musique contemporaine / pop de chambre

Semaine du Neuf | Le ‘’groove de chambre’’ de collectif9 et Architek Percussions

par Frédéric Cardin

Cinq œuvres contemporaines, autant de compositeurs.trices. Le fil conducteur? Outre des mots tissés par l’auteur Kaie Kellough, le groove. En effet, cet élément d’ordinaire si peu associé à la musique de création s’est retrouvé l’élément central de la soirée du 15 mars 2025 à l’Espace Orange du Wilder dans le Quartier des Spectacles, à Montréal. C’est à l’occasion de la Semaine du Neuf organisée par Le Vivier qu’avait lieu la présentation d’un spectacle intitulé Quelque part, mon jardin / My Backyard, Somewhere, spectacle fusionnant les univers créatifs de deux des ensembles les plus originaux et dynamiques de la scène montréalaise/canadienne : collectif9 et ses neuf cordes et Architek Percussions et ses quatre géniaux tapeux et piocheux.. Pour en savoir beaucoup plus sur l’origine de ce concept, lisez l’entrevue réalisée par le collègue Alain Brunet ICI. 

Gracieuseté Semaine du Neuf – Le Vivier crédit photo : Philippe latour par Frederic Cardin

La stratégie d’interprétation adoptée par les artistes est tout à fait originale : les cinq œuvres sont charcutées en diverses parties, et ensuite mélangées entre elles pour offrir une trame continue d’environ une heure quinze minutes. Un peu comme si l’on prenait cinq modèles de blocs Lego et qu’on les ré-assemblait en une seule nouvelle construction, entièrement cohérente. 

Ainsi, le fil sonore de la soirée était parcouru de contrastes entre les esthétiques glitch/syncopes de Nicole Lizée, post-minimaliste/dissonant de Luna Pearl Woolf, chamber pop de Eliot Britton, presque muzak de Brett Higgins et néo-impressionniste/rock de Derek Charke. Les paroles de Kellough, parfois scandées ou déclamées par l’artiste lui-même, façon spoken word et très urbaine, parfois pré-enregistrées et altérées, marquaient le coup et offraient une couleur très street à l’ensemble du concert. 

Quelque part, mon jardin / My Backyard est une proposition contemporaine dont l’actualité est ancrée dans le brouillage qu’elle fait entre les univers savants et pop multi-tendance. Elle est surtout une démarche d‘inclusion de la pulsation chaloupée des musiques noires, plutôt que celle, métronomiquement régulée, du Minimalisme, autre école stylistique basée sur l’affirmation rythmique. Pour les amoureux de la modernité harmonique, voir de l’avant-garde, il faudra repasser, car on est ici en territoire presque totalement consonant. 

Le résultat final est résolument contemporain tout en étant très accessible même pour un public profane en matière de musique de création. Peut-être même un peu trop ‘’poli’’ pour certains, si je me fie à quelques commentaires entendus?

Qu’à cela ne tienne et en ce qui me concerne, ainsi que l’ami Alain Brunet présent à mes côtés, Quelque part, mon jardin / My Backyard est l’un des très bons projets de collectif9 et Architek.

Luna Pearl Woolf: But I Digress… (2018) – 19 min

Bret Higgins: among, within, beneath, atop (2018) – 8 min

Derek Charke: the world is itself a cargo carried (2018) – 15 min

Eliot Britton: Backyard Blocks (2018) – 17 min

Nicole Lizée: Folk Noir/Canadiana (2018) – 14 min

musique contemporaine

Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : effusions d’amitié dans un calme onirique

par Alexandre Villemaire

Pour célébrer ses noces d’argent, le Quatuor Bozzini s’est entouré de trois compositeurs d’exception : Martin Arnold, Linda Catlin Smith et Michael Oesterle. Un programme qui mettait l’accent sur l’amitié et les liens étroits qui unissent depuis 25 ans les musiciens du quatuor avec ces compositeurs de l’avant-garde. Musicalement, ce sentiment d’amitié s’est traduit par des sonorités éthérées dans des œuvres traversées par une esthétique essentiellement douce et calme.

La première œuvre présentée était 3-Way Cotillon de Martin Arnold, dont c’était la création montréalaise. Pour l’occasion, les membres du Quatuor Bozzini (Isabelle Bozzini, violoncelle; Stéphanie Bozzini, alto; Alissa Cheung, violon et Clemens Merkel, violon) ont été joints par l’altiste Elisa Trudel et la violoncelliste Audréanne Filion, dans une formation en sextuor. L’environnement harmonique est essentiellement diatonique. Parmi les multiples influences qui caractérisent le langage d’Arnold, c’est l’emploi de matériel d’inspiration folklorique et l’inspiration de musique ancienne qui nous a marqués. Les inflexions musicales du cotillon, danse populaire en Europe et dans l’Amérique du XVIIIe siècle, portent à certains égards la marque sonore d’un Aaron Copland. La pièce évolue avec des interventions sporadiques de traits de cordes qui sont joués de manière dispersée par les instrumentistes. Il y a ainsi une évolution générale de la texture et du timbre de la pièce qui se dessine, partant de l’aigu pour tranquillement se rendre dans le grave des cordes tout au long de la pièce. Plus l’œuvre progresse, plus le matériel pêle-mêle et espacé se contracte dans le temps pour finir par se rencontrer et créer un tout cohérent et interrelié.

La pièce Reverie de Linda Catlin Smith, composée expressément pour l’occasion, reprenait ce même esprit de plénitude, mais avec une construction mélodique plus stable et définie par des sections thématiques claires à nos oreilles. On commence par de longs coups d’archet exposant des notes pures, alors que les sons se fondent les uns dans les autres au niveau timbral. À mi-parcours, un tapis harmonique soutient, dans un caractère en demi-teinte expressif et inquiétant, des passages mélodiques dissonants joués au-dessus de celui-ci.  Plus loin, dans un calme tonal à l’atmosphère mélancolique, est exprimé un thème modal récurrent qui sera répété plusieurs fois, créant un sentiment d’apesanteur et d’élasticité temporelle. Nous comprenons tout à fait le choix artistique qu’était celui de faire suivre ces deux œuvres, étant donné leur différence avec la dernière pièce du concert et leur forte similarité au niveau de l’esthétique. Mais, à un certain point au niveau du traitement sonore, on avait l’impression d’entendre une sorte de continuation de la pièce de Martin Arnold dans celle de Linda Catlin Smith, malgré un traitement musical et un langage narratif très différents. Garder attentif les sens de son auditeur est un défi et peut s’avérer une arme à double tranchant dans un tel agencement. La dernière œuvre de la soirée était le Quatuor à cordes no4 de Michael Oesterle et était, au niveau de la texture, l’œuvre la plus variée. Elle venait ainsi balancer le caractère onirique des œuvres de la première partie.

Après une introduction digne d’une ligne musicale du XIXe siècle, les parties centrales de l’œuvre explorent différents timbres instrumentaux, avec des techniques de jeu étendu pour créer des sonorités éclatées, allant de frottements de cordes dans l’aigu. Mentionnons à cet effet, dans le quatuor d’Oesterle, l’interaction entre les motifs véloces des violonistes Clemens Merkel et Alissa Cheung au-dessus desquels des interventions énergiques en pizzicato étaient brossées, ou encore la superposition thématique qui amorce la conclusion de l’œuvre qui réintroduit le thème d’ouverture.

L’acoustique, très focalisée du MMR à l’Université McGill, faisait en sorte que le son ne voyageait pas énormément, mais restait ancré. Pour le répertoire joué, cette salle était tout indiquée, car elle nous donnait à apprécier de manière détaillée l’interprétation de chacun des instrumentistes, dont l’acte de venir soutenir ces pièces avec ces lignes musicales à long développement demande une constance sonore et une maîtrise du son en plus d’une écoute sensible et précise des différents changements de dynamique. Une écoute qui fait écho aux liens amicaux qui unissent également les musiciens entre eux.

