classique moderne / classique occidental

OSM | Payare et Weilerstein : passion à deux de Prokofiev à Ravel

par Alexandre Villemaire

En cette veille de Saint-Valentin, les 12 et 13 février, le cadre était on ne peut plus propice à réunir sur la scène de la Maison symphonique le couple formé de Rafael Payare et Alisa Weilerstein.

Si Daphnis et Chloé de Maurice Ravel peut volontairement être associé à l’idylle amoureuse, tant par son propos que par sa musique, la Symphonie concertante pour violoncelle de Sergei Prokofiev, avec son éclectisme, ses sons mordants et percussifs, pouvait apparaître comme décalée par rapport à l’esthétique du programme. Au contraire, les œuvres étaient d’une grande complémentarité au niveau du langage timbral, des dynamiques et de leur jeu passionné.

En première partie donc, la Symphonie concertante de Sergei Prokofiev. Écrite entre 1950 et 1952, cette œuvre en trois mouvements de la maturité du compositeur russe est un remaniement d’un précédent concerto pour violoncelle dont l’accueil fut vertement critiqué. Le langage de Prokofiev y est texturé et composite, faisant appel à tout l’entendu du violoncelle, de même qu’à des sonorités et des passages orchestraux et rythmiques qui rappellent le jazz. Au podium, nous avions un Payare toujours aussi fougueux, plus contenu que d’habitude dans sa gestique pour cette partition complexe où les interventions de l’orchestre sont véloces au niveau des textures et des techniques. La direction de Payare était précise et l’orchestre d’une grande intensité.  

Les deuxième et troisième mouvements (Allegro giusto et Andante con moto) nous ont particulièrement plu, respectivement pour leur virtuosité, leur usage d’effets orchestraux dynamique et leur accent folklorique pour la cadence du deuxième mouvement où Alisa Weilerstein démontre toute l’étendue de sa technique et des jeux possibles de son instrument avec une aisance évocatrice. Même si ce qui, à l’oreille, semble sonner faux est en fait bien calculé, écrit et transmis avec naturel. Les lignes de violoncelles sont aussi véloces que les traits d’orchestre, se mariant avec les différentes sections dans une orchestration riche et inventive. Sur scène, Alisa Weilerstein nous transporte dans un univers qui est le sien où elle ne fait pas que jouer la musique. Elle est la musique. Elle incarne un personnage telle une actrice sur une scène de théâtre où son expression faciale et ses gestes sont aussi signifiants que la musique qui l’accompagne. Elle a d’ailleurs été chaleureusement ovationnée par le public pendant plusieurs minutes.

La deuxième partie dédiée à la musique du ballet Daphnis et Chloé nous plongeait dans un monde onirique et coloré. Ici, Payare devient un peintre devant un canevas vierge qu’il peint avec précision. Même si on se trouve dans du répertoire qui est archi connu, voir se déployer les dynamiques et les couleurs imaginées par Ravel est toujours un ravissement. Intéressante disposition d’ailleurs que celle du chœur qui était installé plus en hauteur qu’à l’habitude pour cause d’enregistrement. Bel effet également que de faire entrer successivement les rangées de choristes lors de l’introduction pour simuler un effet de voix qui arrive du lointain et qui gagne en puissance. Petite critique : l’effet processionnel aurait eu encore plus d’impact si cette entrée avait été chantée sans partition ! Pour le reste, les interventions du chœur étaient excellentes, assurées avec un beau contrôle des nuances et des dynamiques. À l’orchestre, Rafael Payare danse sur scène et instigue vigueur et caractère aux différents effectifs orchestraux tant dans les moments les plus diaphanes que dans les passages tonitruants et cuivrés rappelant le langage de Georges Gershwin. L’interprétation des deux œuvres de cette soirée, étonnamment complémentaire et passionnée, méritait amplement les applaudissements nourris d’une Maison symphonique bien remplie et a donné à l’orchestre de beau matériel pour leurs prochaines sorties d’albums ; sorties que nous avons hâte de découvrir.

crédit photos: Antoine Saito

Afrique / classique / période moderne

OSM : Angélique Kidjo chante Glass

par Rédaction PAN M 360

Beethoven dépeint poétiquement les chants d’oiseaux et le murmure des ruisseaux, alors que Janácek, en fin observateur, oppose la quiétude de la vie sylvestre au monde conflictuel des humains. De son côté, Glass s’inspire de poèmes africains évoquant le mythe de la création du monde et celui des dieux du royaume d’Ifé. La musique nourrit l’imaginaire d’Angélique Kidjo qui donne vie aux légendes avec sa voix puissante et profonde.

