Après une absence de quatre ans depuis son dernier album Ancient Dreams in a Modern Land, l’artiste Gaulloise Marina Lambrini Diamandis nous revient en Juin 2025 avec Princess of power, album via lequel elle nous présente son nouveau personnage. Clairement de la même famille que son précédent d’Electra Heart. Un retour aux sources musical qui marque une volonté d’indépendance, étant le premier album à paraître sous son étiquette Queenie Records. Écrit et coproduit avec l’Américain CJ Baran, ce sixième opus nous plonge dans un univers disco-synth-pop rempli d’émotion, d’autoaffirmation et d’autonomisation. L’artiste confie d’ailleurs l’avoir créé comme un réapprentissage de l’amour.
Le cours débute avec la chanson thème Princess of power, qui place tout de suite les sonorités inspirés de son mélange: années 70 et europop. La chanteuse nous y raconte sa désillusion tout en restant résolument optimiste – « I’ve been hurted by those who were supposed to treat me right but love is my design ». Sur le même ton, on retrouve un peu plus loin I <3 you qui confirme cette direction rappelant à la fois le travail récent de Dua Lipa et ABBA.
Vient ensuite le thème de la reprise du pouvoir personnel, exposé dans Butterfly – « Too bad you’ll never see, the colors inside of me », Cupid’s Girl, Digital Fantasy, joli clin d’œil à l’euro-pop avec ses lasers et ondes soniques, Final Boss et la plus audacieuse d’entre toutes Cuntissimo, qui ouvre sur une mesure rappelant le tango pour ensuite évoluer vers de l’électro-beat où on laisse les messages vus sur fond de violons et de synths à texture italienne avec un visuel aristo-éclaté en accompagnement.
Par la bande, des chansons plus légères et humoristiques parcourent l’album comme Rollercoaster, où l’artiste énumère toutes les choses folles qu’elle aimerait faire, et absurdement, Everybody Knows I’m Sad, sur laquelle elle nous confie avec autodérision « Maybe I’m not build for this kind of connection/Why is it so hard to let myself get close » dans une envolée vocale menant à un des refrains les plus entraînants de l’album.
Voilà qui nous rappelle ce côté plus accessible et amusant de Marina, qui a toujours été présent dans sa direction. Enfin, les chansons suivantes nous offrent de beaux moments de sincérité et de poésie; Je ne Sais Quoi, rêverie inspirée d’un bel étranger aux arrangements proches de certaines Bond Songs; Hello Kitty, une candide sonate à la guitare pour nouvel amoureux; Metallic Stallion, la chanson la plus lente et sombre de l’album avec ses cloches tubulaires et sa mélodie mélancolique; Adult Girl, une magnifique ballade introspective au piano texturisé livrant la perspective d’une femme-enfant « Try my best to act my age but the child inside won’t behave/She wants to scream and cry and rage and who am I to dig her grave »
En somme, ce bouquet de 13 chansons remplies d’espoir, d’audace, de beaux clins d’œil, de progressions vocales délicieuses, d’ad-lib inspirés et de production léchée, vaut le détour. Certains, ai-je lu, considèrent que cet album manque de risque et de surpris… Je trouve au contraire que Marina s’y met en danger, tout en étant capable d’effectuer habilement un retour aux sources, un retour à ses forces musicales. Peut-être pas son meilleur, mais définitivement parmi les plus intéressants.