country pop

Megan Moroney au MTelus

par Rédaction PAN M 360

L’attitude ensoleillée de Megan Moroney cache sa finesse en tant que compositrice, un aspect mis en valeur dans son single à succès de 2022, Tennessee Orange, et son album qui l’accompagne, Lucky. Sur ce premier album de 2023, Moroney mélange les tropes classiques de l’écriture country – aussi à l’aise avec un boogie entraînant qu’avec une narration poignante – avec une sensibilité pop et contemporaine. L’album a été un succès dans le Top 10 des classements country, un exploit qu’elle a surpassé l’année suivante avec son deuxième album, Am I Okay?, qui a atteint la neuvième place du Billboard 200.

Megan Moroney’s sunny demeanor belies her cleverness as a songwriter, an aesthetic showcased on her 2022 breakthrough single « Tennessee Orange » and its accompanying album Lucky. On that 2023 debut, Moroney’s embrace of classic country songwriting tropes — she is at ease with a boot-scooting boogie as she is with plaintive storytelling — intertwined with a pop savviness and a contemporary sensibility. The album was a Top Ten success on the country charts, a feat she bested a year later with her follow-up, Am I Okay?, which reached number nine on the Billboard 200.

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musique contemporaine

Semaine du Neuf | Une symphonie et une première mondiale pour Tim Brady

par Vitta Morales

Le 15 mars dernier, dans le cadre de la Semaine du Neuf, le Théâtre La Chapelle accueillait Tim Brady, ses guitares et ses pédales. Un changement de dernière minute au programme a permis à Brady de jouer l’intégralité de sa pièce de quarante-cinq minutes, Symphony in 18 Parts, ainsi que la première de For Electric Guitar.

Il faut dire, pour commencer, que La Chapelle était un excellent choix de salle pour ce répertoire, car le style de la boîte noire a permis de concentrer l’attention du public sur les outils de Brady (ses pédales, ses amplis et ses guitares), ainsi que sur ses paysages sonores. Sur un fond noir, il n’y avait pas grand-chose qui puisse distraire l’auditeur ; cela, associé à un bon éclairage, signifiait que les vibrations étaient tout à fait appropriées pour les inventions électriques de Brady.

En ce qui concerne la Symphonie in 18 Parts de Brady, il se trouve que je l’avais plus ou moins fraîchement dans les oreilles, car je l’ai beaucoup consultée en préparation du concert et des entretiens que nous avons menés en amont. Ainsi, je pense pouvoir dire quels mouvements ont été plus répétés que d’autres. De temps en temps, lorsqu’un passage de notes rapides se présentait, l’exécution était un peu moins nette que celle de l’enregistrement. Cela était plus perceptible dans les moments où la distorsion et l’overdrive étaient absents. Bien entendu, je ne blâme pas Brady qui n’avait pas l’intention de jouer l’intégralité de l’enregistrement. À d’autres moments, il s’est montré à la hauteur et a réalisé de manière impressionnante des passages délicats de sweep picking et de hammer-on flurries (en particulier dans For Electric Guitar). 

Au final, un après-midi agréable de shredding, de paysages sonores éthérés et de tapping chatoyant. De plus, Brady avait un bon sens de l’humour, une attitude détendue et prenait le temps d’expliquer les sons qu’il produisait avant de laisser parler ses guitares Godin. C’est clairement la marque d’un compositeur et d’un interprète qui fait ce métier depuis des décennies.

crédit photo : Paola Benzi

heavy metal

Disturbed au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Le groupe de rock multi-platine Disturbed annonce sa tournée du 25e anniversaire de The Sickness. Cette tournée célèbre les 25 ans du premier album de Disturbed, qui a propulsé le groupe dans la conscience publique et qui est l’un des albums de heavy metal les plus importants et les plus influents de tous les temps. Chaque soir, Disturbed proposera deux parties, en commençant par l’interprétation intégrale de The Sickness, cinq fois disque de platine, suivie d’une partie avec les plus grands succès du groupe.

