Il y a eu beaucoup de très bonnes découvertes pop cette année, et Friend de james K en a fait partie. J’ai beaucoup écouté NTS depuis l’investissement de Spotify dans l’IA et autres bêtises, et chaque fois que james K apparaissait dans un mix, ça apportait un vent de fraîcheur, une zone où elle seule semblait contrôler la météo sonore le temps d’une pause légère.
La différence avec beaucoup de ce que j’écoute, c’est que non seulement la voix de Jamie Krasner est très présente, mais c’est elle qui guide la musique, que ce soit par une mélodie chantée ou par des échantillons de sa propre voix. Certaines pièces plongent davantage dans le shoegaze et laissent l’instrumental prendre de l’ampleur, sans jamais s’éloigner du fil conducteur vocal.
Ce qui est frappant, c’est la façon dont les effets électroniques révèlent des changements d’univers nets, comme dans un jeu vidéo qui fait défiler plusieurs histoires dans un même monde. C’est un univers patchy, très marqué par son approche collage : chaque chanson possède un arrangement précis, contrasté et texturé. L’album ne laisse que très peu de place au silence, préférant maintenir les émotions en suspens dans un mouvement continu.
La guitare y est aussi très présente : noyée dans la reverb, elle enveloppe la voix avec une ampleur presque cinématographique, portée par les collaborations qui colorent subtilement la production alt indie. Ce mariage entre dream pop et électronique shoegaze offre une variété étonnamment naturelle, où les idées lourdes restent toujours en vol, soutenues par le flou et la propulsion.
Contrairement à ses albums précédents, entièrement autoproduits, on sent ici que l’artiste new-yorkaise expose ses forces avec plus de lumière, d’élan et de plaisir, comme si elle ouvrait la porte de son royaume privé pour nous laisser en observer les fragments, sans jamais en perdre le contrôle.























