Le choix du duo a été de présenter ce projet une première fois lors d’une séance d’écoute dans l’Église Saint-Denis: un geste trop rare, mais essentiel. Un album mérite parfois un contexte scénographique. Offrir des détails au public, guider l’écoute, nommer les intentions : ce sont des attentions qui déplient les sens, qui rendent l’expérience plus vaste, plus incarnée.
Pour moi, ECDYSIS est un album d’hiver qui annonce les tempêtes, celles qu’on affronte autant dans le corps que dans l’esprit. Il parle de patience, de persévérance, de résistance silencieuse. Dès l’ouverture, l’entrelacement des voix agit comme un avertissement, un rituel préparatoire : on dirait qu’elles nous accordent aux fréquences internes, aux pulsations cérébrales et aux paysages sonores qui suivront. Comme dans un film où le décor s’installe avant le drame, le son devient matière, texture, espace mental.
La production joue avec les niveaux d’intensité, il y a des rafales, des directions contradictoires, une imprévisibilité qui évoque les bourrasques hivernales, le vent qui désoriente mais sculpte tout sur son passage. L’écoute devient presque cinématographique. Les trois premières pistes, volontairement éclectiques, ouvrent plusieurs portes, brouillent les repères, testent l’oreille. Puis arrive la quatrième, la plus longue et la consistance au cœur du chaos. C’est là que la tempête révèle son intention. Un combat se déclare, mais un combat solennel, intérieur. Pas un affrontement spectaculaire plutôt un moment où l’on doit rester droit, grave, déterminé, tenir la posture jusqu’au bout de l’action, jusqu’au bout du sens.























