L’année 2025 a été particulièrement riche pour les auteures-compositrices-interprètes mexicaines. On se souvient notamment de « Cancionera » de Natalia Lafourcade, « Vendrán Suaves Lluvias » de Silvana Estrada et « Femme Fatale » de Mon Laferte. Toutes auraient pu figurer parmi mes artistes préférées. Elles étaient toutes à Montréal en 2025. Comment choisir ? Finalement, le choix a été facile. Elles chantent ensemble sur un titre de l’album de Mon Laferte. Cela me permet de rendre hommage à ces fabuleuses chanteuses et compositrices féministes qui incarnent à merveille la culture latino-américaine.
Mon Laferte, de son vrai nom Norma Monserrat Bustamante Laferte, est une chanteuse qui se réinvente sans cesse. Originaire d’un quartier populaire chilien, elle vit désormais au Mexique et fait sensation en Amérique latine.
Mon Laferte a débuté comme rockeuse et guitariste. Elle faisait partie d’un groupe de heavy metal chilien. Peu à peu, son répertoire s’est élargi : cette femme menue et tatouée a adopté de nombreux styles latins, mais aussi américains, comme le folk et le tex-mex. Mon Laferte est maîtresse de son destin et s’aventure parfois dans des univers inattendus.
Dans Femme Fatale, on a parfois l’impression d’être dans un cabaret, avec un orchestre latin riche en cuivres et en cordes. Mais ce n’est pas tout : à 1 min 30, on se retrouve plongé dans un morceau de jazz sophistiqué, ponctué d’un texte récité évoquant l’industrialisation et l’histoire. Le jazz est omniprésent sur cet album, mêlé à des percussions et à des styles latins de toutes sortes.
Et la voix de Mon Laferte s’affine à chaque album. Ici, elle la maîtrise pleinement et son registre s’étend. Elle est devenue une chanteuse à la voix puissante, à l’instar de nombreuses chanteuses mexicaines. La Llorona, cela vous rappelle quelque chose, quand on sait que Lhasa de Sela a repris le titre de Chavela Vargas ? Femme Fatale est aussi une exploration parfois satirique de la condition féminine. Mon Laferte peut sembler être une prostituée sur la pochette et dans les clips, mais il ne faut pas prendre cette image avec des pincettes. Mon Laferte est reconnue pour son engagement en faveur du droit à l’avortement, des droits LGBTQ+ et des personnes défavorisées, tant dans son Chili natal que dans son Mexique d’adoption. En attendant sa prochaine transformation, savourons cette version de Femme Fatale.