Multi-platinum rock band Disturbed announces their The Sickness 25th Anniversary Tour. The tour celebrates 25 years of Disturbed’s seminal debut album which launched the band into public consciousness and is one of the most important and influential heavy metal albums of all time. Each night will feature two sets of music, opening with Disturbed playing the five times platinum The Sickness in full, followed by a full set of greatest hits.

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Afrique / classique

OSM : Symphonie «Pastorale» et la mythologie de Glass

par Rédaction PAN M 360

Glass s’inspire de poèmes africains pour composer Ifé, et Beethoven fait part de ses sensations lors d’une promenade à la campagne. De la mythologie du Bénin, célébrée par la chanteuse Angélique Kidjo, à la nature bucolique représentée dans la symphonie « Pastorale », vivez un délicieux moment d’évasion!

Glass drew inspiration from African poems to compose Ifé, while Beethoven conveyed his impressions as he strolled through the German countryside. From the legends of Benin, celebrated by singer Angélique Kidjo, to the rustic landscapes unfolding in the “Pastoral” Symphony, join us for a delightful moment of escape!

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Classe de maître / classique / période romantique

Cours de maître – Andrè Schuen & Daniel Heide à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Le célèbre baryton Andrè Schuen et le pianiste hors pair Daniel Heide partagent leur expertise et conseillent des étudiant.e.s avancé.e.s dans un cours de maître pour duos voix et piano sur le lied allemand. Une belle occasion d’observer comment se déroule un enseignement musical de haut niveau et d’appréhender le répertoire de musique de chambre d’une manière différente.

The renowned baritone Andrè Schuen and outstanding pianist Daniel Heide share their expertise and coaches advanced students, in a public masterclass on German lied for vocal-piano duos. A great opportunity to witness how a high-level musical education unfolds, and to approach the chamber music repertoire in a different way.

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LA CLASSE DE MAÎTRE EST GRATUITE POUR LES MOINS DE 34 ANS ET LES MEMBRES DU MBAM!

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jazz / jazz brésilien / jazz vocal

UdeM | Un hommage à la voix féminine sur l’impulsion du Big Band

par Michel Labrecque

Le 13 mars, les étudiantes du programme de chant jazz et les instrumentistes du Big Band de la Faculté de musique de l’Université de Montréal fusionnaient leurs efforts pour créer un concert en hommage à la voix féminine, en ce mois de mars, le mois dédié aux droits des femmes. Michel Labrecque y a assisté.

João Lenhari, le directeur musical du Big Band et lui-même trompettiste, était fébrile au moment du début du concert. Fier de présenter un hommage à la voix féminine jazz, le Brésilien d’origine, avec un charmant accent quand il parle (très correctement) français, se disait très content que six des dix-sept membres de son Big Band soient des femmes. « Un jour, elles seront 50 % » a déclaré João. Avant la première note, le ton de la soirée était donné. 

Puis, la musique a commencé, d’abord avec un instrumental brésilien, Doralice de Dorival Caymini et Antônio Almeida. On sent un peu de nervosité chez les musiciens, après tout, ce sont des étudiants. Mais très vite, l’atmosphère se détend, les doigts se décrispent et la magie de l’ensemble s’installe. 

Commence ensuite la succession des chanteuses, tantôt en solo, tantôt en duo, avec toujours l’appui indéfectible et complexe du Big Band. Margaux Deveze, Marie-Soleil Lambert, Gabrielle Nessel, Marie-Eve Caron, Maude Brodeur et Juliette Oudni sont étudiantes dans le programme de chant jazz universitaire, mais plusieurs d’entre elles ont déjà amorcé une carrière professionnelle. Vous pouvez les entendre dans certains bars et certains studios. 

Ces voix sont toutes différentes et chacune a ses forces et ses faiblesses. Mais, dans l’ensemble, les prestations sont très agréables à écouter, en particulier lors de certains duos où les harmonies ou dialogues vocaux font mouche.

Le programme musical va de Billie Holiday à Tom Jobim en passant par Cole Porter et Jerome Kern. 