While Beethoven poetically depicted birdsong and rippling streams, Janácek, a stark observer, contrasted the stillness of forest life with the conflict-filled world of humans. Meanwhile, Glass drew inspiration from African poems that tell of the creation myth and deities of the ancient Ifé Empire, fuelling the imagination of Angélique Kidjo, who brings these legends to life with vocal depth and power.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

classique / période romantique / Piano

OSM : Mozart et l’élégance d’Angela Hewitt

par Rédaction PAN M 360

Il y a beaucoup de charme et d’éclat dans ce Concerto de Mozart interprété par la pianiste Angela Hewitt. En introduisant des citations de Beethoven et Haydn dans son œuvre, Colgrass crée une fascinante passerelle entre les époques musicales et propose un véritable voyage à travers le temps. Plongez ensuite dans la nostalgie hivernale de Tchaïkovski, qui évoque avec émotion ses promenades enneigées dans sa Symphonie n° 1.

Brought to life by pianist Angela Hewitt, Mozart’s Concerto dazzles with its charm and brilliance. Colgrass creates intriguing connections between musical eras by incorporating quotes from Beethoven and Haydn, taking listeners on a journey through time. The program concludes with Tchaikovsky’s Symphony No. 1, which captures the nostalgic beauty of the composer’s snowy winter walks.

Programme

Michael Colgrass, As Quiet As (13 min)
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano nᵒ 26, K. 537, « du Couronnement » (30 min)
Piotr Ilitch Tchaïkovski, Symphonie no 1, op. 13, « Rêves d’hiver » (44 min)

Program

Michael Colgrass, As Quiet As (13 min)
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto for Piano No. 26, K. 537 (“Coronation”) (30 min)
Pyotr Ilyich Tchaikovsky, Symphony No. 1, Op. 13 (“Winter Dreams”) (44 min)

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

classique

OSM : Clarinette, improvisation et traditions

par Rédaction PAN M 360

Lors de ce concert éclaté, découvrez le célèbre clarinettiste Kinan Azmeh, dont la critique salue la maitrise instrumentale et l’aisance à évoluer dans divers genres musicaux. Il se produira en compagnie du compositeur et pianiste Dinuk Wijeratne dans After Béla, une œuvre mêlant tradition et approche novatrice du piano. Marquées par une grande liberté expressive, les Danses de Kodály, celles de Bartók et la Suite de Azmeh se rencontrent autour de la clarinette, instrument au cœur de cette aventure musicale mettant au programme improvisation et musiques traditionnelles!

In this edition of the Concerts éclatés series, discover the acclaimed clarinetist Kinan Azmeh, widely praised by critics for his instrumental mastery and versatility across musical genres. With remarkable expressive freedom, the program showcases dances by Kodály and Bartók and Azmeh’s suite, where the clarinet takes centre stage in a dynamic musical dialogue that blends improvisation with traditional melodies.

Programme

Béla Bartók, Six danses folkloriques roumaines, BB76 (6 min)
Dinuk Wijeratne/Kinan Azmeh, After Béla, pour clarinette et piano (9 min)
Kinan Azmeh, Suite for improvisor and orchestra (22 min)
Zoltan Kodály, Dances de Galanta (16 min)

Program

Béla Bartók, Six Romanian Folk Dances (6 min)
Dinuk Wijeratne/Kinan Azmeh, After Béla, for clarinet and piano (9 min)
Kinan Azmeh, Suite for Improvisor and Orchestra (22 min)
Zoltan Kodály, Dances of Galanta (16 min)

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

classique / jazz

OM : Chants d’espoir à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

C’est l’espoir d’un monde meilleur, plus solidaire, plus empathique, qui a inspiré la programmation de ce concert dirigé par Yannick Nézet-Séguin, avec la pianiste Hélène Grimaud.
« J’ose lever les yeux », nous dit Florence Price, première compositrice afro-américaine, dans son Chant d’espoir. Suivant ses traces, Margaret Bonds s’inspire directement du mouvement pour les droits civiques pour ses Variations Montgomery, dédiées à Martin Luther King.
L’union nait des liens que l’on tisse, des ponts que l’on bâtit. Que ce soit entre humains ou entre genres musicaux. C’est ce que réalise Gershwin avec son Concerto pour piano près du jazz, interprété par l’une des pianistes les plus acclamées de notre époque, Hélène Grimaud. C’est aussi une marque de Bernstein qui, dans ses Chichester Psalms, balance entre optimisme et pessimisme, entre violence et réconfort.

