Bruno Deschênes – La flûte à travers le monde à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
La flûte est l’un des plus vieux instruments de musique et sa famille est immense : on en compte des milliers de variations de par le monde. Ce concert inusité, éclaté et vibrant vous en fait découvrir plusieurs de ses plus beaux spécimens, entre la flûte baroque et le shakuhachi japonais, le dizi chinois et le ney moyen-oriental.
Flutes are among the oldest instruments on Earth, with thousands of varieties found across the globe. This vibrant, variegated, one-of-a-kind programme brings together several members of the flute family, from the European Baroque flute to the Japanese shakuhachi and the Chinese dizi to the Middle-Eastern ney.
Programme
VIVALDI Concerto pour violon en mi majeur, RV 269, « Le Printemps » (arr. pour flûte seule par J.-J. Rousseau) BOISMORTIER Concerto pour cinq flûtes, op. 15 n° 1 Ziya TABASSIAN Lovebird Jean LÉRIGÉ-LAPLANTE Évanescence (Création) Ziad CHBAT Nostalgie ANONYME Printemps à la rivière (trad. chinois, arr. Bruno Deschênes) Bruno DESCHÊNES Tsuru no sugomori [La nidification de la grue] Shin Etenraku [Composition sur l’ancienne mélodie Etenraku]
Program
VIVALDI Violin Concerto in E major, RV 269, “Spring” (arr. for solo flute by J.-J. ROUSSEAU) BOISMORTIER Concerto for Five Flutes, Op. 15, No. 1 Ziya TABASSIAN Lovebird Jean LÉRIGÉ-LAPLANTE Évanescence (premiere) Ziad CHBAT Nostalgie ANONYMOUS Printemps à la rivière (trad. Chinese, arr. Bruno DESCHÊNES) Bruno DESCHÊNES Tsuru no sugomori [The crane nesting] Shin Etenraku [Composition on the traditional melody Etenraku]
Intégrale des sonates pour piano de Prokofiev – Concert 3 : Le siège de Leningrad à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
L’un des 15 meilleurs pianistes canadiens de tous les temps selon la CBC, David Jalbert nous mène sur le chemin passionnant des sonates pour piano de Prokofiev ! Dans une intégrale en trois concerts-événements, ce projet s’inscrit dans la foulée de ses enregistrements chez ATMA Classique. Entre introspection et virtuosité, romantisme et modernité, ces œuvres reflètent le parcours et la vie de ce compositeur visionnaire.
David Jalbert—one of the 15 greatest Canadian pianists of all time, according to the CBC—takes his audience on a journey through Prokofiev’s complete piano sonatas! This three-part concert series was inspired by Jalbert’s Prokofiev recordings for ATMA Classique. With works both introspective and virtuosic, both Romantic and modern, this programme offers a glimpse into the life and works of the visionary composer.
Programme
PROKOFIEV Sonate n° 9 en do majeur, op. 103 Sonate n° 10 en mi mineur, op. 137 (inachevée) Six pièces d’après Cendrillon, op. 102 : I. « Valse : Cendrillon et le Prince » Sonate n° 3 en la mineur, op. 28 Dix pièces d’après Roméo et Juliette, op. 75 (extraits) Sonate n° 7 en si bémol majeur, op. 83
Program
PROKOFIEV Sonata No. 9 in C major, Op. 103 Sonata No. 10 in E minor, Op. 137 (unfinished) Six Pieces from Cinderella, Op. 102: I. Waltz: Cinderella and the Prince Sonata No. 3 in A minor, Op. 28 Ten Pieces from Romeo and Juliet, Op. 75 (excerpts) Sonata No. 7 in B-flat major, Op. 83
Grâce à l’ajout d’un second violoncelle dans son Quintette, Schubert redessine les frontières de la musique de chambre et donne à son œuvre une ampleur quasi orchestrale. Sommet d’expressivité, l’Adagio revêt un caractère intemporel.
By adding a second cello instead of the traditional second viola to his String Quintet, Schubert redefined the boundaries of chamber music, giving his work an almost orchestral depth. The timeless Adagio is a pinnacle of expressiveness.