À mi-chemin du concert arrive le moment le plus étonnant : les six chanteuses interprètent a cappella Central Park West, une pièce au départ instrumentale du grand saxophoniste John Coltrane. La chanteuse Gabrielle Nessel a écrit un texte et João Lenhari qui, habituellement, arrange des instruments, a fait l’arrangement vocal. 

Pendant ces trois minutes, le temps s’est arrêté. La salle a lévité. Nous avons flotté avec ces six voix totalement en harmonie. Au point que la chanson a été reprise en rappel à la fin du concert et que toute la salle est restée. 

Pour sa part, le Big Band d’étudiants affiche une bonne tenue. Chacun des membres a la possibilité de s’exprimer par de courts solos. Il faut comprendre que ces jeunes musiciens sont en train d’apprendre et que le Big Band est une formidable école d’écoute et de solidarité musicale. 

Nul doute que la plupart d’entre eux sont promis à une carrière musicale professionnelle, à l’instar de Benjamin Cordeau, le seul diplômé du programme qui était sur scène à la trompette. 

Mais surtout, ce concert a laissé place aux arrangements captivants du directeur musical João Lenhari, qui semble s’amuser à chaque moment du concert. Des arrangements indubitablement inspirés souvent pas son Brésil natal, mais pas que. 

Le 16 avril prochain, le Big Band reviendra sur scène avec un invité américain de marque : le trompettiste Marcus Printup, membre du Jazz Lincoln Center Orchestra de Wynton Marsalis. 

À suivre…

crédit photo : Nina Gibelin Souchon

musique contemporaine

Semaine du Neuf | Paramirabo/Musikfabrik : avant-garde old school rencontre post-modernisme cool

par Frédéric Cardin

Deux ensembles consacrés à la musique contemporaine et séparés par un océan, mais aussi par deux écoles de pensée, se sont rencontrés mardi soir 11 mars à l’édifice Wilder du Quartier des spectacles à Montréal. D’un côté, l’Ensemble Musikfabrik de Cologne en Allemagne, représenté par trois de ses musiciens, hautbois/cor anglais (Peter Veale), cor (Christine Chapman) et contrebasse (Florentin Ginot). De l’autre le sextuor montréalais Paramirabo, formé d’un piano, de percussions, d’un violon, d’un violoncelle, d’une clarinette/clarinette basse et de flûtes. Au-delà de la différence de timbres imposée par l’instrumentation de chaque ensemble, c’est la dissemblance marquée entre les deux ‘’langues’’ parlées qui était frappant. Disparités évidentes, même pour les plus profanes et accentuées par le programme choisi, aux niveaux de la syntaxe, du discours, de l’importance du narratif dans la trame musicale, des références au vernaculaire et bien d’autres aspects encore. 

En première partie, les trois invités de Musikfabrik ont démontré une expertise technique époustouflante dans des partitions ultra pointillistes/pointraitistes où, des instruments présents, sortaient tous les sont possibles et impossibles, sauf peut-être ceux auxquels ils ont été initialement destinés. La qualité des sons, des timbres, des textures était poussée à un très haut niveau de perfection. Le discours, stratosphériquement intellectuel, avait de quoi ravir les plus avisés des mélomanes réfléchis. À mon humble avis, c’est la pièce Blur of Lichens de Juliet Palmer qui s’est le mieux démarquée en offrant, à travers une construction hyper calculée, la plus belle impression de liberté, voire de lyrisme et de grâce. Le Canadien Gordon Williamson a offert sa vision non dénuée d’humour de la stricte abstraction avec Odd Throuple (un jeu de mot sur Odd Couple, ici en version trio), une création où il a exploré avec truculence les contrastes sonores de ce trio hors norme (un hautbois/cor anglais, un cor et une contrebasse, rappelons-le). J’ai trouvé beaucoup plus académique The Giving Sea de Dylan Lardelli, une ‘’évocation spirituelle’’ de l’océan, m’a-t-on dit. Je n’ai malheureusement pas ressentie cette élévation. C’est peut-être moi.

LISEZ L’ENTREVUE AVEC PAMELA REIMER DE PARAMIRABO AU SUJET DE CE CONCERT

Ce discours strictement atonal et abstrait est ancré dans une vision de l’avant-garde très boulézienne ou post-boulézienne (même s’il ne s’agit pas de sérialisme/dodécaphonisme strict), donc déjà âgée d’une bonne cinquantaine d’années. On peut ainsi parler d’avant-garde ‘’old school’’, un oxymoron étonnant et carrément inimaginable il n’y a pas si longtemps. 

Pour les profanes, c’est une impression de cérébralité qui restera en écho dans les esprits, une caractéristique typiquement (disons même stéréotypiquement) associée à la musique ‘’contemporaine’’. C’est de la bonne musique? Absolument! Mais la deuxième partie menée par Paramirabo allait nous montrer que la musique d’aujourd’hui est rendue ailleurs, et qu’il est important de ne pas l’oublier.

Cette partie s’est amorcé par une courte pièce du Vancouvérois Rodney Sharman, un très joli et très poétique hommage à John Cage pour cor anglais (Peter Veale de Musikfrabrik) et piano doublé de piano jouet (Pamela reimer de Paramirabo), drapé dans des atours néo-impressionnistes. Le message était lancé : cette deuxième partie allait nous offrir une tout autre expérience, moins cérébrale, plus organique voire sensitive, inclusive et éclectique dans ses amalgames. Post-moderniste, et très cool.

C’est ce qui est arrivé avec Un pont sanguin de Paul Frehner, une œuvre résolument narrative, rythmée, empreinte d’un post-minimalisme élargi et de sonorités amusantes telles qu’un synthétiseur genre Plan 9 From Outer Space. Une création qui méritera d’être reprise le plus souvent possible. Le Canadien Chris Paul Harman a fait un clin d’œil à la langue française avec Francisez-moi!, inspiré des compositeurs anciens français, et des grands écrivains et poètes de l’Hexagone. Le résultat est rempli d’humour, avec des narrations sur bande d’extraits de textes divers, dont un sur les multiples qualités des ‘’tétins’’ (les seins). Il y avait aussi une version polytonale de la Marche des Turcs de Lully, des passages post-folk, etc. Ludique, et souriant. 

Finalement, le compositeur québécois Frédéric Lebel a présenté sa création intitulée Si le Temps, l’Espace, une très belle partition teintée de néo-spectralisme, scintillante de mille feux et agréablement épanouie, voire solaire. 

Les membres de Paramirabo ont été impeccables, à la hauteur de leurs illustres invités. Le programme se déplacera en Allemagne dans les mois qui viennent. Présumons que nos cousins ‘’germains’’ seront impressionnés par la qualité de nos instrumentistes, mais aussi du genre de musique contemporaine qu’ils défendent, informée par l’Europe mais trempée dans l’Amérique. 

Paramirabo : 

Jeffrey Stonehouse, flûtes et direction artistique

Viviane Gosselin, violoncelle et direction générale

Gwénaëlle Ratouit, clarinettes

Hubert Brizard, violon

Pamela Reimer, piano

Krystina Marcoux, percussions

Paramirabo : 

Musikfabrik : 

classique / post-romantique

OSM : La poignante Symphonie nº 5 de Tchaïkovski

par Rédaction PAN M 360

Après son succès remporté en 2023, Tianyi Lu retrouve l’OSM en compagnie du pianiste Pierre-Laurent Aimard, un spécialiste incontesté de Bartók. De ce dernier, il interprétera le Troisième Concerto, une partition emplie de poésie et d’emprunts au folklore hongrois. À la relative sérénité de cette œuvre, répondront les accents tourmentés de la Symphonie no 5 de Tchaïkovski dans laquelle le compositeur livre ses craintes les plus secrètes.

After her remarkable performance in 2023, Tianyi Lu returns to the OSM. She is joined by pianist Pierre-Laurent Aimard, undisputed champion of Bartók’s music who performs the composer’s exquisitely poetic Concerto no. 3, infused with elements of Hungarian folklore. This work’s relative tranquility is paired with the tormented inflections of Tchaikovsky’s Symphony no. 5, through which this composer related his most profound personal anxieties.