Hope for a better, more united, more empathetic world inspired the programming of this concert, directed by Yannick Nézet-Séguin, with pianist Hélène Grimaud.
“I dare look up,” says Florence Price, the first African-American composer, in her Song of Hope. Following in her footsteps, Margaret Bonds drew inspiration from the civil rights movement for her Montgomery Variations, dedicated to Martin Luther King.
Unity is born of the bonds we forge, the bridges we build. Whether between people or between musical genres. Gershwin draws on this richness in his jazz-adjacent Piano Concerto, performed by one of the most acclaimed pianists of our time, Hélène Grimaud. This dynamic also comes through in the work of Bernstein, whose Chichester Psalms masterfully navigates the tension between optimism and pessimism, violence and compassion.

Programme

Price, Song of Hope
Gershwin, Concerto en fa
Bonds, The Montgomery Variations
Bernstein, Chichester Psalms

Program

Price, Song of Hope
Gershwin, Concerto in F
Bonds, Montgomery Variations
Bernstein, Chichester Psalms

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de Place des Arts et est adapté par PAN M 360

Chanson francophone / hommage / orchestre

OSM : Ferland symphonique

par Rédaction PAN M 360

Dans le cadre de la Série Prestige & Patrimoine, GSI Musique et Oziko présentent Ferland symphonique; un hommage grandiose et vibrant créé sur l’œuvre du Petit Roi, l’unique Jean-Pierre Ferland.
Cette grande aventure musicale prendra vie grâce aux arrangements symphoniques de Blair Thomson et sera interprétée par l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction du chef Alain Trudel. Des éléments de scénographie et de mise en scène seront annoncés sous peu… et à l’image de l’artiste qu’il était, ce sera rempli de poésie.
Grand poète et bâtisseur, Jean-Pierre Ferland aura tissé des ponts entre la chanson à texte et la culture populaire, d’où l’importance de célébrer son héritage exceptionnel.

As part of their Prestige & Patrimoine series, GSI Musique and Oziko present Ferland symphonique; a bold, vibrant tribute to the work of the Petit Roi, the unique Jean-Pierre Ferland.
This epic musical journey will come to life thanks to the symphonic arrangements of Blair Thomson and will be performed by the Orchestre symphonique de Montréal, under the baton of conductor Alain Trudel. Scenography and mise-en-scène elements will be announced shortly. In the image of the artist Ferland was, it will all be very poetic.
A crowd-pleasing poet, Jean-Pierre Ferland built bridges between literary songwriting and pop culture, hence the importance of celebrating his exceptional heritage.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de Place des Arts et est adapté par PAN M 360

classique / humour

OSM : Pérusse symphonique – du Snack bar à l’OSM

par Rédaction PAN M 360

Verrez-vous François l’humoriste ? Entendrez-vous François le chanteur, Pérusse le musicien ? Vous ne voudrez certainement pas rater cette rencontre épique ! Du premier Album du Peuple qui célèbre son 35e anniversaire à aujourd’hui, son oeuvre immense, riche et humoristique en version symphonique risque de marquer l’imaginaire. Sous la direction du chef d’orchestre Simon Rivard et avec des arrangements symphoniques signés Hugo Bégin, François livrera plusieurs extraits célèbres de son imposant répertoire, entouré d’invités surprise pour l’occasion. Soyez aux premières loges !

Will you see François the comedian? Will you hear François the singer, Pérusse the musician? You definitely won’t want to miss this epic encounter! From the first Album du Peuple, which celebrates its 35th anniversary, to today, his immense, rich and humorous work in a symphonic version will certainly leave a lasting impression. Under the direction of conductor Simon Rivard and with symphonic arrangements by Hugo Bégin, François will deliver several famous excerpts from his imposing repertoire, surrounded by surprise guests for the occasion. Don’t miss it!

