Dans le cadre de la Série Prestige & Patrimoine, GSI Musique et Oziko présentent Ferland symphonique; un hommage grandiose et vibrant créé sur l’œuvre du Petit Roi, l’unique Jean-Pierre Ferland. Cette grande aventure musicale prendra vie grâce aux arrangements symphoniques de Blair Thomson et sera interprétée par l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction du chef Alain Trudel. Des éléments de scénographie et de mise en scène seront annoncés sous peu… et à l’image de l’artiste qu’il était, ce sera rempli de poésie. Grand poète et bâtisseur, Jean-Pierre Ferland aura tissé des ponts entre la chanson à texte et la culture populaire, d’où l’importance de célébrer son héritage exceptionnel.
As part of their Prestige & Patrimoine series, GSI Musique and Oziko present Ferland symphonique; a bold, vibrant tribute to the work of the Petit Roi, the unique Jean-Pierre Ferland. This epic musical journey will come to life thanks to the symphonic arrangements of Blair Thomson and will be performed by the Orchestre symphonique de Montréal, under the baton of conductor Alain Trudel. Scenography and mise-en-scène elements will be announced shortly. In the image of the artist Ferland was, it will all be very poetic. A crowd-pleasing poet, Jean-Pierre Ferland built bridges between literary songwriting and pop culture, hence the importance of celebrating his exceptional heritage.
Verrez-vous François l’humoriste ? Entendrez-vous François le chanteur, Pérusse le musicien ? Vous ne voudrez certainement pas rater cette rencontre épique ! Du premier Album du Peuple qui célèbre son 35e anniversaire à aujourd’hui, son oeuvre immense, riche et humoristique en version symphonique risque de marquer l’imaginaire. Sous la direction du chef d’orchestre Simon Rivard et avec des arrangements symphoniques signés Hugo Bégin, François livrera plusieurs extraits célèbres de son imposant répertoire, entouré d’invités surprise pour l’occasion. Soyez aux premières loges !
Will you see François the comedian? Will you hear François the singer, Pérusse the musician? You definitely won’t want to miss this epic encounter! From the first Album du Peuple, which celebrates its 35th anniversary, to today, his immense, rich and humorous work in a symphonic version will certainly leave a lasting impression. Under the direction of conductor Simon Rivard and with symphonic arrangements by Hugo Bégin, François will deliver several famous excerpts from his imposing repertoire, surrounded by surprise guests for the occasion. Don’t miss it!
En mai, Heroes : Symphonie de jeux vidéo nous plongera, sous la baguette de Kevin Zakresky, dans les plus grands thèmes de jeux vidéo, de Fallout à Assassin’s Creed, en passant par World of Warcraft et Final Fantasy avec des projections et séquences de ces jeux marquants pour plusieurs générations.
In May, under the baton of Kevin Zakresky, Heroes : A Video Game Symphony will immerse us in the greatest video game themes, from Fallout to Assassin’s Creed, as well as World of Warcraft and Final Fantasy, with projections and sequences from these landmark games for several generations.
La magie des contes millénaires à la Maison symphonique
par Frédéric Cardin
Pendant que la salle Wilfrid-Pelletier voisine tremblait sous les décibels métallo-symphoniques de Voivod et de l’OSM, la Maison symphonique, refuge pourtant habituel des musiciens et musiciennes de Rafael Payare, vibrait des mille et une couleurs de contes musicaux en provenance de la Chine et de la Russie.
Deuxième pièce au programme, le concerto pour violon Les papillons amoureux (Butterfly Lovers) avec le soliste, et découverte de l’année des prix Opus 2023, Guillaume Villeneuve. La performance virevoltante et scintillante de Villeneuve a donné un superbe souffle de vie à ce Roméo et Juliette chinois, dont le titre d’origine est la Romance de Liang Shanbo et Zhu Yingtai. Le concerto écrit en 1959 par Chen Gang et He Zhanhao est l’une des premières œuvres du genre dans la littérature musicale chinoise. Le style et le langage sont hyper romantiques, un peu comme si Tchaïkovsky avait vécu à Beijing plutôt qu’à Saint-Pétersbourg, mais le soliste doit réaliser plusieurs effets qui sont manifestement inspirés des techniques traditionnelles du erhu, instrument chinois qui se rapproche du violon occidental. Du gros bonbon musical, avec des mélodies attachantes et mémorables, et des coloris foisonnant, en particulier chez les bois.
