« Melissa Aldana est une des saxophonistes les plus originales de la planète, tout sexe confondu », m’a affirmé le trompettiste d’origine Brésilienne, João Lenhari, également professeur à l’Université de Montréal, dans une entrevue, à l’automne 2025.
João a accueilli Melissa Aldana chez nous pour un concert avec le Big Band de l’université, lors duquel elle s’est montrée très généreuse. J’étais là pour le constater.
La saxophoniste ténor d’origine chilienne fait paraître Filin, un album de balades cubaines d’une grande subtilité. Nous nous faisons bercer par quatre musiciens, dans une douceur exquise, empreinte d’émotions et d’intelligence. C’est un pur délice, en cet hiver qui n’en finit pas de finir.
La plupart des pièces sont des standards cubains des années 40 à 60, à cette époque où Cuba était dominé par les États-Unis. On y trouve aussi deux compositions brésiliennes, de feu Hermeto Pascoal et de feu Cartola.
Certes, cet album est moins innovant que les précédents de Melissa Aldana. Mais, dans Filin, la balade classique est sublimée.
Le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba, connu pour ses grandes envolées, se fait plus discret qu’à l’habitude, mais ses accompagnements sont brillants. Kush Abadey à la batterie est tout en cymbales et balais, Peter Washington à la basse soude le tout.
Et Melissa Aldana ? Son saxophone ténor susurre, chuchote, respire, argumente délicatement. J’ajouterais que, parfois, sa sonorité évoque une pièce de viande, qui grille doucement dans son jus, dans un churrasco des Andes. Ça grésille. Ce son est juste fabuleux pour mes oreilles.
Comme dessert, nous avons droit à deux chansons, interprétées en espagnol par la flamboyante Franco-Haïtienne-Américaine Cécile McLorin Salvant. Sa voix s’ajoute brillamment à cet ensemble impeccable.
Melissa Aldana, qui vit maintenant aux États-Unis, nous fait encore une fois la preuve de sa capacité d’intégrer le jazz avec les influences et saveurs d’Amérique Latine. Et ça se poursuivra sans l’ombre d’un doute.
Régalez-vous !























