Il faut beaucoup d’assurance et de créativité pour concevoir une trilogie d’opus constante et évolutive. Avec le troisième et ultime – du moins, pour le moment – volet de Man On The Moon, Kid Cudi justifie son renom. Quelque onze années ont passé depuis la publication du premier chapitre de MOTM, qui contient les hymnes Pursuit of Happiness et Day ’N’ Nite. On ne retrouve peut-être pas de morceaux de ce calibre sur MOTM3, il s’agit toutefois d’une épopée de 18 chansons où Scott Mescudi livre des textes lourds sur des instrumentaux énormes. L’influence de Travis Scott se fait bien sentir par une utilisation parcimonieuse de l’Auto-Tune et de passages improvisés dynamiques (yeah !). Cudi ne renie cependant pas son ADN ni sa marque de commerce, ses enivrants fredonnements, annonciateurs sur les excellentes Solo Dolo III et Tequila Shots. L’artiste de Cleveland est reconnu pour ses prises de risque, ce qui lui a parfois attiré les foudres des critiques. Il semble avoir tiré des leçons de l’époque de Speedin’ Bullet 2 Heaven, ce piètre album pop-rock publié en 2015. Mise à part la tentative maladroite d’échantillonner The House of the Rising Sun sur Elsie’s Baby Boy (flashback), Cudi demeure dans sa zone de confiance sur MOTM3 et on s’en réjouit. Les collaborateurs invités se fondent bien dans l’œuvre ; Pop Smoke et Skepta ajoutent leur sauce drill et grime sur Show Out, tandis que Phoebe Bridgers est naturelle sur Lovin’ Me. À la mi-décembre, Kid Cudi publie in extremis l’un des événements hip-hop de l’année, dont tout amateur du genre pourra se régaler.
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