Francis Choinière avait choisi de conclure la soirée avec une autre musique évocatrice, L’Oiseau de feu de Stravinsky. Un choix judicieux, qui nous permettait de revenir vers du répertoire occidental plus habituel tout en restant collé à l’esprit féérique de la soirée. Belle tenue de l’orchestre, constitué de beaucoup de jeunes musiciens, probablement fraîchement sortis des écoles québécoises, et une direction engagée du chef. Quelques imperfections techniques dans la Danse de Kastcheï n’ont pas amoindri l’énergie que Choinière a souhaité insuffler à l’ensemble, qui s’est terminé dans une apothéose de belle ampleur.
Un soirée qui a de toute évidence comblé un public très bigarré et diversifié. Si c’était l’un des objectifs, il a été atteint.
OSM | Entre les basses islandaises et « l’inoubliable » concerto de Bruch
par Judith Hamel
L’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), sous la direction de la cheffe Dalia Stasevska et du violoniste virtuose Randall Goosby, présentait mercredi soir un programme mettant de l’avant les compositrices Thorvaldsdottir et Price ainsi que les compositeurs Bruch et Dvořák.
Archora d’Anna Thorvaldsdottir, fruit d’une commande de plusieurs grands orchestres et créée en 2022, a ouvert le concert sur un paysage sonore envoûtant d’une vingtaine de minutes. Conçue pour évoquer un univers texturé, l’œuvre transporte l’auditoire dans une exploration des potentiels sonores et énergétiques de l’ensemble.
Dès les premières notes, les hypergraves envahissent l’espace, créant une masse sonore imposante, palpable. Les crissements des cymbales ajoutent une dimension organique, tandis que les vents cliquent leurs clés et usent de leur souffle pour amplifier l’atmosphère mystique de l’œuvre. Tout ça insufflant un narratif quasi vivant. Puis, l’orgue, par sa présence imposante, amplifie l’impression d’immensité, d’une pièce plus grande que nous. Ces vingt minutes se sont écoulées avec une grande fluidité, comme une unique vague qui nous renverse. La stabilité apparente des sons, obtenue par l’entrelacement des respirations des musiciens, donnait une impression surhumaine.
Le soliste américain Randall Goosby est ensuite monté sur scène pour offrir un jeu droit et porté avec finesse par sa grande maîtrise de l’instrument. « L’inoubliable » Concerto pour violon no 1 de Max Bruch, bien qu’ayant quelque peu frustré le compositeur par son pouvoir éclipsant de ses autres concertos, demeure une œuvre phare dans le répertoire romantique allemand. Ce soir, dans l’« Adagio », Goosby a su exprimer toute l’intensité de cette romance intérieure. C’est toutefois dans le troisième mouvement que la prestation du soliste a pris tout son éclat. Il s’est déployé dans les thèmes dansants et passionnés qui laissent transparaître les origines hongroises de Bruch ainsi que dans les passages techniques finaux. Ces accents enjoués ont résonné particulièrement avec son jeu empreint d’une légèreté et d’une facilité apparente. Un jeune virtuose qui ne nous a pas renversés par sa musicalité, mais dont la technique et l’aisance qu’il porte sont impressionnantes.
Adoration de Florence Price a ouvert la deuxième partie dans une version orchestrée pour violon et orchestre de J. Gray, mettant une deuxième compositrice à l’honneur. Cette courte pièce a particulièrement bien convenu à Randall Goosby, qui a su transmettre efficacement la charge émotionnelle à travers son jeu droit, mais honnête. Toutefois, un concert de l’OSM n’y échappe pas, au moment de lever son archet, Goosby est interrompu par le téléphone d’un membre de l’audience qui réécoutait l’enregistrement de sa prestation de la première partie à plein volume. Avec humour et patience, il a baissé son archet et lancé : « You can play it again if you want ». Mais à peine a-t-il commencé à jouer qu’une sonnerie de criquet retentit dans la salle. Des criquets qui heureusement n’étaient pas de circonstance, mais qui ont bien fait rire l’audience.