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

classique / musique de jeux vidéo

OSM : Heroes – Symphonie de jeux vidéo

par Rédaction PAN M 360

En mai, Heroes : Symphonie de jeux vidéo nous plongera, sous la baguette de Kevin Zakresky, dans les plus grands thèmes de jeux vidéo, de Fallout à Assassin’s Creed, en passant par World of Warcraft et Final Fantasy avec des projections et séquences de ces jeux marquants pour plusieurs générations.

In May, under the baton of Kevin Zakresky, Heroes : A Video Game Symphony will immerse us in the greatest video game themes, from Fallout to Assassin’s Creed, as well as World of Warcraft and Final Fantasy, with projections and sequences from these landmark games for several generations.

Programme/program

Jeremy Soule, Heroes Opening from The Elder Scrolls: Oblivion (orch. Robert Puff)
Gareth Cocker, Prince of Persia : The Lost Crown (orch. Vicent Tobar)
Jack Wall, Mass Effect, (orch. Robert Puff)
Borislav Slavov, Baldur’s Gate 3: Main Theme (orch.Georgi Andreev)
Garry Schyman, Bioshock, (orch. Robert Puff)
Matt Uelmen, Russel Brower, Derek Duke, Neal Acree, Diablo Suite (orch. Arturo Matsumoto)
Jesper Kyd, Assassin’s Creed: Ezio’s Family Theme (orch. Benoit Grey)
Tyler Bates, God of War: Ascencion Main Theme (orch. Robert Puff)
Mike Morasky/J.S. Bach, Portal 2 Variations (orch. Geoff Knorr, Andy Brick)
Harry Gregson-Williams, Nobuko Toda, Metal Gear Solid IV (orch. Shota Nakama)
Jason Hayes, World of Warcraft (orch. Adam Klemens)
Inon Zur, Starfield, (orch. Paul D. Taylor)
Inon Zur, Dragon Age (orch. Paul D. Taylor)
Kinuyo Yamashita, Masahiro Ikariko, Michiru Yamane, Oscar Araujo, Castelvania Medley (orch. C. Seiter)
Kow Otani, Shadow of the Colossus (orch. Nic Raine)
Inon Zur, Fallout Suite (Paul D. Taylor)
Marty O’Donnell, Michael Salvatori, Halo Medley (Andy Brick, Arnie Roth)
Jeremy Soule, The Elder Scrolls: SkyrimDragon Bourne Theme (orch. Larry Kenton)

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

classique occidental

La magie des contes millénaires à la Maison symphonique

par Frédéric Cardin

Pendant que la salle Wilfrid-Pelletier voisine tremblait sous les décibels métallo-symphoniques de Voivod et de l’OSM, la Maison symphonique, refuge pourtant habituel des musiciens et musiciennes de Rafael Payare, vibrait des mille et une couleurs de contes musicaux en provenance de la Chine et de la Russie. 

En début de programme, l’Orchestre FILMharmonique sous la direction de Francis Choinière recevait la soliste Liu Fang, maîtresse du pipa chinois, un instrument de la famille des luths, dans la création d’un nouveau concerto pour son instrument signé du Québécois Christian Thomas. Thomas nous avait donné en 2023 sa Messe solennelle pour une pleine lune d’été, un opéra basé sur l’œuvre de Michel Tremblay, et qui avait été bien reçue par le public et la critique. Beaucoup plus romantique dans son langage que la Messe, le Concerto pour pipa surnommé Dragon a permis à Mme Liu de montrer l’étendue de son talent technique, malgré quelques occasionnels accrocs dans le premier mouvement. J’ai parlé de ce concerto dans une critique ailleurs sur le site (à lire ICI), je n’y reviendrai donc pas, mais je me permettrai de dire que la pièce en quatre mouvements m’a semblé plus aboutie encore que lors de mes premières écoutes sur fichiers numériques. Un signe que son audition à de quoi soutenir l’attention prolongée et répétée. En tous les cas, le public à forte représentation est-asiatique qui garnissait fort bien la salle a semblé apprécier et se réjouir. On espère que d’autres orchestres du Québec le programmeront afin d’offrir la chance à la québécoise Liu de tourner dans le Québec autant qu’à l’international.

