orchestre pour s’exprimer.

Même si le nom de Beethoven est fortement associé à la période romantique, c’est dans le style du classicisme viennois que la musique de l’impétueux musicien de Bonn s’exprime. Connu pour son fort tempérament et sa fougue émotionnelle qu’il transposait en musique, Beethoven adopte ici dans son unique concerto pour violon un discours plus optimiste au caractère léger, mais conservant une intensité de ligne. Dotée d’une « clarté, d’une profondeur audacieuse et d’une brillante technique » (San Francisco Classical Voice), Isabelle Faust épouse les contours du son de l’orchestre et offre des envolées dramatiques maitrisées et sonores. À la première écoute du premier mouvement, nous avons été saisis par ces qualités de la musicienne, mais également par l’approche très technique de son interprétation où l’expressivité des lignes, quoique parfaitement exécutée et fière, paraissait froide. C’est dans les deuxièmes et troisièmes mouvements – tous deux enchainés – que l’expression et la qualité du jeu de Faust nous ont happés. Le lyrisme et la douceur du Larghetto évoquaient un caractère noble et majestueux alors que le Rondo final, avec ses multiples idées thématiques et son jeu de textures orchestrales, est venu mettre un point final lumineux à cette soirée.

Outre la qualité de l’interprétation, l’autre spectacle engageant qui se déroulait devant nos yeux était la communication, la complicité et le plaisir qui émanaient de l’interaction entre Faust et Labadie pendant cette prestation. Toujours en contact, répondant aux intentions, aux directions et aux inflexions de phrases par communiqué, le duo a donné un relief vivant à ces œuvres. Ils ont ainsi créé un espace d’expression où intimité et plaisirs d’écoute étaient réunis.

crédits photo : Gabriel Fournier

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afro-opéra

Maurix Baru au Club Balattou

par Rédaction PAN M 360

Originaire du Rwanda et basé à Montréal, Maurix Baru bouscule les codes avec l’Afro-opéra, un style novateur qui mêle la richesse des rythmes africains à la puissance lyrique de l’opéra classique. Premier artiste à introduire au Canada les chants traditionnels Karahanyuze, il a marqué l’été 2025 avec une tournée acclamée à Montréal, Québec, Ottawa, et ailleurs. Fort de plus de 14 ans de carrière, d’une voix saisissante et de collaborations de renom, Maurix crée un pont entre héritage et modernité. Son premier album canadien est en préparation, porté par l’ambition de faire rayonner la culture africaine sur la scène internationale.

Originally from Rwanda and based in Montreal, Maurix Baru is redefining music with Afro-Opera — a bold fusion of ancestral African rhythms and the elegance of classical opera. As the first artist to introduce Karahanyuze traditional songs to Canadian audiences, he captivated crowds during his successful 2025 summer tour across Montreal, Quebec City, Ottawa, and beyond. With over 14 years of experience, a powerful voice, and high-profile collaborations, Maurix bridges tradition and modernity to deliver unforgettable performances. His debut Canadian album is currently in the works, aiming to showcase the richness of African culture on the international stage.

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alt-pop / Indie

Jonathan Roy au MTelus

par Rédaction PAN M 360

Restant fidèle à l’authenticité brute qui animait My Lullaby en 2021, l’artiste montréalais Jonathan Roy affine encore son son alt-pop singulier avec Life Distortions, l’expression la plus aboutie de son évolution en tant qu’homme et artiste. Tout en conservant les mélodies accrocheuses qui ont marqué le début de sa carrière, cet album explore un univers sonore qui reflète plus que jamais la véritable identité de Jonathan.

Following the same commitment to raw authenticity that fueled 2021’s My Lullaby, Montreal-born artist Jonathan Roy has further honed his singular alt-pop sound in Life Distortions, the fullest expression yet of his evolution as both a person and artist. While still featuring the strong hooks and melodies that made his music so popular in the early years of his career, the sonic terrain of this album is truer to Jonathan than anything else he’s done to date.

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Ce contenu provient de JonathanRoy.com et est adapté par PAN M 360

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