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Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

chanson keb franco

Louis-Dominique Lévesque – Que je me souvienne à la salle Claude-Léveillée

par Rédaction PAN M 360

Un voyage mémoriel pour vous faire redécouvrir des chansons d’artistes québécois disparus qui ont marqué et influencé Louis-Dominique Lévesque.
Accompagné de ses musiciens Jocelyn Savard, Dominique Girard, Richard Lavallière et Robin Rivest, l’auteur-compositeur réinterprète des œuvres emblématiques de Georges Dor, Félix Leclerc, Claude Léveillé, Jean Lapointe, Lawrence Lepage, Sylvain Lelièvre, Gaston Mandeville, Gerry Boulet, Dédé Fortin, et bien d’autres. 
Une soirée qui promet d’être une célébration émouvante, mêlant musique, talent et créativité. Louis-Dominique Lévesque, avec son parcours artistique exceptionnel, nous offre une occasion unique de plonger dans la sensibilité et la profondeur du répertoire québécois.

A commemorative journey inviting you to rediscover songs by late Québécois artists who left a lasting impression on and influenced Louis-Dominique Lévesque.
Accompanied by musicians Jocelyn Savard, Dominique Girard, Richard Lavallière, and Robin Rivest, the singer-songwriter breathes new life into iconic works by Georges Dor, Félix Leclerc, Claude Léveillée, Jean Lapointe, Lawrence Lepage, Sylvain Lelièvre, Gaston Mandeville, Gerry Boulet, Dédé Fortin, and many more.
An evening that promises to be a moving celebration, blending music, talent, and creativity. With his exceptional artistic background, Louis-Dominique Lévesque offers a unique opportunity to delve into the sensitivity and depth of Quebec’s musical heritage.

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Ce contenu provient de Place des Arts et est adapté par PAN M 360

afro-soul / doom metal / rock expérimental

Festival International de Jazz de Montréal : The Budos Band/Secret Chiefs 3 au MTelus

par Rédaction PAN M 360

The Budos Band

The Budos Band est un big band américain qui décrit son style comme un mélange de doom rock, d’Afro-soul et de big band avec une touche des années 1970. Leur approche plurielle tisse des ponts entre des univers musicaux aussi variés que la psychédélie planante, l’Afro-funk, le hard rock des années 1970 et la soul des années 1960. Sur scène, leur prestation est chorégraphiée tout en restant intense, spontanée, humoristique et centrée sur l’interaction avec le public. Les Budos sont un jam band du 21e siècle : bien que leurs morceaux labyrinthiques et hypnotiques laissent place à l’improvisation, leurs arrangements sont toujours sophistiqués, précis, et fondés sur des grooves irrésistibles.
À leurs débuts, le groupe cherchait à fusionner les influences musicales de chacun de ses membres : l’éthio-jazz de Mulatu Astatke, l’afrobeat de Fela Kuti, la soul instrumentale des Bar-Kays, de Muscle Shoals, des Tower of Power Horns ou encore des J.B.’s. Entre 2005 et 2010, leurs trois premiers albums — Budos Band I, II et III — reflètent bien cet héritage. Avec Burnt Offering en 2014, le groupe opère un virage en incorporant des éléments de psychédélie des années 1970 et de Krautrock, ajoutant des textures plus sombres et hallucinatoires à leur palette sonore. Ils testeront ce nouveau son lors de tournées à travers les États-Unis, l’Europe et l’Asie.
En 2019, V mêle leur funk dansant habituel à des influences rock psychédélique teintées de métal. En 2020, ils célèbrent leurs 15 ans d’existence avec Long in the Tooth. L’EP Frontier’s Edge, composé de six titres, paraît en 2023 sur Diamond West Records. En 2025, les Budos reviennent avec VII, un album qui s’inscrit dans la continuité de Burnt Offering, mais qui pousse encore plus loin cette exploration sonore entamée une décennie plus tôt.