Deuxième pièce au programme, le concerto pour violon Les papillons amoureux (Butterfly Lovers) avec le soliste, et découverte de l’année des prix Opus 2023, Guillaume Villeneuve. La performance virevoltante et scintillante de Villeneuve a donné un superbe souffle de vie à ce Roméo et Juliette chinois, dont le titre d’origine est la Romance de Liang Shanbo et Zhu Yingtai. Le concerto écrit en 1959 par Chen Gang et He Zhanhao est l’une des premières œuvres du genre dans la littérature musicale chinoise. Le style et le langage sont hyper romantiques, un peu comme si Tchaïkovsky avait vécu à Beijing plutôt qu’à Saint-Pétersbourg, mais le soliste doit réaliser plusieurs effets qui sont manifestement inspirés des techniques traditionnelles du erhu, instrument chinois qui se rapproche du violon occidental. Du gros bonbon musical, avec des mélodies attachantes et mémorables, et des coloris foisonnant, en particulier chez les bois. 

Francis Choinière avait choisi de conclure la soirée avec une autre musique évocatrice, L’Oiseau de feu de Stravinsky. Un choix judicieux, qui nous permettait de revenir vers du répertoire occidental plus habituel tout en restant collé à l’esprit féérique de la soirée. Belle tenue de l’orchestre, constitué de beaucoup de jeunes musiciens, probablement fraîchement sortis des écoles québécoises, et une direction engagée du chef. Quelques imperfections techniques dans la Danse de Kastcheï n’ont pas amoindri l’énergie que Choinière a souhaité insuffler à l’ensemble, qui s’est terminé dans une apothéose de belle ampleur. 

Un soirée qui a de toute évidence comblé un public très bigarré et diversifié. Si c’était l’un des objectifs, il a été atteint. 

classique occidental / période romantique

OSM | Entre les basses islandaises et « l’inoubliable » concerto de Bruch

par Judith Hamel

L’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), sous la direction de la cheffe Dalia Stasevska et du violoniste virtuose Randall Goosby, présentait mercredi soir un programme mettant de l’avant les compositrices Thorvaldsdottir et Price ainsi que les compositeurs Bruch et Dvořák.

Archora d’Anna Thorvaldsdottir, fruit d’une commande de plusieurs grands orchestres et créée en 2022, a ouvert le concert sur un paysage sonore envoûtant d’une vingtaine de minutes. Conçue pour évoquer un univers texturé, l’œuvre transporte l’auditoire dans une exploration des potentiels sonores et énergétiques de l’ensemble. 

Dès les premières notes, les hypergraves envahissent l’espace, créant une masse sonore imposante, palpable. Les crissements des cymbales ajoutent une dimension organique, tandis que les vents cliquent leurs clés et usent de leur souffle pour amplifier l’atmosphère mystique de l’œuvre. Tout ça insufflant un narratif quasi vivant. Puis, l’orgue, par sa présence imposante, amplifie l’impression d’immensité, d’une pièce plus grande que nous. Ces vingt minutes se sont écoulées avec une grande fluidité, comme une unique vague qui nous renverse. La stabilité apparente des sons, obtenue par l’entrelacement des respirations des musiciens, donnait une impression surhumaine. 

Le soliste américain Randall Goosby est ensuite monté sur scène pour offrir un jeu droit et porté avec finesse par sa grande maîtrise de l’instrument. « L’inoubliable » Concerto pour violon no 1 de Max Bruch, bien qu’ayant quelque peu frustré le compositeur par son pouvoir éclipsant de ses autres concertos, demeure une œuvre phare dans le répertoire romantique allemand. Ce soir, dans l’« Adagio », Goosby a su exprimer toute l’intensité de cette romance intérieure. C’est toutefois dans le troisième mouvement que la prestation du soliste a pris tout son éclat. Il s’est déployé dans les thèmes dansants et passionnés qui laissent transparaître les origines hongroises de Bruch ainsi que dans les passages techniques finaux. Ces accents enjoués ont résonné particulièrement avec son jeu empreint d’une légèreté et d’une facilité apparente. Un jeune virtuose qui ne nous a pas renversés par sa musicalité, mais dont la technique et l’aisance qu’il porte sont impressionnantes. 

