classique / période moderne

OM : Classiques de Mozart à Stravinsky à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Que devient l’esprit du classicisme viennois lorsqu’il se réinvente? Ce programme en explore l’héritage et les métamorphoses. Mozart signe l’une de ses pages les plus lumineuses avec le Concerto pour piano n° 17, sublimé par la sensibilité de Louis Lortie, figure emblématique du piano au Québec. Haydn, dans sa Symphonie n° 44 « Funèbre », plonge quant à lui dans une gravité saisissante, révélant toute la profondeur de son langage. Dans Pulcinella, Stravinsky transforme des échos baroques en un ballet néoclassique pétillant qui s’illumine de fantaisie sous la direction de Louis Langrée. Schnittke joue avec les ombres du passé dans Moz-Art à la Haydn, mêlant fragments, citations et clins d’œil dans une partition inventive.

What becomes of the Viennese classical spirit when it reinvents itself? This program explores its legacy and transformations. Mozart’s Piano Concerto No. 17 shines as one of his most luminous works, brought to life by Louis Lortie, a Quebec piano icon. Haydn’s “Funeral” Symphony No. 44 plunges into striking gravity, revealing the depth of his musical language. Stravinsky’s Pulcinella transforms Baroque echoes into a sparkling neoclassical ballet, delightfully conducted by Louis Langrée. Schnittke plays with shadows of the past in Moz-Art à la Haydn, blending fragments, quotations and witty allusions in an inventive composition.

Programme

SCHNITTKE, Moz-Art à la Haydn
MOZART, Concerto pour piano n° 17, K 453
HAYDN, Symphonie n° 44 « Funèbre »
STRAVINSKY, Pulcinella (suite)

Program

SCHNITTKE, Moz-Art à la Haydn
MOZART, Piano Concerto No. 17, K 453
HAYDN, Symphony No. 44 « Mourning »
STRAVINSKY, Pulcinella (suite)

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classique / période romantique

OM : Der Rosenkavalier à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

L’amour peut‑il survivre à l’inévitable passage du temps ? Après plus de trente ans d’absence à Montréal, le chef-d’œuvre opératique de Richard Strauss, Le Chevalier à la rose (Der Rosenkavalier), revient en version concert dans une coproduction de l’Opéra de Montréal et de l’Orchestre Métropolitain. Nostalgique des valses viennoises autant que des comédies mozartiennes, Strauss déploie une musique dont l’élégance et l’expressivité ne cessent d’envoûter. Yannick Nézet-Séguin rassemble ici une distribution d’exception pour en faire un véritable événement générationnel. Diana Damrau incarne une Maréchale bouleversante de profondeur. Emily D’Angelo prête à Octavian la fougue de la jeunesse. Erin Morley anime Sophie d’une grâce cristalline, tandis que Peter Rose campe un Baron Ochs truculent. Tous ont triomphé dans ces rôles sur les plus grandes scènes du monde, de New York à Milan, et leurs noms sont désormais indissociables de ces rôles mythiques. Plusieurs autres grandes voix canadiennes et internationales se joindront à ces solistes. Rarement une distribution n’aura semblé aussi idéale !

Can love withstand the inevitable passage of time? Absent from Montreal stages for more than thirty years, Richard Strauss’s operatic masterpiece Der Rosenkavalier returns in a concert version co-produced with the Opéra de Montréal and the Orchestre Métropolitain. Nostalgic for Viennese waltzes as well as for Mozartian comedy, Strauss unfolds music of elegance and emotional richness that continues to captivate audiences. Yannick Nézet‑Séguin brings together an exceptional cast to create a true generational event. Diana Damrau embodies a Marschallin of remarkable depth. Emily D’Angelo lends Octavian the ardor of youth. Erin Morley gives Sophie a crystalline grace, while Peter Rose portrays a delightfully boisterous Baron Ochs. All have triumphed in these roles on the world’s greatest stages, from New York to Milan, and their names have become inseparable from these iconic characters. Several other great Canadian and international voices will join these soloists. Rarely has a cast seemed so ideal!