Programme
Franz Schubert, Trio pour cordes, D. 471 (12 min) Franz Schubert, Quintette à cordes, D. 956, op. posth. 163 (55 min)
Program
Franz Schubert, String Trio, D. 471 (12 min) Franz Schubert, String Quintet, D. 956, Op. posth. 163 (55 min)
Sororité bienveillante des Veilleuses à la salle Bourgie
par Frédéric Cardin
Neuf femmes sur scène, dans une sorte de grande geste théâtrale où sont évoquées toutes les facettes d’une sororité riche et complexe. De la bienveillance (surtout) à l’abandon, de l’exclusion à la réconciliation.
Les Veilleuses, de Simon Renaud (chorégraphie et conception) et Romain Camiolo (musique) se sont donc levées mercredi soir à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal. Une rare incursion de la salle de musique classique dans l’univers de la danse (la première? Je ne peux le confirmer…), mais une bien belle réussite. Il faut dire que le spectacle des Veilleuses est autant chorégraphique que musical. Six des neuf interprètes sont des chanteuses dans la vie : Marie-Annick Béliveau, Salomé Karam, Kathy Kennedy, Elizabeth Lima, Hélène Picard et Ellen Wieser. Celles-ci ont fait équipe avec les danseuses professionnelles Marie-Hélène Bellavance, Nasim Lootij et Ingrid Vallus.
On n’a bien sûr pas demandé aux danseuses de chanter pleinement, ni au chanteuses de faire des contorsions trop acrobatiques, mais la mise en espace avait manifestement pour but d’intégrer toutes les participantes à une seule communauté, celle de ces femmes de plusieurs tailles et gabarits, quoique pas trop hétérogènes. De manière assez abstraitement suggestive, ces femmes ont parcouru l’heure et quelques du spectacle pour exprimer différents états d’âme et surtout les moyens de les affronter ensemble, parfois désunies, ou de les partager entre toutes.
La pièce est déclinée dans un rythme lent et mesuré. Ces femmes évoluent dans un monde de ressenti mutuel qui prend le temps de s’exprimer et d’être accueilli. C’est la musique qui sert de puissant liant de l’ensemble psycho-émotionnel du spectacle, en appui à la cohérence visuelle des costumes, soit des robes de différentes teintes chromatiques liées au jaune-orangé-brun-ocre. La dite musique, toute vocale (sinon un drone électro préenregistré agissant comme coussin harmonique) et essentiellement tonale, est bien entendu interprétée par les chanteuses du groupe, qui agissent à la fois comme l’incarnation émotionnelle de chaque unité individuelle mais aussi comme coalescence de la relation de groupe. La partition de Camiolo est belle et semble progresser, du moins c’est l’impression que j’ai eue, selon une évolution chronologique historique.
Au tout début, les voix prennent une apparence collective de chœur grec, dans une expression de type modal qui évoque subtilement quelque chose de très ancien, peut-être archaïque. Plus loin, on entend quelque chose comme un air médiéval. Plus loin encore, ça se rapproche de la chanson folk ou populaire. Mais ce sont là des moments brefs, émergeant d’une trame plus ample et soutenue de longues lignes mélodiques qui ne déplairaient pas à plusieurs compositeurs ou compositrices actuels faisant dans le choral néo-mystique. À quelques reprises, les harmonies se resserrent, jusqu’à saturation et grincement rugueux. C’est dans ces moments, comme le soulignait le compositeur dans l’entrevue que j’ai réalisée avec lui et le chorégraphe à propos du spectacle (ENTREVUE À ÉCOUTER ICI) que les femmes de cette sororité symboliste semble s’éloigner les unes des autres et dissoudre leurs liens. La tactique est simple, mais efficace.
En fin de compte, Les Veilleuses est un regard assez juste et poétique sur la force, mais aussi sur les périls, d’une communauté féminine qui a, depuis des millénaires maintenant, dû se serrer les coudes devant l’adversité et se donner la main dans les épisodes lumineux.
Les Veilleuses est un spectacle beau et complet, complexe mais pas hermétique, et surtout parfaitement adapté à une large possibilité d’engagements : dans des festivals de danse comme de musique ou de propositions transdisciplinaires. Un lancement parfaitement adéquat pour la série Arts croisés de la salle Bourgie.