Bien que l’œuvre concertante ait donné le titre à la soirée, c’est la Symphonie no 8 de Dvořák, dirigée avec fougue par Dalia Stasevska, qui s’est imposée comme le moment le plus marquant. La cheffe d’orchestre s’est particulièrement illustrée par une direction mettant de l’accent sur des contrastes drastiques de nuances et par des exagérations de certains passages rythmiques. Cette symphonie à l’atmosphère bucolique s’est donc déployée à travers des moments de légèreté, des traits droits de trompettes et par les caractères populaires exagérés de certains thèmes dansants. Le quatrième mouvement, qui s’ouvre sur un appel flamboyant des trompettes et qui se termine avec des passages chromatiques bien groovés, a terminé le concert sur une note de jeunesse bien appréciable.
crédit photos: Randall Goosby – Kaupo Kicks ; Dalia Stasevska – Antoine Saito
OSM | Les Mahler, Payare et l’OSM: Entre grondement intérieur, lumière et fatalité, une soirée percutante.
par Hélène Archambault
L’OSM a fait un choix éclairé de présenter les œuvres d’Alma Mahler et celles de son mari, Gustav, lors du même concert pour inaugurer 2025. L’interprétation des œuvres d’Alma côtoyant celle de son illustre mari est un clin d’œil contemporain à cette époque où plusieurs femmes musiciennes renoncent à leur carrière pour soutenir celles de leur mari.
À vingt-trois ans, Alma, née Schindler, fréquente le milieu artistique Viennois, compose des lieder et tient à son indépendance artistique et intellectuelle. Elle rencontre Gustav Mahler en novembre 1901. De vingt ans son ainé, il conclut un marché avec elle : pour devenir sa femme, elle doit renoncer à ses aspirations de compositrice. Passionnément éprise, elle accepte et le mariage est célébré le 9 mars 1902.
Malgré cette « interdiction » de composer, Gustav suggère à Alma de retravailler les lieder et de les faire publier (dans les notes de programme, Catherine Harrison-Boisvert note que « Gustav semble avoir voulu faire amende honorable »). Il est heureux que les lieder d’Alma aient été ainsi extirpés de l’anonymat. Leur interprétation est une première pour l’OSM. Avec ces 5 lieder, l’orchestre offre une expérience d’écoute sensible, et, dans mon cas, de découverte. In meins Vaters Garten (Dans le jardin de mon père) est particulièrement touchant. La voix profonde et éclatante de la mezzo-soprano Beth Taylor est mise en valeur par l’écriture expressive de la compositrice. Mon seul bémol ? L’orchestration de Colin et David Matthews. Un léger débalancement entre les deux partitions se fait malheureusement au détriment de la voix.
De la Sixième Symphonie, appelée « Tragique », Alma écrit qu’elle est l’œuvre la plus personnelle de son mari, celle qui serait jaillie le plus directement de son cœur. Elle rapporte aussi qu’à travers l’écriture de la Sixième Symphonie Gustav anticipe sa propre vie en musique. Trois coups du destin, symbolisés par autant de coups de marteau dans le finale – seuls deux coups seront conservés – se sont abattus sur lui aussi : la perte de leur fille Maria, emportée par la scarlatine, un diagnostic d’une maladie cardiaque incurable ainsi que la perte de son poste à l’Opéra de Vienne. La Sixième de Mahler ayant été écrite avant ces événements, cette interprétation est discutable. Mais ce récit vaut la peine d’être relaté, ne serait-ce que pour marquer l’imaginaire ! Et peut-être aussi un peu pour permettre au commun des mortels de s’attacher un peu plus au compositeur ?