Programme/program

STRAUSS, Der Rosenkavalier

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néoclassique / new age / Piano

Ludovico Einaudi | Solo piano à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Le pianiste Ludovico Einaudi interprétera son album Solo Piano, qui réunit sa première collection de compositions pour piano solo. Au cours des trois dernières décennies, Einaudi est discrètement devenu l’artiste classique contemporain le plus célèbre au monde avec ses œuvres qui ont touché des millions de personnes à travers le cinéma, la télévision et des concerts internationaux. Des scènes de l’océan Arctique aux résidences record au Royal Albert Hall, au Barbican et à l’Opéra de Sydney, Einaudi continue de faire découvrir sa musique évocatrice et cinématographique au public du monde entier, avec son orchestre ou seul au piano, là où tout a commencé.

Pianist Ludovico Einaudi will perform his album Solo Piano, his first-ever collection of compositions for solo piano. Over the past three decades, Einaudi has quietly become the world’s most successful contemporary classical artist, with music that has reached millions through film, television and live performances worldwide. From Arctic Ocean stages to record-breaking residencies at the Royal Albert Hall, Barbican and Sydney Opera House, Einaudi continues to bring his evocative, cinematic music to audiences around the globe, both with his ensemble and where it all started, on piano alone.

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Piano / post-romantique / swing

OSM : Marc-André Hamelin retrouve Gershwin

par Rédaction PAN M 360

Énergie, éclat et rythme : la danse est au cœur de ce programme électrisant qui nous plonge dans les ruelles animées de New York. Avec Coincident Dances, la compositrice Jessie Montgomery tisse un kaléidoscope urbain inspiré des rues de New York entre jazz, funk et musique classique. De son côté, Gershwin puise dans les clubs de jazz la matière d’un Concerto en fa qui fusionne le swing et l’élégance classique, résonnant avec panache sous les doigts de Marc-André Hamelin. S’échappant du tumulte de la ville, sur Long Island, Rachmaninov écrit ses Danses symphoniques, dernier éclat d’un romantisme en exil, empreintes de nostalgie et de grandeur. Sous la direction de Gemma New, l’OSM nous entraîne dans un voyage imaginaire à travers la ville qui ne dort jamais – tour à tour électrique, rêveuse et infiniment vivante.

Energy, brilliance, and rhythm: dance is at the heart of this electrifying program that plunges us into the bustling streets of New York. With Coincident Dances, composer Jessie Montgomery weaves an urban kaleidoscope inspired by the city’s streets, blending jazz, funk, and classical music. Gershwin, for his part, draws on jazz clubs for his Concerto in F, fusing swing with classical elegance—resonating with panache under the fingers of Marc-André Hamelin. Escaping the city’s tumult on Long Island, Rachmaninoff writes his Symphonic Dances, the last spark of an exiled Romanticism, steeped in nostalgia and grandeur. Under Gemma New’s direction, the OSM takes us on an imaginary journey through the city that never sleeps—by turns electric, dreamy, and endlessly alive.

Programme

Jessie Montgomery, Coincident Dances
George Gershwin, Concerto pour piano en fa majeur
Sergueï Rachmaninov, Danses symphoniques, op. 45

Program

Jessie Montgomery, Coincident Dances
George Gershwin, Piano Concero in F major
Sergei Rachmaninoff, Symphonic Dances, op. 45

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arabe / classique

OSM : Voyage musical avec Joseph Tawadros

par Rédaction PAN M 360

Après un accueil triomphal lors du concert d’été de la Virée classique 2024, le talentueux oudiste Joseph Tawadros fait son grand retour à l’OSM pour deux concerts exceptionnels. Il interprétera une œuvre vibrante inspirée des maqams, modes mélodiques du Moyen-Orient, offrant une expérience musicale riche en couleurs et en énergie. Cette pièce explosive se mêle parfaitement à l’intensité rythmique de la Symphonie n° 7 de Beethoven et promet une soirée unique au rythme effervescent.

Following his enthusiastic reception at the 2024 Virée classique summer concert, the talented oud player Joseph Tawadros makes his grand return to the OSM for two extraordinary concerts. He will be performing a dynamic piece inspired by the melodic modes of the Middle East, known as maqams, offering a vibrant and energetic musical experience. This powerful composition pairs seamlessly with the rhythmic drive of Beethoven’s Symphony No. 7, promising an evening filled with electrifying rhythms.