Les Veilleuses est une coproduction de Amour Amour, la Salle Bourgie, Chants Libres et Corpuscule Danse.
Les Violons du Roy : Les Violons à Rome, de Corelli à Nino Rota à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
Corelli y a forgé le concerto grosso, Respighi en a célébré la beauté et Nino Rota y a signé d’innombrables musiques de films. Pour Handel, Rome a eu une importance déterminante alors qu’il était jeune compositeur, même si son opéra consacré au plus célèbre empereur romain a été composé à Londres. Un concert hommage à la Ville éternelle qui sera l’occasion des débuts de la contralto Rose Naggar-Tremblay et du jeune chef Kyrian Friedenberg avec Les Violons du Roy.
Rome is where Corelli developed the concerto grosso, where Respighi was inspired while celebrating its beauty, and where Nino Rota composed countless film scores. For Handel, Rome played a decisive role during his early career, even though his opera about the most famous Roman emperor was composed in London. This tribute to the Eternal City will mark the debut of contralto Rose Naggar-Tremblay and young conductor Kyrian Friedenberg with Les Violons du Roy.
Programme
A. CORELLI Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6 G.F. HANDEL Extraits de Giulio Cesare in Egitto, HWV 17 O. RESPIGHI Il tramonto pour voix et cordes N. ROTA Concerto pour cordes
Program
A. CORELLI Concerto grosso in F Major, Op. 6 No. 6 G.F. HANDEL Excerpts from Giulio Cesare in Egitto, HWV 17 O. RESPIGHI Il tramonto for voice and strings N. ROTA Concerto for strings
Les Violons du Roy : Beautés des Amériques à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
Le célébrissime quatuor de Dvořák prendra ici une dimension épique en version pour orchestre à cordes alors que Kerson Leong et Les Violons du Roy unissent de nouveau leur talent et leur fougue dans une complicité qui ne se dément pas. Ils promettent une rencontre électrisante à l’occasion d’une nouvelle œuvre de François Dompierre.
Dvořák’s renowned quartet takes on a more expansive scope in this arrangement for string orchestra, as Kerson Leong and Les Violons du Roy once again combine their talent and energy in a collaboration that remains as strong as ever. They promise an electrifying encounter on the occasion of a new work by François Dompierre.
Programme
H. VILLA-LOBOS Bachianas brasileiras n° 9 F. DOMPIERRE Concerto pour violon (création) J. MONTGOMERY Strum pour orchestre à cordes A. DVOŘÁK Quatuor n° 12 en fa majeur, op. 96 « Américain » (version pour orch. à cordes)
Program
H. VILLA-LOBOS Bachianas brasileiras No. 9 F. DOMPIERRE Concerto for violin (creation) J. MONTGOMERY Strum for String Orchestra A. DVOŘÁK String Quartet No. 12 in F Major, Op. 96 « American » (version for string orchestra)
Les Violons du Roy : Souvenir de Florence à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
L’une des pages les plus personnelles de Tchaïkovski donne son titre à ce concert qui promet un voyage dépaysant et sensible, aux trajectoires à la fois géographiques et à celles, plus intimes, de la mémoire et des impressions profondes. Le périple comprendra une escale proposée par la compositrice Barbara Assiginaak à l’intention de la flûtiste Ariane Brisson qui en assurera la création.
One of Tchaikovsky’s most personal works lends its name to this concert, promising a transporting and deeply felt journey that spans both geographical routes and more intimate paths of memory and profound impressions. Our voyage also includes a new piece by composer Barbara Assiginaak, written for flutist Ariane Brisson, who will be performing its premiere.