Parlant d’attachement, l’OSM et Payare, dans leur interprétation, passent par le bon chemin. Dès la première mesure, le tempo est énergique sans être effréné. Le ton est donné. Le premier mouvement se déroule entre le militaire et l’évocation d’Alma, incarnée par les cordes. L’Orchestre alterne entre grondement et lumière. Payare semble jouer avec le rythme. Quoique réglé comme un métronome, le temps avec lui semble plus souple, plus vivant. Les pages de grande beauté du second mouvement exposent un dialogue entre les bois et les cuivres, où le jeu de l’orchestre est limpide. Le troisième mouvement, presque onirique, et la finale se succèdent sans trêve. Cet enchaînement semble permettre à l’orchestre de nous envouter pour finalement nous plonger dans une débandade d’émotions dans le genre « being Gustav Mahler » jusqu’à la fin. Juste l’écrire m’essouffle – l’énergie déployée par le chef d’orchestre doit faire l’envie des plus grand·es sportif·ves. Symphonie « Tragique » vous dites ? Entre enchantement, douceur et tragédie, on ne sort pas tout à fait indemne de la maison symphonique.
Les Violons du Roy : Gauvin, Lemieux – divin Handel
par Rédaction PAN M 360
Karina Gauvin et Marie-Nicole Lemieux occupent une place à part dans notre vie musicale en général et chez Les Violons du Roy en particulier! Depuis le tout début de leurs carrières respectives, elles font toutes deux partie des artistes invités préférés du public et des musiciens des Violons du Roy. Quelle chance de pouvoir les réunir avec nos musiciens et Jonathan Cohen pour marquer notre 40e anniversaire de façon exceptionnelle!
Karina Gauvin and Marie-Nicole Lemieux hold a special place in our music community, and even more so at Les Violons du Roy! Since the very beginning of their respective careers, they have both ranked among the favourite guest artists of the public and the orchestra. It’s a real privilege to bring them together with Jonathan Cohen and our musicians to celebrate our 40th anniversary with a truly exceptional concert!
Programme
Ouverture (Judas Maccabaeus, HWV 63) From this dread scene (Judas Maccabaeus, HWV 63) Sinfonia (Alexander Balus, HWV 65) Fury, with red sparkling eyes (Alexander Balus, HWV 65) Our limpid streams (Joshua, HWV 64) Ouverture (Solomon, HWV 67) Will the sun forget to streak (Solomon, HWV 67) Arrival of the Queen of Sheba (Solomon, HWV 67) Thou fair inhabitant – Welcome as the Dawn of Day (Solomon, HWV 67) Ouverture (Belshazzar, HWV 61) Great victor, at your feet I bow (Belshazzar, HWV 61) Ouverture (Theodora, HWV 68) Fly, fly, my brethren – As with rosy steps the morn (Theodora, HWV 68) But why art thou disquieted, my soul – Oh! that I on wings could rise (Theodora, HWV 68) To thee, thou glorious son of worth (Theodora, HWV 68) Streams of pleasure ever flowing (Theodora, HWV 68)
Program
Ouverture (Judas Maccabaeus, HWV 63) From this dread scene (Judas Maccabaeus, HWV 63) Sinfonia (Alexander Balus, HWV 65) Fury, with red sparkling eyes (Alexander Balus, HWV 65) Our limpid streams (Joshua, HWV 64) Ouverture (Solomon, HWV 67) Will the sun forget to streak (Solomon, HWV 67) Arrival of the Queen of Sheba (Solomon, HWV 67) Thou fair inhabitant – Welcome as the Dawn of Day (Solomon, HWV 67) Ouverture (Belshazzar, HWV 61) Great victor, at your feet I bow (Belshazzar, HWV 61) Ouverture (Theodora, HWV 68) Fly, fly, my brethren – As with rosy steps the morn (Theodora, HWV 68) But why art thou disquieted, my soul – Oh! that I on wings could rise (Theodora, HWV 68) To thee, thou glorious son of worth (Theodora, HWV 68) Streams of pleasure ever flowing (Theodora, HWV 68)
Montréal/Nouvelles Musiques 2025 : Ligeti, Kubrick et la musique de film
par Rédaction PAN M 360
De l’hypnotique «2001, l’Odyssée de l’espace» à l’audacieux «Eyes Wide Shut», en passant par l’inquiétant «The Shining», les films de Stanley Kubrick font une place de choix à la musique, en particulier à celle du grand compositeur hongrois György Ligeti. Plusieurs œuvres du compositeur sont d’ailleurs présentes dans la cinématographie du réalisateur. L’organiste Jean-Willy Kuntz, l’Orchestre symphonique de McGill et l’Ensemble à cordes de la SMCQ sous la direction de Alexis Hauser, interprèteront des pièces emblématiques de ces trois films iconiques. Également au programme, une création orchestrale du jeune compositeur Liam Ross Gibson, une voix émergente et singulière dans le paysage musical canadien (commandée par la SMCQ). Alexey Shafirov présentera quant à lui le second concerto pour piano de Prokofiev. Tandis que la spectaculaire fresque orchestrale de Ainsi parlait Zarathoustra, célèbre poème symphonique de Richard Strauss, fera aussi majestueusement écho au cinéma de Kubrick. Un concert à la Maison symphonique de Montréal qui s’annonce grandiose et mémorable.