Adoration de Florence Price a ouvert la deuxième partie dans une version orchestrée pour violon et orchestre de J. Gray, mettant une deuxième compositrice à l’honneur. Cette courte pièce a particulièrement bien convenu à Randall Goosby, qui a su transmettre efficacement la charge émotionnelle à travers son jeu droit, mais honnête. Toutefois, un concert de l’OSM n’y échappe pas, au moment de lever son archet, Goosby est interrompu par le téléphone d’un membre de l’audience qui réécoutait l’enregistrement de sa prestation de la première partie à plein volume. Avec humour et patience, il a baissé son archet et lancé : « You can play it again if you want ». Mais à peine a-t-il commencé à jouer qu’une sonnerie de criquet retentit dans la salle. Des criquets qui heureusement n’étaient pas de circonstance, mais qui ont bien fait rire l’audience. 

Bien que l’œuvre concertante ait donné le titre à la soirée, c’est la Symphonie no 8 de Dvořák, dirigée avec fougue par Dalia Stasevska, qui s’est imposée comme le moment le plus marquant. La cheffe d’orchestre s’est particulièrement illustrée par une direction mettant de l’accent sur des contrastes drastiques de nuances et par des exagérations de certains passages rythmiques. Cette symphonie à l’atmosphère bucolique s’est donc déployée à travers des moments de légèreté, des traits droits de trompettes et par les caractères populaires exagérés de certains thèmes dansants. Le quatrième mouvement, qui s’ouvre sur un appel flamboyant des trompettes et qui se termine avec des passages chromatiques bien groovés, a terminé le concert sur une note de jeunesse bien appréciable.

crédit photos:  Randall Goosby – Kaupo Kicks ; Dalia Stasevska – Antoine Saito

chant lyrique / classique occidental / orchestre / période moderne / période romantique

OSM | Les Mahler, Payare et l’OSM: Entre grondement intérieur, lumière et fatalité, une soirée percutante. 

par Hélène Archambault

L’OSM a fait un choix éclairé de présenter les œuvres d’Alma Mahler et celles de son mari, Gustav, lors du même concert pour inaugurer 2025. L’interprétation des œuvres d’Alma côtoyant celle de son illustre mari est un clin d’œil contemporain à cette époque où plusieurs femmes musiciennes renoncent à leur carrière pour soutenir celles de leur mari.  

À vingt-trois ans, Alma, née Schindler, fréquente le milieu artistique Viennois, compose des lieder et tient à son indépendance artistique et intellectuelle. Elle rencontre Gustav Mahler en novembre 1901. De vingt ans son ainé, il conclut un marché avec elle : pour devenir sa femme, elle doit renoncer à ses aspirations de compositrice. Passionnément éprise, elle accepte et le mariage est célébré le 9 mars 1902.

Malgré cette « interdiction » de composer, Gustav suggère à Alma de retravailler les lieder et de les faire publier (dans les notes de programme, Catherine Harrison-Boisvert note que « Gustav semble avoir voulu faire amende honorable »). Il est heureux que les lieder d’Alma aient été ainsi extirpés de l’anonymat. Leur interprétation est une première pour l’OSM. Avec ces 5 lieder, l’orchestre offre une expérience d’écoute sensible, et, dans mon cas, de découverte. In meins Vaters Garten (Dans le jardin de mon père) est particulièrement touchant. La voix profonde et éclatante de la mezzo-soprano Beth Taylor est mise en valeur par l’écriture expressive de la compositrice. Mon seul bémol ?  L’orchestration de Colin et David Matthews. Un léger débalancement entre les deux partitions se fait malheureusement au détriment de la voix.

De la Sixième Symphonie, appelée « Tragique », Alma écrit qu’elle est l’œuvre la plus personnelle de son mari, celle qui serait jaillie le plus directement de son cœur. Elle rapporte aussi qu’à travers l’écriture de la Sixième Symphonie Gustav anticipe sa propre vie en musique. Trois coups du destin, symbolisés par autant de coups de marteau dans le finale – seuls deux coups seront conservés – se sont abattus sur lui aussi : la perte de leur fille Maria, emportée par la scarlatine, un diagnostic d’une maladie cardiaque incurable ainsi que la perte de son poste à l’Opéra de Vienne. La Sixième de Mahler ayant été écrite avant ces événements, cette interprétation est discutable. Mais ce récit vaut la peine d’être relaté, ne serait-ce que pour marquer l’imaginaire ! Et peut-être aussi un peu pour permettre au commun des mortels de s’attacher un peu plus au compositeur ?