Programme

Maurice Ravel, Shéhérazade, Ouverture de féerie
Joseph Tawadros, Concerto for oud (25 min) (orch. Jessica Wells)
Ludwig van Beethoven, Symphonie no 7, op. 92 (36 min)

Program

Maurice Ravel, Shéhérazade, ouverture de féerie  (14 min)
Joseph Tawadros, Concerto for Oud (25 min) (orch. Jessica Wells)
Ludwig van Beethoven, Symphony No. 7, Op. 92 (36 min)

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classique

Ainsi ont parlé le trombone et le violoncelle

par Alexis Desrosiers-Michaud

Cette semaine à l’OSM, il n’y a pas un, mais bien deux concertos, avec deux solistes maison; le tromboniste James Box dans le Concerto « Yericho » de Samy Moussa et le violoncelliste Brian Manker dans Schelomo: Rhapsodie hébraïque d’Ernest Bloch. 
Le concerto de Moussa tient son nom de la ville de Jéricho, qui, selon le récit biblique, fut encerclée par Israël avant de tomber en une semaine. C’est une œuvre intense du début à la fin, qui ne laisse aucun repos à son interprète. Fortement inspirée de la musique minimaliste et la présence d’un orgue, la terreur se ressent dès les premières minutes de l’œuvre, avec un motif de deux notes descendantes (le contraire de Jaws) répété maintes fois sonne l’alarme, et dont le soliste sera le dernier à le jouer. S’en suit une série de séquences virtuoses tant pour l’orchestre que le soliste, qui mènera à des climax rappelant Chostakovitch avec l’abondante percussion et les cordes dans l’extrême aigu, notamment. James Box a livré une performance exceptionnelle alliant son puissant, registre très déployé et une coordination sans faille. Yericho tiendra le public en haleine jusqu’à la toute fin, qui se lèvera d’un bond pour féliciter orchestre, soliste et compositeur.

C’est d’une tout autre manière que Brian Manker se démarquera par la suite. Interprétant le Roi Salomon, ses proclamations musicales et son phrasé sont impeccables, si bien que l’orchestre massif derrière lui ne l’enterre jamais. Tout comme son collègue, sa technique est mise à l’épreuve, mais, tel un roi, Manker ne flanche pas. À l’instar de Yericho, Schelomo est une œuvre ininterrompue et plus fluide. Les musiciens jouent le rôle des fidèles à merveille, scandant à tout rompre dès que le roi se tait. 
Si on peut y noter un lien religieux évident dans les deux concertos, la comparaison s’arrête ici. D’une part parce que ni Richard Strauss et Friedrich Nietzsche n’était pas de confession juive, et de seconde part, parce que l’ouverture du concert était celle de l’opéra Tannhaüser de Richard Wagner, antisémite notoire. Celle version était très bien réussie, grâce à la justesse des bois et à la dextérité et cordes, mais aussi au son majestueux des cuivres dans le thème final.

La pièce de résistance de ce long concert était le poème symphonique de Richard Strauss Also sprach Zarathustra. La première minute a beau être archi-connue, il faut encore pouvoir affronter les 32 autres, surtout après 1h30 de concert. Le test d’endurance a été relevé avec brio. On aurait pu s’attendre à un relâchement de la puissance et de précision, surtout chez des cors et des cordes sur-utilisés, mais ce n’est pas arrivé. Cette (autre) partition techniquement très exigeante nous a donné droit à des contrastes très bien dosés entre les bois à l’arrière et les violons solos, ainsi que des interventions de solistes épars aux aguets. La valse était jouée avec verve, avant de replonger dans des douceurs abyssales auxquels Rafael Payare nous a habitués depuis son arrivée.

classique / jeunesse

OSM : Des bonbons ou un sort !

par Rédaction PAN M 360

Pensez-vous que la Maison symphonique puisse abriter des monstres et des vampires? Ou que la baguette de la cheffe d’orchestre soit capable de jeter des sorts? Bien sûr que non ! À moins que…la musique ait des pouvoirs magiques… Pour en avoir le cœur net, revêtez votre déguisement et préparez-vous à être transporté dans des mondes imaginaires où des créatures mystérieuses vous raconteront de drôles d’histoires. Vous laisserez vous ensorceler?

Have you ever wondered if the Maison Symphonique is haunted by monsters and vampires? Could a conductor’s baton double as a magic wand? What if music truly held magical powers? To find out, dress up in your best costume and step into a world of imagination, where you’ll hear strange tales told by mysterious creatures. Let the magic of music sweep you away!