Programme
M. MOZETICH Postcards from the Sky B. ASSIGINAAK Œuvre pour flûte et cordes (création) G. FAURÉ Fantaisie, op. 79 (arr. pour flûte et cordes Y. Talmi) P.I. TCHAÏKOVSKI Souvenir de Florence, op. 70 (version pour orch. à cordes)
Program
M. MOZETICH Postcards from the Sky B. ASSIGINAAK Piece for flute and strings (premiere) G. FAURÉ Fantaisie, op. 79 (arr. for flute and strings Y. Talmi) P.I. TCHAÏKOVSKI Souvenir de Florence, op. 70 (version for string orchestra)
Arion Orchestre Baroque : Les larmes de Marie à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
L’on vous promet autant de larmes de bonheur que de tristesse, et parfois les deux à la fois, lors de ce programme qui a comme point focal le nom Marie. Marie comme la mère du Christ au pied de la croix dans l’émouvante cantate Il pianto di Maria de Giuseppe Battista Ferrandini. Mais aussi comme dans le prénom de trois compositrices d’exception du XVIIIe siècle qui ont laissé leur marque à l’opéra – Grimani, Walpurgis et Agnesi – cette dernière nous offrant également un concerto pour clavecin. Pour ce programme Arion accueille la contralto Anthea Pichanick qui vous ravira assurément, et la cheffe et claveciniste Marie van Rhijn, à la carrière florissante, que nous accueillons toutes les deux pour la première fois à Montréal.
You are promised as many tears of joy as of sorrow, and sometimes both at once, in this program centered around the name Marie. Marie, as in the Mother of Christ at the foot of the cross in Giuseppe Battista Ferrandini’s moving cantata Il pianto di Maria. But also Marie as in the first name of three exceptional 18th-century women composers who left their mark on opera – Grimani, Walpurgis, and Agnesi – the latter also offering us a harpsichord concerto. For this program, Arion welcomes contralto Anthea Pichanick, who is sure to delight you, and conductor and harpsichordist Marie van Rhijn, whose flourishing career brings her to Montréal for the first time, along with Pichanick.
Programme/program
Œuvres de/works by Maria Teresa Agnesi, Giovanni Battista Ferrandini, Maria Margherita Grimani, Antonio Vivaldi et Maria Antonia Walpurgis
Arion Orchestre Baroque : Le Roi danse à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
À l’occasion du 300e anniversaire de la mort de Michel-Richard de Lalande, Arion renouvelle sa collaboration fructueuse avec le Centre de musique baroque de Versailles en présentant deux œuvres rares autant que magnifiques du grand compositeur français. L’on découvrira les beautés et splendeurs de la pastorale L’amour fléchi par la constance, créée en 1697, et des extraits du Ballet de la jeunesse, présenté à Versailles pendant le Carnaval en janvier 1686. Interprétées ici avec le concours de quatre voix lyriques exceptionnelles sous la direction de Mathieu Lussier, ces œuvres se démarquent autant par la grâce des lignes vocales que par la richesse des couleurs orchestrales.
On the occasion of the 300th anniversary of Michel-Richard de Lalande’s death, Arion renews its fruitful collaboration with the Centre de musique baroque de Versailles by presenting two rare yet magnificent works by the great French composer. Audiences will discover the beauty and splendor of the pastorale L’amour fléchi par la constance, premiered in 1697, along with excerpts from the Ballet de la jeunesse, performed at Versailles during Carnival in January 1686. Brought to life here with the participation of four exceptional vocal soloists under the direction of Mathieu Lussier, these works stand out as much for the grace of their vocal lines as for the richness of their orchestral colors.
Programme/program
Michel-Richard de Lalande (1657-1726) L’amour fléchi par la constance, S. 143 Ballet de la jeunesse, S. 136
Arion Orchestre Baroque : « Les Adieux » à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
Lumineuse tout autant que virtuose, la violoniste franco-arménienne Chouchane Siranossian, adepte de l’alpinisme, nous fera gravir les degrés du bonheur afin de faire goûter deux œuvres symphoniques contrastées et une rareté du répertoire concertant pour violon. D’un Mozart âgé de 9 ans l’on entendra une symphonie, présage de son génie, écrite lors de l’étape aux Pays-Bas de son Grand Tour européen avec son père et sa sœur. Puis de son aîné et futur ami Haydn, la toujours étonnante Symphonie « Les adieux », d’un artiste au sommet de son art d’où il ne redescendra jamais, qui y passe un message peu subtil à son patron le prince Esterházy sur le congé auquel aspirent les musiciens de son orchestre. Entre ces deux œuvres, un brillant concerto pour violon sera l’occasion de découvrir le violoniste et compositeur allemand Andreas Romberg, admirateur de Mozart comme de Haydn et qui côtoya Beethoven.
