Dandy français à la voix suave, Sébastien Tellier offre de nouvelles chansons gorgées de sensualité, de nuances, de théâtralité. Huitième album chargé de 12 titres, Kiss the Beast, s’est entouré de SebastiAn et Oscar Holter pour ainsi s’exprimer sous un angle plus intime mais toujours aussi frais. Il a trouvé la beauté à travers les thèmes de la masculinité, du nouveau romantisme et de la dualité rassemblés par une seule question: « Animal ou humain? ».
La chanson titre pose d’emblée que la suite de l’écoute sera une épopée musicale avec ses synthétiseurs aériens, sa basse groovy et une voix autotunée, non sans rappeler AIR. Cette ouate nous entraîne par une transition atmosphérique vers la tendre Naïf de Cœur, actualisant son crooning avec du slap-delay et de la synth bass. « Tout est si beau les gens s’aiment c’est génial/Mais moi j’ai mal, mais moi j’ai mal », voilà qui exprime bien le travail de contraste, omniprésent dans la fusion des styles et du propos.
Synth pop aux cordes disco, Refresh met en relief un phrasé saccadé de la voix, réinvention rafraîchissante des années 80. Très chargée, Mouton accumule les notes de piano jazz et les couches de voix/pensées (verres de scotch) pour en faire une pièce de théâtre torturée, échantillons de bêlements et de violons feutrés inclus.
Arrive l’attendue rétro dance Thrill of the Night, parfaite pour la piste du Studio 54, imprégnée du swag proverbial d’un digne héritier de Gainsbourg, donnant son envol à la mélodie, à la voix de Slayyyter ou à la partition du célébrissime guitariste Nile Rodgers.
Au milieu de l’album, l’interlude instrumentale Romantic agit comme une pause apaisante entre les deux sections nous rappelant que Tellier fait aussi beaucoup dans la composition à l’image récemment.
La minimaliste Parfum Diamant ouvre la deuxième moitié, à mi-chemin entre la synthwave et Fauve, et nous emmène à la nu-disco Copycat, où l’artiste met en musique un vol d’identité à travers des arrangements vibrants et des couches de voix susurrées au diapason des synthés.
La ballade Animale pave dramatiquement la voie jusqu’à Amnesia, où l’artiste explore la dépendance affective épaulé par le flow hypnotique de Kid Cudi, rappeur avec qui il partage un long voyage de guérison personnelle.
Il confie ensuite un retour sur lui-même à travers Loup, où il se compare à une bête de fête sur fond de guitare flamenco devenant cinématique, et clôt avec Un dimanche en famille, nous laissant suspendus avec l’essentiel. L’artiste redéfinit une fois de plus la pop française avec originalité, arrangements inspirés et une masculinité vulnérable.