Programme

Œuvres de Saint-Saëns, Goulet, Grieg, etc.

Program

Works by Saint-Saëns, Goulet, Grieg, etc.

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classique / période romantique

OSM : L’île des morts à l’OSM

par Rédaction PAN M 360

Pour cette nuit d’Halloween, plongez dans l’atmosphère irréelle de L’Île des Morts de Rachmaninov, avec la projection du film de van Woerkum où fantastique et angoisse s’entrelacent. La virtuosité débridée de l’œuvre de Liszt, Totentanz ou Danse macabre, interprétée par Goodwin Friesen, lauréat du Concours OSM 2022, ajoutera une touche de brillance effrayante, illustrant la lutte entre la vie et la mort. Une soirée de frissons et de mystère, suivie de festivités à la Maison symphonique.

To celebrate Halloween, step into the surreal atmosphere of Rachmaninoff’s Isle of the Dead, accompanied by van Woerkum’s film of the same name, where the realms of fantasy and fear intertwine. The wild virtuosity of Liszt’s Totentanz (Dance of the Dead), performed by Goodwin Friesen, winner of the 2022 OSM Competition, captures the chilling battle between life and death. Prepare for an evening of spine-tingling mystery and excitement, capped off with festivities at the Maison Symphonique.

Programme

Franz Liszt, Totentanz, S.126 (17 min)
Sergei Rachmaninov, L’Île des Morts (20 min) avec projection

Program

Franz Liszt, Totentanz, S. 126 (17 min)
Sergei Rachmaninoff, Isle of the Dead (20 min) with screening

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cinéma / classique

OSM : Le fantôme de l’opéra

par Rédaction PAN M 360

À 100 ans, Le fantôme de l’opéra n’a pas pris une ride! Redécouvrez ce chef-d’œuvre du cinéma fantastique de 1925 illustré musicalement par l’organiste Jason Roberts. Le Fantôme errant dans les coulisses d’un opéra parisien, est un prodige musical défiguré, fasciné par la musique et obsédé par une artiste. Ce mystérieux personnage incarne à la fois le génie incompris et la marginalisation. Un ciné-concert saisissant où suspense, puissance et improvisation à l’orgue se rencontrent!

The Phantom of the Opera is still captivating audiences a century later! Experience this 1925 fantasy film classic like never before, with musical accompaniment by organist Jason Roberts. Haunting the depths of a Parisian opera house, the disfigured phantom—both a musical genius and a tragic outcast—is consumed by his obsession with music and a particular singer. This thrilling film concert blends drama and suspense with masterful organ improvisation for an unforgettable cinematic experience.

Programme

Le fantôme de l’opéra, 1925 (114 min) avec projection

Program

The Phantom of the Opera, 1925 (114 min) with screening

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classique

OSM | La Neuvième de Mahler: adieu à un monde futile et effréné

par Judith Hamel

Mercredi soir, Rafael Payare a dirigé l’Orchestre symphonique de Montréal dans la continuation du cycle Mahler, cette fois-ci avec l’ultime symphonie achevée du compositeur, la Neuvième. Une œuvre très exigeante qui témoigne de la conscience d’un homme qui sait sa fin proche et qui fait ses adieux au monde.

Au moment de la composition de l’œuvre, Mahler se sait diagnostiqué d’une valvulopathie cardiaque et est hanté par la mort récente de sa fille. Craignant le mauvais sort associé aux neuvièmes symphonies (Beethoven, Schubert), Mahler avait évité de numéroter sa précédente œuvre symphonique, mais en vain : cette Neuvième sera bien la dernière symphonie qu’il achèvera.

Payare nous propose une lecture assez éloignée des interprétations classiques empreintes d’une grande tension dramatique que l’on associe à Mahler et ce, dès le premier mouvement.

Dans ce premier adieu à la vie, d’une trentaine de minutes, on peine à trouver une ligne directrice claire à laquelle s’accrocher. La direction de Payare évoque moins la gravité de cette fin imminente que le vertige de notre existence dans notre époque moderne où tout avance à grande vitesse et où tout est éphémère. En fait, sa proposition a quelque chose de profondément actuel. Celle d’un monde effréné, saturé, où la futilité s’installe.