Radiant as well as virtuosic, the French-Armenian violinist Chouchane Siranossian, an avid mountaineer, will lead us up the slopes of happiness through two contrasting symphonic works and a rarely heard concerto from the violin repertoire. From a nine-year-old Mozart we will hear a symphony foreshadowing his genius, written during the Dutch stopover of his European Grand Tour with his father and sister. Then comes the ever-surprising “Farewell” Symphony by his elder and future friend Haydn, a masterwork from an artist at the height of his powers, never to descend again, in which he delivers a none-too-subtle message to his patron Prince Esterházy about the leave so earnestly desired by his orchestra’s musicians. Between these two works, a brilliant violin concerto will offer the chance to discover the German violinist and composer Andreas Romberg, an admirer of both Mozart and Haydn, and a contemporary who once crossed paths with Beethoven.
Programme
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Symphonie n° 5 en si b majeur, K. 22 Andreas Romberg (1767-1821) Concerto pour violon n° 7 en la majeur, SteR 47 Franz Joseph Haydn (1732-1809) Symphonie n° 45 en fa # mineur (« les Adieux ») Hob. I: 45
Program
Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791) Symphony No. 5 in B-flat major, K. 22 Andreas Romberg (1767–1821) Violin Concerto No. 7 in A major, SteR 47 Franz Joseph Haydn (1732–1809) Symphony No. 45 in F-sharp minor “Farewell” Hob. I:45
Festival de musique de chambre de Montréal | C’était un joli concert…
par Frédéric Cardin
L’avant dernier concert du Festival de musique de chambre de Montréal, samedi dernier, soulignait deux journées associées au 21 juin : le 40e anniversaire de l’Ordre national du Québec et la Journée nationale des Peuples autochtones. Après une bénédiction du leader spirituel Kevin Deer, le thème ‘’officiel’’ de l’Ordre, une miniature neo-romantique composée par Steve Barakatt, a été jouée par un quatuor à cordes, ce qui a été suivi de quelques airs chantés par Elisabeth S-t-Gelais, en grande forme. Deux mélodies de Ian Cusson, compositeur d’origine Métis, baignaient dans une écriture post-mélodie française, et ont été logiquement suivies par deux exemples (mélodiquement supérieurs) de Cécile Chaminade, Villanelle et Infini, que la soprano innue a d’ailleurs enregistrées sur son album paru l’an dernier (un bijou, dont vous pouvez LIRE LA CRITIQUE ici). Une courte pièce pour violon et piano de Andrew Balfour enchaînait (Karakett Nitotem) avant de passer au répertoire ‘’classique’’ de la soirée : la Sonate pour violon et piano en sol mineur, L. 140 de Debussy et la Sérénade pour cordes de Dvorak. La violoniste mohawk Tara-Louise Montour a offert une prestation caractérisée du Debussy, et les cordes du Festival ont joué le Dvorak avec élan.
C’était un joli concert, même si la cohérence du programme laissait dubitatif. Votre humble serviteur a eu l’impression qu’on avait ‘’collé de l’autochtone’’ artificiellement, comme pour cocher l’élément sur une ‘’to-do list’’. Mais ce concert baignait surtout dans un sentiment de tristesse infinie car le public de la salle Bourgie était famélique, et je pèse le mot. Environ 50 personnes étaient présentes (et combien d’entre elles avaient reçu des entrées gratuites?). Bourgie peut en accueillir 450. C’est 10% de la salle. 10%. Je me suis renseigné : la saison 2025 a été ‘’difficile’’, question fréquentation. Pas autant que ce 10%, qui était la pire performance, mais des moyennes autour de 50%, ce qui est décevant. Le concert final du lendemain à la Maison symphonique a fait mieux, le violoniste Kerson Leong exerçant son fort tirant bien sûr, mais dans une jauge particulière et réduite (public sur scène et dans les gradins arrière).