Parlant d’attachement, l’OSM et Payare, dans leur interprétation, passent par le bon chemin. Dès la première mesure, le tempo est énergique sans être effréné. Le ton est donné. Le premier mouvement se déroule entre le militaire et l’évocation d’Alma, incarnée par les cordes. L’Orchestre alterne entre grondement et lumière. Payare semble jouer avec le rythme. Quoique réglé comme un métronome, le temps avec lui semble plus souple, plus vivant. Les pages de grande beauté du second mouvement exposent un dialogue entre les bois et les cuivres, où le jeu de l’orchestre est limpide. Le troisième mouvement, presque onirique, et la finale se succèdent sans trêve. Cet enchaînement semble permettre à l’orchestre de nous envouter pour finalement nous plonger dans une débandade d’émotions dans le genre « being Gustav Mahler » jusqu’à la fin. Juste l’écrire m’essouffle – l’énergie déployée par le chef d’orchestre doit faire l’envie des plus grand·es sportif·ves. Symphonie « Tragique » vous dites ? Entre enchantement, douceur et tragédie, on ne sort pas tout à fait indemne de la maison symphonique.

crédit photo: Gabriel Fournier

baroque / classique

Les Violons du Roy : Gauvin, Lemieux – divin Handel

par Rédaction PAN M 360

Karina Gauvin et Marie-Nicole Lemieux occupent une place à part dans notre vie musicale en général et chez Les Violons du Roy en particulier! Depuis le tout début de leurs carrières respectives, elles font toutes deux partie des artistes invités préférés du public et des musiciens des Violons du Roy. Quelle chance de pouvoir les réunir avec nos musiciens et Jonathan Cohen pour marquer notre 40e anniversaire de façon exceptionnelle!

Karina Gauvin and Marie-Nicole Lemieux hold a special place in our music community, and even more so at Les Violons du Roy! Since the very beginning of their respective careers, they have both ranked among the favourite guest artists of the public and the orchestra. It’s a real privilege to bring them together with Jonathan Cohen and our musicians to celebrate our 40th anniversary with a truly exceptional concert!

Programme

Ouverture (Judas Maccabaeus, HWV 63)
From this dread scene (Judas Maccabaeus, HWV 63)
Sinfonia (Alexander Balus, HWV 65)
Fury, with red sparkling eyes (Alexander Balus, HWV 65)
Our limpid streams (Joshua, HWV 64)
Ouverture (Solomon, HWV 67)
Will the sun forget to streak (Solomon, HWV 67)
Arrival of the Queen of Sheba (Solomon, HWV 67)
Thou fair inhabitant – Welcome as the Dawn of Day (Solomon, HWV 67)
Ouverture (Belshazzar, HWV 61)
Great victor, at your feet I bow (Belshazzar, HWV 61)
Ouverture (Theodora, HWV 68)
Fly, fly, my brethren – As with rosy steps the morn (Theodora, HWV 68)
But why art thou disquieted, my soul – Oh! that I on wings could rise (Theodora, HWV 68)
To thee, thou glorious son of worth (Theodora, HWV 68)
Streams of pleasure ever flowing (Theodora, HWV 68)

Program

Ouverture (Judas Maccabaeus, HWV 63)
From this dread scene (Judas Maccabaeus, HWV 63)
Sinfonia (Alexander Balus, HWV 65)
Fury, with red sparkling eyes (Alexander Balus, HWV 65)
Our limpid streams (Joshua, HWV 64)
Ouverture (Solomon, HWV 67)
Will the sun forget to streak (Solomon, HWV 67)
Arrival of the Queen of Sheba (Solomon, HWV 67)
Thou fair inhabitant – Welcome as the Dawn of Day (Solomon, HWV 67)
Ouverture (Belshazzar, HWV 61)
Great victor, at your feet I bow (Belshazzar, HWV 61)
Ouverture (Theodora, HWV 68)
Fly, fly, my brethren – As with rosy steps the morn (Theodora, HWV 68)
But why art thou disquieted, my soul – Oh! that I on wings could rise (Theodora, HWV 68)
To thee, thou glorious son of worth (Theodora, HWV 68)
Streams of pleasure ever flowing (Theodora, HWV 68)

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient des Violons du Roy et est adapté par PAN M 360

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné