Plus de vingt-cinq ans après avoir été mise sur une tablette pour ne pas ombrager le succès phénoménal de son album source Ray of Light, la collection de remixes tout droit sortis de l’euphorie de la fin des années 90 tant espérée par les fans voit le jour.
En juillet 2025, Madonna dévoilait Veronica Electronica, ainsi nommé en raison de son alter-ego né durant la création en studio, inspiré par l’idée d’un « trippy DJ set performed in an underground club ». L’album, conçu en collaboration avec des légendes de l’ère dance comme Sasha, BT, William Orbit, Victor Calderone et Peter Rauhofer, est un voyage nostalgique avec une vision fraîche, au moment parfait où Lady Gaga, Charli XCX, et Dua Lipa viennent de relancer les remixes.
À travers 8 chansons, dont 2 exclusives avec Rick Nowels, Madonna nous démontre qu’elle n’a jamais fini de dévoiler de nouveaux tours en nous offrant cette fois non pas quelque chose de nouveau mais quelque chose de précieux : un coup d’œil dans l’un des plus grands esprits pop que ceux n’ayant pas connu le triomphe de Ray of Light pourraient avoir de la misère à comprendre.
Le retour dans le temps s’amorce avec Drowned World/Substitute for Love (BT & Sasha’s Bucklodge Ashram New Edit), une extension plus légère et chaleureuse de l’originale qui nous entraîne dans un rave acid où le trance s’entremêle, loin du trip-hop et de la zone de confort. La réinterprétation de la mythique Ray of Light (Sasha Twilo Mix Edit) suit, par l’un de collaborateurs cruciaux de Madonna durant cette période, nous faisant passer de l’entrepôt désaffecté à la densité émotionnelle avec fluidité.
L’ambiance sonore, beaucoup plus sombre – allo Gesaffelstein – est remplie de synthés lourds, de textures agressives et de rythme effréné rappelant la musique industrielle Berlinoise. On enchaîne avec la dance-house Skin (Peter & Victor’s Collaboration Remix Edit) où Madonna, sur fond de voix flottante, de percussions hypnotiques et de synth bass recherche la sexualité comme échappatoire « Do I know you from somewhere?/Why do you leave me wanting more? ».
Nothing Really Matters (Club 69 Speed Mix Meets the Dub), une pièce au rythme martelant avec abondance de cymbales et de loop vocales, et Sky Fits Heaven (Victor Calderone Future New Edit),dans la veine de Tiesto,m’ont été un peu plus pénibles à l’écoute, même si bien produites, simplement parce que je n’étais pas dans un lounge éclairé par des bulles avec une piste de danse à carreaux dans les années 90, probablement le seul endroit où on aurait vraiment pu s’éclater dessus.
Fracture temporelle inévitable j’ai envie d’écrire. Puis, Frozen (Widescreen Mix and Drums) arrive enfin, avec sa progression mélangeant les influences pop, un passage de cordes impressionnant, les percussions presque tribales et une touche de Bonobo, réussissant à densifier l’intensité de l’originale. Les deux chansons aux côtés de Rick Nowels, The Power of Good-Bye (Fabien’s Good God Mix Edit),une revisite minimaliste drum’n’bass d’une de ses plus grandes ballades qui agit comme une grave victoire s’appuyant plus sur l’émotion que sur les effets, et Gone Gone Gone (Original Demo Version), le démo laissé de côté lors de la sélection de l’album, nous laissant entrevoir la vulnérabilité de l’artiste à son summum de créativité et son expression sans détours, ferment l’album sur le ton d’une intimité privilégiée.
L’album s’avère un portail vers l’une des périodes artistiques les plus prolifiques de la star, nous laissant entrevoir l’effervescence des sessions originales, comme une carte postale d’une autre époque finalement arrivée. Ajoutant une nouvelle dimension électrisante aux chansons devenues classiques, il permet de laisser aller ce passé musical en l’honorant, même si l’architecture de l’album original ayant redéfini la carrière de la star restera imbattable.























