Pays : Royaume-Uni Label : Universal Genres et styles : hip-hop / UK-soul Année : 2022

Loyle Carner – Hugo

· par Rédaction PAN M 360

Poésie guyanaise, sphère intime et lame de fond politique : voici la dernière mixture de Loyle Carner. Entre l’échantillonnage gospel (Nobody Knows, du pasteur-musicien T. L. Barrett) et les extraits de poèmes d’activistes, le ton diffère de ses précédents albums. Ce ton s’accorde avec la volonté de regarder ses propres profondeurs, l’obligation de grandir et la paternité qui amène d’autres questionnements, parmi lesquels « D’où viens-je? », « Où vais-je? » et « Qui suis-je? ». Un homme qualifié en anglais de « mixed race », que le français adoucit par le mot « métis », mais que dit-il en réalité ? Dans son regard, c’est une histoire de classe sociale; dans ses oreilles, ce sont les touches noires et blanches du piano (Georgetown, ville dont est originaire le poète John Agard qu’on entend sur la pièce), utiles à la composition d’une symphonie.

L’entrée dans cette atmosphère se fait brute, les voix sont alarmistes et les cymbales incisives, introduisant un son de piano radiophonique que j’associe à l’identité de Loyle Carner depuis ses débuts. Dans son ventre, l’album s’adoucit dans un morceau aux sonorités plus jazz (Homertown), grâce à la voix d’Olivia Dean, à des cuivres lents et à quatre notes au piano. Les bruits de la ville – évoquée par les sirènes d’une voiture de police – et le silence de la nuit sont la berceuse d’un garçon sans père, devenu père et cherchant la magie pour rassurer son fils. C’est finalement le cœur de cet album qui guidera l’ensemble de ses paroles, pointant la condition noire, les crimes à l’arme blanche et, à la fin, l’amour auquel il aspire pour sa famille.

Sur les productions de Kwes avec les samples de Madlib, les morceaux de Loyle Carner semblent simples, en apparence. Son album emprunte à la néo-soul (Plastic) ses contretemps à la batterie, choix logique à mes yeux, au regard d’une critique d’une société matérialiste, animée par le paraître et le synthétique. Le piano reste le fil directeur de son œuvre générale et répond humblement à sa voix d’homme-enfant, dont l’influence UK persiste.

Dans une récente entrevue, il parlait de la nécessité de trouver son identité en dehors des boîtes que l’école peut nous offrir, soulignant la chance d’avoir une mère enseignante spécialisée dans l’aide aux enfants en difficulté. Écrire cet album, c’est peut-être rendre à Jean (sa mère), ce qu’elle lui a offert, et poser les fondations d’une identité à son fils. Cela me dit qu’on trouve des parts d’amour partout, même dans les identités les plus morcelées. Enfin, cela me dit aussi que Benjamin Gerard Coyle-Larner a grandi.

Tout le contenu 360

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

TransQueb – Maelstrom

TransQueb – Maelstrom

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Towo – Vision

Towo – Vision

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné