Après avoir enflammé les pistes de danse avec leur petit dernier BREAD sorti en 2024, Sofi Tukker récidive avec son alter-ego tout en douceur et en rythmes brésiliens. Dans butter, ils réinterprètent majoritairement les chansons et offrent leur contrepartie acoustique. Véritable ôde à la culture brésilienne, l’album est rempli de bossa-nova, de samba et d’un savant mélange de styles, ce qui en constitue la signature. Près de 10 ans à concevoir et à produire auront été nécessaires pour y parvenir. Ayant enregistré au Brésil, le duo a invité en studio plusieurs artistes (Silva, Ral et Seu Jorge entre autre) et misé sur un angle plus mélodique et peut-être un peu plus sage de son évolution musicale.
Dans la nouvelle version de Hey Homie (butter version), la guitare classique et les maracas nous mènent vers les cuivres rayonnants. On y retrouve Silva avec une touche d’autotune qui nous rappelle que la ville n’est pas loin. Sur BREAD, on nous offre un magnifique hybride entre culture brésilienne et jazz, voix chaude de Seu Jorge à l’appui. Sophie nous gâte de mélodica sur Jacaré, elle nous transporte dans les rues agitées du Brésil et la lambada qui pourrait y jaillir, alors que Veneno est une samba féminine qui mélange habilement la musique du Parà avec Mari Merenda et Sophia Ardessore. Suit le duo sensuel et rythmé avec Liniker sur Intensity où les amoureux transis se flirtent, se répondent, se superposent et se suivent sur fond de mélodie sifflée. Cafuné est une pièce axée sur les percussion où la voix de Channel Tres et les touches électro bien dosées viennent s’ajouter. Spiral relate la fin d’une histoire sans amertume, où les chemins se séparent sur rythme bossa nova. Perfect Someone s’ouvre à la manière d’un vieux film, l’accordéon et les violons prennent ensuite leur envol dans une évolution musicale intéressante non sans rappeler Gotan Project. La version Butter de Throw Some Ass conserve la partition originale de guitare mais l’étoffe d’une impressionnante fusion de genres. Enfin, Guardian Angel nous laisse sur un jam jazzy. La voix de Gosh Tucker fait le pont avec la dernière pièce, une collaboration avec The Knocks intitulée Brazilian Soul.
Avec cette contrepartie, le duo finit de démontrer qu’il peut faire n’importe quoi. Comparable à la fois aux meilleurs de Bet.e and Stef tout en restant inclassable, cet hybride pourrait devenir un incontournable s’il n’était pas si difficile à caser. Un hommage vibrant, original et réussi à la culture brésilienne. Tout comme leurs titres le démontren, ces albums s’accompagnent aussi délicieusement que pain et beurre.























