L’écosystème musical électronique montréalais accueille un nouveau joueur, l’étiquette Secret Knowledge, cofondée par S Y L A et Inocent, DJs bien connus de l’underground techno local. Le confinement a permis à ces passionnés de concrétiser un projet de label numérique électro, plutôt orienté techno « à l’européenne » (plus rentre dedans), qui fait le pont entre le Québec et la France. Les artistes sont originaires des deux bords de l’Atlantique et le matriçage a été fait à Nice, dans le sud de l’Hexagone. Inspirés par leur fascination pour l’Histoire, les complices décident de se lancer avec une compilation-concept. Les cinq producteurs (il est dommage qu’aucune femme ne soit présente) réunis pour le projet ont dû sélectionner un thème en lien avec les mythes et les légendes de l’humanité parmi les dix qui leur ont été proposés. Autrement dit, de la musique à programme, version électronique. Into the land of Sumentaa, de Black Noise, plus expérimentale que le reste des propositions puisqu’elle n’est pas en rythme 4/4, ouvre l’album en terres finnoises. Les nappes des chœurs angéliques réverbérés sur Divine intervention, de S Y L A et Inocent, nous transportent ensuite dans une ambiance ecclésiastique. S’il y a un sujet qui nous fascine depuis des siècles, c’est bien celui des voyages dans le temps, qu’exploite avec maestria URUBU, habitué des compositions cinématiques, sur Time machine. Avec Noworldorder, Lowel nous fait pénétrer dans le monde des sociétés secrètes. Enfin, sur Alchemy, nous partons à la recherche de la pierre philosophale en compagnie de KORVN. Ces deux dernières compositions confirment le retour en force de l’esthétique de la techno et de la trance des années 2000. Comme il s’agit d’une première expérimentation, on peut à coup sûr affirmer que les prochaines sorties Secret Knowledge seront à surveiller.
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