From the hypnotic “2001: a Space Odyssey” to the bold “Eyes Wide Shut” and the eerie “The Shining,” Stanley Kubrick’s films give a prominent place to the music of the great Hungarian composer György Ligeti. Several works by the composer are in fact present throughout the director’s cinematography. Organist Jean-Willy Kuntz, the McGill Symphony Orchestra and the SMCQ String Ensemble under the direction of Alexis Hauser, will perform emblematic pieces of these three iconic films. Also on the programme: an orchestral premiere from young composer Liam Ross Gibson, a singular emerging voice on the Canadian musical landscape (commissioned by the SMCQ). Alexey Shafirov will present Prokofiev’s Second Piano Concerto, while the spectacular orchestral fresco Thus Spoke Zarathustra, Richard Strauss’s famous symphonic poem, will also majestically echoes Kubrick’s cinema. A concert at the Maison symphonique de Montréal that promises to be grandiose and memorable.
Ensemble Caprice et Ensemble ArtChoral | Un Messie divinement accessible
par Alexandre Villemaire
L’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral, tous deux sous la direction du chef Matthias Maute, ont sonné la fin de la traditionnelle « saison des messies ». Devant une Maison symphonique fortement remplie pour un dimanche après-midi, les ensembles ont présenté leur version du fameux oratorio de Georg Friedrich Haendel.
D’emblée, il faut le dire : la version de Caprice n’est pas nécessairement pour les puristes. Déjà en ouverture, Matthias Maute a présenté avec les musiciens « son » Hallelujah, une composition patine moderne classique dans laquelle le public était invité à participer en entonnant une mélodie simple qui formait un contre-chant compétitif avec les chanteurs et chanteuses de l’Ensemble ArtChoral.
Si l’attente du public était d’assister à un Messie de Haendel conventionnel d’environ trois heures avec le ritualisme habituel qu’appellent les salles de concert et l’aura de cette œuvre, alors vous risquez d’être déçu. Parlez-en à ma voisine de siège qui n’a pas passé un bon moment entre les interventions sympathiques de Matthias Maute et les applaudissements répétés du public entre les mouvements – que le chef n’a d’ailleurs jamais corrigés. Nous pouvons vivre avec des applaudissements sincères entre chaque air, dans la mesure où le contexte familier amené par Maute s’y prêtait. Mais des applaudissements pendant que l’orchestre s’affaire à donner la note pour le départ d’un récitatif… Au moins, cela n’est arrivé qu’une fois!
Cela étant dit, ces écarts aux usages du décorum n’affectent en rien la qualité globale du rendu de l’œuvre et de l’expérience musicale. La sélection des passages effectuée par Maute ne venait en aucun cas modifier le récit de la Nativité qui est au cœur de l’œuvre. La présentation qu’il a faite de chacune des parties, en déclinant les passages importants et la nature des interventions des personnages, était une médiation fort bien venue qui donnait à ce concert une ambiance ludique. La performance, quant à elle, était vocalement et musicalement engageante, magnifiée par une dynamique de scène qui se rapprochait pratiquement plus de l’opéra que de l’oratorio à la dimension plus austère. Les quatre solistes ont offert des performances senties et incarnées dont les affects ont encore une fois été mis en valeur par la présentation de Maute. Marianne Lambert était un ange Gabriel qui volait effectivement très vite avec des vocalises véloces et aériennes portées par un son cristallin. Sa performance, tout en contraste, de l’air « I know that my redeemer liveth » a été parmi les plus beaux moments du concert. La contralto Rose Naggar-Tremblay, même si elle n’avait pas le plus grand nombre d’interventions, les a livrées avec un sens dramatique où elle était autoritaire et « crachait du feu », notamment dans l’air « But who may abide the day of His coming ». Emmanuel Hasler, qui a aussi fait montre d’une présence scénique incarnée, était juste et royal dans ces interventions portées par un timbre cuivré, alors que Geoffrey Salvas en tant que « prophète qui aura réponse à toutes nos questions » était impérial et inquisiteur dans son air « The trumpet shall sound ».
