Le vent dans les voiles, promu par les plus grands de l’industrie, Pop Smoke aspirait à redorer le blason brooklynois et à régner sur le rap américain. Le destin en a voulu autrement. Il a été assassiné en début d’année par quatre cambrioleurs dans sa luxueuse maison de Los Angeles. Prévoyant sortir son premier album studio incessamment, le rappeur new-yorkais âgé de 20 ans a laissé à son label une quantité importante de chansons. Quelques mois plus tard, ce très attendu opus voit le jour, non sans embûches. Première version de la pochette rejetée, titre critiqué pour sa connotation sirupeuse, date de sortie retardée, même les planètes semblaient s’être liguées contre Shoot for the Stars Aim for the Moon. Comptant sur le légendaire 50 Cent comme producteur exécutif, l’album parvient à rendre justice au talent impressionnant de Pop Smoke. Cependant, cette œuvre rap posthume est diluée dans une surabondance de collaborations, parfois répétitives, le tout devenant un ensemble peu homogène de 19 morceaux. Pionnier du drill, sous-genre du trap popularisé à Chicago et New York, le défunt rappeur brille dans ses changements soudains de flow et ses couplets chantés sans jamais se faire voler la vedette par les superstars invitées. Aussi long que son titre, l’album accumule les sons lourds et les hymnes à l’épicurisme, la spécialité de Pop Smoke. Ce serait toutefois un piège de ne s’attarder qu’à la superficialité de l’œuvre, alors que celui-ci est devenu un symbole important pour la jeunesse new-yorkaise défavorisée. En réalité, les grandes faiblesses de l’album résident dans les décisions prises par le label, qui a étiré le produit final indûment pour rentabiliser le décès de Pop Smoke au maximum. Une version « de luxe » est même déjà prévue…
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