Le deuxième mouvement, un Ländler, s’ouvre sur une section de bassons soudés et une section de cordes rugueuses. Ici, Payare choisit la rusticité et assume pleinement le caractère boisé, terrien. L’enivrante circularité du rythme, les roucoulements chaleureux des cors français et l’allure vacillante de la valse créent une atmosphère campagnarde, à la fois joyeuse et mélancolique. C’est un adieu aux plaisirs simples de la vie.

Le Rondo-Burleske est sarcastique à souhait. C’est un tourbillon sonore, une fête qui tourne à la frénésie. Chaque section de l’orchestre brille par sa densité et son énergie, contribuant à cette débauche orchestrale brillante et chaotique. Une célébration gargantuesque, portée par une fin volontairement pompeuse, assumée ironique.

L’Adagio final présente l’acceptation de quitter ce monde. La subtilité de Payare sert bien ce mouvement. Il y déploie une gestuelle plus sobre et intériorisée, adaptée à la délicatesse de ce dernier mouvement. Peu à peu, il laisse les sons respirer, jusqu’à ce que la peur de mourir s’efface. Dans ce long adieu qui clôt cette grande symphonie, le silence devient la dernière et la plus parlante des notes. 
Quelques secondes de silence à la fin de la symphonie ont été respectées. Ce silence a rempli l’espace, s’est imposé bruyamment. S’en est suivi une ovation bien sentie.

Crédit photo: Gabriel Fournier

fado

Mariza | L’étoile du Fado à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Pour le plus grand plaisir du public montréalais et de la communauté portugaise, la grande fadiste Mariza fait son retour à la Maison symphonique pour un concert attendu depuis plus de huit ans. Icône de la musique lusophone du XXIᵉ siècle, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus puissantes et les plus émouvantes de la scène internationale. Depuis Amália Rodrigues, peu d’artistes portugaises ont connu une carrière internationale aussi brillante. Mariza s’est illustrée sur les scènes les plus prestigieuses du monde, recevant les éloges de la critique et accumulant de nombreuses distinctions internationales. Née au Mozambique et élevée dans la Mouraria, quartier historique de Lisbonne intimement lié à la naissance du fado, Mariza grandit dans un univers où les voix, les guitares et les récits de vie façonnent l’âme de cette musique. Très tôt, elle s’approprie cet héritage et le projette dans une dimension universelle. Dotée d’une voix exceptionnelle et d’un charisme naturel, elle conquiert d’abord Lisbonne avant de devenir rapidement un phénomène international. Depuis plus de deux décennies, Mariza parcourt les grandes scènes du monde, de l’Amérique du Nord à l’Asie, de l’Europe à l’Amérique latine, emportant avec elle l’âme et la sensibilité du Portugal. Sa carrière remarquable compte plus de cinquante disques de platine, plusieurs nominations aux Grammy Awards et une reconnaissance critique qui la place parmi les grandes voix de la musique du monde. Héritière de la tradition du fado, tout en regardant vers l’avenir, Mariza incarne une vision vivante de ce patrimoine musical. Sur scène, sa présence et la profondeur de son interprétation transforment chaque concert en une expérience rare, où l’émotion du fado se partage dans toute sa vérité.

To the great delight of Montréal audiences and the Portuguese community, the celebrated fadista Mariza returns to the Maison Symphonique for a concert eagerly awaited for more than eight years. An icon of 21st-century Lusophone music, she has established herself as one of the most powerful and moving voices on the international stage. Since Amália Rodrigues, few Portuguese artists have enjoyed such a brilliant international career. Mariza has graced the world’s most prestigious stages, earning critical acclaim and receiving numerous international awards and distinctions. Born in Mozambique and raised in Mouraria, the historic Lisbon neighbourhood closely linked to the birth of fado, Mariza grew up in a world where voices, guitars, and stories of life shaped the soul of this music. From an early age, she embraced this heritage and carried it into a universal dimension. Gifted with an extraordinary voice and natural charisma, she first captivated Lisbon before quickly becoming an international phenomenon. For more than two decades, Mariza has performed on the great stages of the world, from North America to Asia, from Europe to Latin America, carrying with her the soul and sensibility of Portugal. Her remarkable career includes more than fifty platinum records, several Grammy Award nominations, and critical recognition that places her among the great voices of world music. Heir to the tradition of fado while resolutely looking toward the future, Mariza embodies a living vision of this musical heritage. On stage, her presence and the depth of her interpretation transform every performance into a rare experience, where the emotion of fado is shared in all its truth.

