Pays : Chili / Mexique Label : Sony Genres et styles : jazz / jazz latin / pop Année : 2025

Mon Laferte – Femme fatale

· par Michel Labrecque

Mon Laferte, de son vrai nom Norma Monserrat Bustamente Laferte, est une chanteuse qui se réinvente sans arrêt. La Chilienne issue d’un quartier populaire vit maintenant au Mexique. Elle embrase l’Amérique Latine au grand complet, y compris les expatriés d’ici, qui ont rempli la Salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts au FIJM en juillet. 
Son album précédent, Autopoéitica, était un mélange de reggaeton, de folk, de salsa et d’électronique. Femme Fatale, sa neuvième offrande, nous amène dans une musique plus orchestrale, un peu à l’image de sa nouvelle compatriote, Natalia Lafourcade, dans son album Cancionera.

Mon Laferte a débuté comme une rockeuse et guitariste. Elle a fait partie d’un groupe chilien heavy metal. Graduellement, son répertoire s’est élargi: la petite femme tatouée a embrassé beaucoup de styles latins, mais aussi américains, comme le folk et le tex-mex. Mon Laferte décide où elle va et se rend parfois dans des zones où vous ne l’attendez pas.

Dans Femme Fatale, on se sent parfois dans un cabaret, avec un orchestre latino rempli de cuivres et de cordes. Mais pas que: sur 1:30, nous sommes dans un jazz savant ponctué d’un texte récité qui nous parle d’industrialisation et d’histoire. Il y a beaucoup de jazz dans cet album, mélangé avec des percussions et styles latins de tous genres. 
Et la voix de Mon Laferte est de plus en plus mature à chaque album. Ici, elle est en plein contrôle et son registre s’élargit. Elle est devenue une « pleureuse » comme beaucoup de chanteuses mexicaines. La llorona, ça vous dit quelque chose, quand Lhasa De Sela avait repris la chanson de Chavela Vargas.

Femme Fatale est aussi une exploration parfois satirique de la condition féminine. Mon Laferte peut avoir l’air vêtue comme une prostituée sur la pochette et dans les vidéos, mais il faut l’appréhender dans une posture féministe. Ce que Mon Laferte est. Connue pour ses prises de position en faveur de l’avortement, les LGBTQ et les défavorisés dans son Chili natal, de même que dans son Mexique adoptif.

Cet album nous fait aussi un cadeau: on l’entend harmoniser avec Natalia Lafourcade et Silvana Estrada, qui s’appelle My One And Only Love, chantée partiellement en anglais.

Et si les trois décidaient de faire un disque ensemble? On peut rêver…

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