Que se passe-t-il avec le Festival de musique de chambre de Montréal? Mise en marché? Marque de commerce de l’événement? Personnalité? Programmation? Si l’on compare avec le Festival Montréal Baroque, qui se déroulait (et se terminait, car beaucoup plus court) le même week-end, la différence est frappante : ce dernier donne une impression de dynamisme, de jeunesse et d’incarnation dans la communauté. Plusieurs concerts font salle comble (mais dans des salles plus petites, certes), la plupart sont remplis à des niveaux appréciables (LISEZ MES CRITIQUES DE DEUX CONCERT DE MONTRÉAL BAROQUE ICIet ICI). L’un a de l’énergie, l’autre semble en panne.
Bref, un travail de réflexion s’impose pour assurer l’avenir du Festival de musique de chambre. Une ville comme Montréal ne peut pas ne pas avoir un événement d’envergure et rassembleur lié à cette musique, ce serait une honte. Or en ce moment, on se demande combien de temps cela pourra durer.
Violons du Roy à Bourgie : effervescences symphoniques de la Vieille France
par Frédéric Cardin
Les Violons du Roy clôturait la saison 24-25 de la salle Bourgie hier soir avec un programme de bulles musicales dignes de Mme Cliquot. La symphonie ‘’à la française’’ était à l’honneur. Attention, pas celle de Franck ou Ravel, plutôt la première symphonie, celle des origines. On parle ici de Gossec et de Rameau, aussi d’un certain Duport que la plupart des mélomanes, même avertis, n’ont jamais entendu.
Sous la direction et la construction thématique de Nicolas Ellis, le programme a été lancé par une pétillante symphonie de François-Joseph Gossec (1734-1829), compositeur encore très mésestimé aujourd’hui. Et pourtant, la petite oeuvre en trois mouvements, une des quelques 49 qu’il a composées, a de quoi séduire et réjouir : des mélodies fringantes, une orchestration de contrastes excitants et des rythmes allègres en font un plaisir d’écoute fortement recommandé à tous ceux et celles qui se passionnent pour la vivacité d’un Mozart ou Haydn.
La suite a fait place à un Concerto pour violoncelle, le no 6 en ré mineur, de Jean-Louis Duport (1749-1819), apparemment grand virtuose de l’instrument en question. On n’en doute point, étant donné le caractère redoutable de cette partition, et je pèse mes mots. Quand on constate que même une sommité comme Raphaël Pidoux, membre du trio Wanderer (ce n’est pas rien), ne réussit pas toujours à sortir indemne des chausses-trappes techniques imposées par Duport, c’est dire qu’il s’agit d’une oeuvre représentant un défi formidable. Cela dit, Pidoux a insufflé une dose d’élégance et de lyrisme (très lyrique andante cantabile central) tout à fait séduisantes et a reçu un bel accueil du public, à raison. Voici une œuvre qui mérite d’attirer les plus aguerris des solistes d’aujourd’hui, il y a de quoi faire!
Raphaël Pidoux et Les Violons du Roy – crédit : Pierre Langlois
La dernière partie du concert nous a fait entendre la ‘’symphonie cosmique’’ de Jean-Philippe Rameau (1683-1764). La quoi? Non, Rameau n’a pas vraiment écrit de ‘’symphonie cosmique’’. Il s’agissait en vérité d’une construction du chef Nicolas Ellis, qui a pigé dans le répertoire d’opéras et de ballets de Rameau pour concocter une vaste fresque en quatre mouvements évoquant la création du monde, les saisons, la terre, le vent, les orages et même le temps. Un cinquième mouvement, retour à l’interstellaire, dessinait l’explosion d’une supernova et faisait appel à une pièce de Jean-Féry Rebel (1666-1741), le Chaos, extraite de ses Élémens.
L’architecture pensée par Ellis fonctionne très bien. les contrastes entre les morceaux tracent une ligne narrative qui refuse l’ennui, et utilisent à escient certains airs déjà connus du compositeur.
Ce qui a impressionné le plus, mais on n’en sera surpris, c’est la saisissante limpidité et chirurgicale technicité des Violons du Roy. Quel bonheur d’entendre cette qualité de jeu, ces contrastes abrupts et parfaitement réussis, ces envolées de tendresse enchaînant des cisailles piquantes, et ce rapport parfait au discours des partitions. Nicolas Ellis dirige avec une fraîcheur contagieuse.
Une finale de saison réussie.
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