Aux performances des solistes, les chanteurs et chanteuses de l’Ensemble ArtChoral ont également fait forte impression dans une performance rigoureuse. Les intonations étaient justes, les nuances et dynamiques exécutées avec soin et intelligence. L’intelligibilité du texte était précise du début à la fin et entonnée avec vigueur. Seul petit accroc technique du concert : une confusion à l’orchestre pour une entrée royale de percussions et de trompettes précédant l’« Hallelujah ». Pour ajouter à la vivacité du concert, l’assistance s’est instinctivement levée alors que l’ensemble a entonné l’emblématique pièce.
Au final, dans la pléthore de concerts du Messie qui peuple le temps de l’Avent, la version de Caprice et d’ArtChora est un excellent compromis entre le traditionnel et l’accessible où la rigueur et la qualité ne sont en aucun cas sacrifiées. Au contraire, ce n’est que pur plaisir.
Scintillante magie de Noël, de l’OM… et d’Antoine Gratton!
par Frédéric Cardin
Loin de moi l’idée, par ce titre, de diminuer la qualité des prestations offertes hier par les artistes invités lors du (désormais) classique concert de Noël éclectique de l’Orchestre métropolitain et Yannick Nézet-Séguin. Mélissa Bédard en impose dans Glory Alleluia et le Minuit, chrétiens. Sa voix de contralto ample et très juste, sans fioritures inutiles, s’est agréablement démarquée. Kim Richardson fait de même avec d’autres classiques comme Noël blanc ou I’ll be Home for Christmas. Et puis la sensation lyrique de l’heure, Élizabeth St-Gelais nous a offert les Anges dans nos campagnes et un Sainte Nuit (en innu) plutôt réussis. Un très beau duo avec Michel Rivard aussi, avec un Gens du pays bien senti. Ce dernier a également offert C’est dans la famille, initialement un peu fragile, mais authentique.
Taurey Butler, M. Charlie Brown Christmas à Bourgie, avec les excellents Wali Muhammad à la batterie et Morgan Moore à la contrebasse, y est allé de jolies envolées jazz au piano (pas de Charlie Brown, cela dit. C’est réservé pour l’autre salle) dans quelques titres traditionnels du répertoire, et le violoniste trad David Boulanger nous a lancé un très agréable Petit concerto pour Carignanet orchestre d’André Gagnon, avec Oleg Larshin, premier violon de l’OM. Contrastes bien maîtrisés entre les solos ‘’classiques’’ de Larshin et trad de Boulanger, échos modernes de Yehudi Menuhin et de Jean Carignan, pour qui l’œuvre a été composée. Un vrai chef-d’œuvre miniature, qui était accompagné par un autre incontournable de Dédé : un extrait de son album Noël de 1992, la chaleureuse et doucement mélancolique Ronde des bergers. Je n’avais jamais porté attention à ce détail auparavant, mais les solos de cor y sont redoutables! Même le toujours parfait Louis-Philippe Marsolais l’a appris à ses dépens (Oh, à peine un accroc. Mais dans son cas, c’est rarissime). Bien entendu, la finale a été assurée par tout le monde en même temps, communion indispensable qui s’est incarnée par le classique de Beau Dommages/Michel Rivard : 23 décembre. Grande réussite rassembleuse écuménique à l’image du Québec à la fois ‘’de souche’’ et coloré par sa diversité moderne. Bravo.
