Le Brésilien Lucas Santtana semble avoir adopté l’idée de créer des albums basés sur un thème spécifique. Après O Paraiso, qui traitait abondamment d’environnement, voici Brasiliano, qui parle de langues. On y entend huit langues différentes, dont le français. Ne vous laissez pas tromper: Brasiliano est un jeu de mots entre brésilien et italien. C’est comme ça que les Italiens désignent les Brésiliens.
Pour ce dixième opus, Lucas Santtana est accompagné d’invités pas piqués des vers. Sur la première pièce, A história de nossa lingua, l’octogénaire Gilberto Gil se joint à lui pour une réflexion sur la langue brésilienne, mélange du Portugal, d’Afrique et de langues autochtones, dans un texte magnifique utilisant des mots uniques à cette langue.
Par la suite, apparaissent le rappeur français Oxmo Puccino, la Franco-Brésilienne Flavia Coelho, les Italiens Piers Faccini et Di Martino, les Brésiliens Chico César et le groupe reggae Os Paralemos do Sucesso, l’Espagnole Maria Lado. On entend aussi Cocanha, un duo de Françaises qui chantent en occitan.
Musicalement, Lucas poursuit sa trajectoire qui mélange racines brésiliennes et influences contemporaines. Certains pourraient argumenter que Brasiliano est davantage commercial que les albums précédents. Sauf que Santtana possède une capacité de fabriquer des vers d’oreille accompagnés d’arrangements hyper-sophistiqués, comme dans Eu Ainda te Amo, une magnifique ballade pleine de saudade, ce terme portugais difficile à traduire. Une tristesse bienheureuse ? Un bonheur triste ?
Brasiliano est un hommage aux langues latines qui fait du bien. Avec une musique qui nous procure du plaisir ludique et intellectuel. Un disque qui nous aide à surmonter cette période morbide dans laquelle certains politiciens cupides nous ont plongés.
Aproveite! Profitez-en!






