The Budos Band are an American big band who describe their sound as « doom rock Afro-soul big band with a ’70s touch. » Their multivalent approach bridges musical universes from trippy psychedelia and Afro-funk to ’70s hard rock and late-’60s soul. Their choreographed stage show is at once intense, spontaneous, humorous, and geared toward audience participation. Budos are a 21st century jam band. While there is room for improvisation inside their often-hypnotic, labyrinthine compositions, their arrangements are sophisticated, tight, and centered on infectious grooves.
The group’s early years focused on integrating the music they loved as individuals — from Mulatu Astatke’s Ethio-jazz and Fela Kuti’s Afrobeat to funky instrumental soul of the Bar-Kays, Muscle Shoals, Tower of Power Horns, and J.B.’s. Their recorded catalog, between 2005 and 2010 — Budos Band I, II, and III — appropriately reflected those influences. With 2014’s Burnt Offering, Budos shifted gears, blending elements of early-’70s psychedelia and Krautrock, adding darker, more hallucinatory textural elements to thier sound. They toured and road-tested their material across the U.S., Europe and Asia.
Budos Band integrated their tried-and-true, danceable funkiness with metal-tinged, psych rock on 2019’s V. They celebrated 15 years together woth 2020’s Long in the Tooth. Frontier’s Edge, a six track EP appeared on Diamond West Records in 2023. Budos returned in 2025 with VII, an album directly decended from Burnt Offering a decade earlier but much further up the road.

Secret Chiefs 3

Comme Mr. Bungle est bien connu pour prendre de longues pauses entre ses albums (il leur a fallu quatre ans pour faire suite à leur premier disque en 1991), ses membres se retrouvent souvent avec beaucoup de temps libre. Plutôt que de rester inactifs, les membres du groupe mettent ce temps à profit en écrivant, enregistrant et tournant avec d’autres groupes ou via divers projets parallèles.
Parmi ceux-ci, le plus notable est sans doute Secret Chiefs 3, un projet mené par trois membres de Mr. Bungle : Trey Spruance (guitare/voix), Trevor Dunn (basse/voix) et Danny Heifetz (batterie). Si quelqu’un doute encore que Mr. Bungle ne soit qu’un tremplin pour les prouesses vocales de Mike Patton, Secret Chiefs 3 est la preuve irréfutable du contraire. Trey Spruance y prend les commandes en tant que leader : il a écrit tous les morceaux du premier album First Grand Constitution and Bylaws (1996) et en a également assuré la production.
Avant la sortie de ce premier long format, le groupe avait déjà éveillé la curiosité des fans en glissant un single de Secret Chiefs 3 avec les copies vinyles du chef-d’œuvre Disco Volante de Mr. Bungle (1995). Ils avaient aussi enregistré une version décalée de « I Saw Mommy Kissing Santa Claus » pour une compilation de Noël japonaise. Leur participation à un album hommage japonais aux Beach Boys démontre aussi leur capacité à s’attaquer à pratiquement tous les styles musicaux.

Since Mr. Bungle is notorious for taking substantial amounts of time between albums (it took them four years to follow up their 1991 debut), its bandmembers are left with a lot of time on their hands. Hence the members of Mr. Bungle use their off time wisely, by writing, recording, and touring with other bands or, often, side projects.
The best side project of the bunch, Secret Chiefs 3, features Mr. Bungle comrades Trey Spruance (guitar/vocals), Trevor Dunn (bass/vocals), and Danny Heifetz (drums). If there are any remaining who think that the musicians in Mr. Bungle are just a vehicle for vocalist Mike Patton’s singing talents, Secret Chiefs 3 is the ultimate proof that this is not the case. Trey Spruance gets a chance to be the leader, as he wrote every track on their 1996 debut First Grand Constitution and Bylaws, and was the record’s producer as well.
Before the full-length debut appeared, the group whet their fans’ appetites by including a Secret Chiefs 3 single with vinyl copies of Mr. Bungle’s 1995 magnum opus, Disco Volante, as well as recording a warped version of « I Saw Mommy Kissing Santa Claus » for a Japanese Christmas compilation. They were also signed on to contribute a Beach Boys track to a Japanese Beach Boys tribute album, showing that they can tackle just about any musical form put in front of them.

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