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classique occidental / période classique

Faust, Labadie et l’OSM | Hommage aux classiques viennois

par Alexandre Villemaire

L’Orchestre symphonique de Montréal accueillait deux fortes personnalités musicales pour son concert du 8 octobre. Bernard Labadie, éminent spécialiste du répertoire baroque et classique, ainsi que la violoniste allemande Isabelle Faust étaient réunis sur scène pour présenter un programme mettant de l’avant l’esprit classique viennois. Et quoi de mieux pour exprimer cet esprit viennois que deux des compositeurs emblématiques de cette période, que ce soit par leur énergie et leur empreinte stylistique, que Joseph Haydn et Ludwig van Beethoven.

Le premier se classe aisément parmi les plus importants et influents compositeurs du XVIIIᵉ siècle, notamment à cause de sa longue vie – il est mort à 77 ans – et par sa personnalité joviale. Tout dans la musique de Haydn est extrêmement imagé et vivant, même dans les passages les plus dramatiques. Plusieurs surprises attendent l’auditeur au tournant d’une phrase musicale. Le deuxième a également marqué durablement le monde de la musique par sa fougue et en étant la porte d’entrée du romantisme dans l’histoire de la musique.

En ouverture, les musiciens de l’OSM ont présenté la Symphonie nº 103, sous-titrée Roulement de timbales ainsi nommée à cause de la présence et de l’entrée très caractéristique que le compositeur donne à ceux-ci. Après un roulement tonitruant, le premier mouvement s’ouvre avec un Adagio qui cite l’hymne grégorien du Dies Irae. Ce matériel thématique est repris fidèlement par le compositeur qui le modifie légèrement en y insérant des accords dissonants et des lignes mélodiques sirupeuses aux cordes. Le deuxième mouvement, oscillant entre cérémoniel et marche au caractère ironique, exemplifie bien le côté humoristique d’Haydn. Le troisième mouvement met de l’avant des échanges sublimes entre les cordes et les bois dans un affect de fanfare légère. Le Finale de la symphonie expose une variété de couleurs dans différents matériaux qui évoluent vers une fin en apothéose.

C’est notamment dans ce mouvement que l’on peut apprécier les caractéristiques du langage de Haydn, tels les brusques changements de dynamiques qui traversent le mouvement. Des dynamiques et des affects que Labadie maîtrise avec aisance et clarté et où il donne l’espace à l’orchestre pour s’exprimer.

Même si le nom de Beethoven est fortement associé à la période romantique, c’est dans le style du classicisme viennois que la musique de l’impétueux musicien de Bonn s’exprime. Connu pour son fort tempérament et sa fougue émotionnelle qu’il transposait en musique, Beethoven adopte ici dans son unique concerto pour violon un discours plus optimiste au caractère léger, mais conservant une intensité de ligne. Dotée d’une « clarté, d’une profondeur audacieuse et d’une brillante technique » (San Francisco Classical Voice), Isabelle Faust épouse les contours du son de l’orchestre et offre des envolées dramatiques maitrisées et sonores. À la première écoute du premier mouvement, nous avons été saisis par ces qualités de la musicienne, mais également par l’approche très technique de son interprétation où l’expressivité des lignes, quoique parfaitement exécutée et fière, paraissait froide. C’est dans les deuxièmes et troisièmes mouvements – tous deux enchainés – que l’expression et la qualité du jeu de Faust nous ont happés. Le lyrisme et la douceur du Larghetto évoquaient un caractère noble et majestueux alors que le Rondo final, avec ses multiples idées thématiques et son jeu de textures orchestrales, est venu mettre un point final lumineux à cette soirée.

Outre la qualité de l’interprétation, l’autre spectacle engageant qui se déroulait devant nos yeux était la communication, la complicité et le plaisir qui émanaient de l’interaction entre Faust et Labadie pendant cette prestation. Toujours en contact, répondant aux intentions, aux directions et aux inflexions de phrases par communiqué, le duo a donné un relief vivant à ces œuvres. Ils ont ainsi créé un espace d’expression où intimité et plaisirs d’écoute étaient réunis.

crédits photo : Gabriel Fournier

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