Il y a toujours un sentiment d’angoisse imminente dans l’œuvre de Perturbator, et cela reste vrai dans son sixième album, Age of Aquarius. Et bien qu’il s’agisse toujours d’un paysage sonore futuriste glacial et oppressant, c’est son œuvre la plus expérimentale à ce jour, où il s’essaie au shoegaze, à la cold wave, au goth rock et, brièvement, au black metal sur le gigantesque morceau titre qui clôt l’album, en featuring avec les dieux français du blackgaze, Alcest.
Je m’attends toujours à avoir l’esprit en ébullition lorsque j’écoute un nouvel album de Perturbator (James Kent) ; une musique qui convient parfaitement à une séance d’entraînement personnelle à 1 heure du matin ou à une ambiance chaotique. Si je recherche une avalanche constante de basses percutantes et de synthés macabres, je revisite ses premiers albums, Dangerous Days ou The Uncanny Valley. Si je recherche quelque chose de vraiment sombre et maléfique (ce sentiment me prend de temps en temps), je mets New Model et j’ajoute quelques morceaux de ses potes, Carpenter Brut.
De retour à Age of Aquarius, cet album compte plus d’invités vocaux que tout autre travail de Perturbator, et ceux-ci influencent vraiment la nature expérimentale que Kent souhaite clairement explorer. On retrouve Kristoffer Rygg d’Ulver sur le très dramatique « Apocalypse Now », fusion géopolitique, Author & Punisher, figure de proue du drone metal, sur « Venus » (probablement mon morceau préféré), et Greta Link sur « Lady Moon », sa deuxième collaboration avec Kent. Ces voix sont toutes exemplaires et rehaussent vraiment les accords de synthé horrifiques et les basses funèbres de Kent. C’est un album pour les anciens fans de Pertubator comme pour les nouveaux, mais bon sang, après avoir écouté le morceau de clôture, plus lourd que le péché, j’ai juste envie qu’il fasse un album entier de synthé black metal. Cela reste néanmoins un excellent album à ajouter à son grimoire électronique.























