Michel Rivard a contribué à l’invention d’une musique pop-rock authentiquement québécoise. Mais il a aussi toujours tendu vers l’universel. Avec Après, on va où?, il atteint l’universel et interpelle l’univers.
Treize chansons, quarante-neuf minutes. Beaucoup de guitare acoustique, de multiples cordes et vents et beaucoup de mots, soigneusement choisis et pesés. Des textes qui peuvent avoir plusieurs sens, selon l’interprétation qu’on en fait. C’est ça, l’universalité.
Par exemple: la pièce titre ne traite pas uniquement de la mort. Elle s’interroge tout autant sur la vie et ses failles avec de magnifiques phrases: Il est question d’une âme en pyjama, entre autres.
Il y a de jolis titres, intrigants: À l’ombre dans le désert, la fabrication des fleurs sauvages, Sous quelques lignes d’Apollinaire.
La guerre est finie est une formidable métaphore sur la guerre et son impact dévastateur sur les âmes. Les gens que j’aime décrit la société telle que Rivard la souhaite, ouverte et humaniste.
Toutes les chansons ont d’abord été composées avec voix et guitare. C’est par la suite que Rivard a demandé à François Richard d’arranger le tout. Le résultat est excellent. Nous sommes, la plupart du temps dans une douceur, parfois enrobée de cordes et de cuivres, parfois de presque rien à part les guitares qui sonnent très bien. Très peu de percussions. Cet album est une méditation sur l’humain et le monde qu’il a fabriqué, pour le meilleur et pour le pire.
Est-ce le meilleur des dix albums solos de Rivard ? Je ne suis pas loin de le penser. Mais avec une discographie aussi riche, je ne me risquerai pas à le proclamer.
Au moment où Michel Rivard s’apprête à partir en tournée pour Après, on va où?, à l’âge de 74 ans, ses deux premiers disques, Méfiez-vous du grand amour (1977) et De Longueuil à Berlin (1979) reparaissent en version remasterisée. Il y a, particulièrement dans le second, des chansons formidables comme Le retour de Don Quichotte et La Chanteuse.
C’est aussi une occasion de constater à quel point Rivard a épuré ses textes en près de cinq décennies. Chapeau monsieur!