Bref, tout le monde était à la hauteur, et plus encore. La bonne humeur régnait, Yannick dirigeait avec son habituel pep, les musiciens de l’OM souriaient amplement, la scène et la Maison symphonique dans son ensemble brillaient de mille couleurs, dans une ambiance molletonnée et invitante. Chapeau bas, donc. Mais, la raison pour laquelle je tenais à inscrire le nom d’Antoine Gratton dans mon titre, c’est que le lien suprême entre tous les morceaux, toutes les prestations, tous les styles musicaux évoqués dans cette messe laïque et musicale, l’unifiant qui a permis de passer presque deux heures, sans entractes et sans véritables longueurs, bien accrochés au déroulement, cet indispensable secret de la réussite, ce sont les arrangements d’Antoine Gratton.
L’auteur-compositeur-interprète qui s’est un temps fait appeler A Star, est également depuis quelques années un très habile arrangeur pour des concerts pop symphoniques. Hier, il a fait flèche de tout bois grâce à l’originalité des partitions qu’il a réalisées pour l’orchestre et le chœur qui accompagnaient ainsi avec brio les prestations ci-haut mentionnées. Peu importe que les airs soient archi connus, Gratton sait parsemer ses arrangements de multiples surprises pour les oreilles, qu’elles soient harmoniques, coloristiques ou rythmiques. Je prends un exemple parmi d’autres : ce contrepoint entre les clochettes de l’orchestre et les clappements de mains des choristes dans un passage de My Favourite Things. Réjouissant.
L’arrangeur est trop souvent oublié dans ce genre d’événement, mais il ne le faut pas, et surtout pas dans le cas de ce concert qui aurait pu virer à la litanie de mélodies sirupeuses enchaînées interminablement, s’il eut été d’autres plumes moins créatives. Des milliers de soupers de dinde, de tourtière et d’atocas se ressemblent un peu partout au Québec pendant les fêtes. Mais il y a parfois un.e chef.fe en cuisine, caché.e derrière ses chaudrons, qui réussit à réinventer la sauce et unifier le tout de façon assez originale pour qu’on la remarque. Et cela sans tomber dans une témérité exagérée qui laisserait un goût amer à l’expérience. Dans des cas comme celui-là, invitons cette personne à la table et honorons-la (ce qui a d’ailleurs été fait sur scène hier).
Ne doutons pas un seul instant qu’il y aura une édition 2025.
OSM : Charlebois symphonique, une célébration grandiose avec l’OSM – Supplémentaires
par Rédaction PAN M 360
Après l’immense succès rencontré par le concert Charlebois symphonique au mois d’août dernier, l’OSM vous propose de retrouver Robert Charlebois et ses invités pour des supplémentaires de ce concert mémorable. Charlebois, ce géant de la musique, revisitera ses plus grandes chansons en version symphonique, dont Ordinaire, Je reviendrai à Montréal et quelques trésors cachés.
After the immense success of the Charlebois symphonique concert last August, the OSM invites you to join Robert Charlebois and his guests for additional performances of this memorable concert. Charlebois, a giant in music, will revisit his greatest songs in a symphonic version, including Ordinaire, Je reviendrai à Montréal, and a few hidden gems.
OSM : Ravel et Prokofiev par Weilerstein et Payare
par Rédaction PAN M 360
Le ballet Daphnis et Chloé est l’évocation poétique d’une nature idyllique et d’une Grèce rêvée par Ravel. Les couleurs chatoyantes de l’orchestre et la finesse de l’écriture confèrent à cette partition une délicate sensualité. Autre joyau au programme : la Sinfonia concertante de Prokofiev. Cette œuvre de caractère, teintée d’un humour sarcastique, sera servie par l’immense talent de la violoncelliste Alisa Weilerstein.
The ballet Daphnis et Chloé poetically conjures an idyllic natural setting combined with elements of Greek Antiquity as imagined by Maurice Ravel, to the orchestra’s glistening hues and subtle inflections, that endow this work with graceful sensuality. The program’s other precious gem is Prokofiev’s Sinfonia Concertante, a colourful piece tinged with sarcasm and humour, brought to life through Alisa Weilerstein’s powerful artistry.
Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360
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