Pays : Canada / Québec Label : Joy Ride Records Genres et styles : Année : 2025

Loud – Douze sur douze

· par Marilyn Bouchard

Trois ans et demi et revoilà Loud avec un quatrième album aussi intime qu’audacieux. Douze sur douze est un clin d’œil à l’intensité du travail acharné et perpétuel. Entouré à la production par ses acolytes de longue date, Ajust et Ruffsound,, l’album réunit 13 chansons via lesquelles les invités s’enchaînent pour notre plus grand plaisir: Ariane Moffatt, Statzz, Connaisseur Ticaso, Salomé Leclerc et même Barnev apportent leur touche.
Avec nonchalance et autodérision, Loud explore les thèmes de la réussite, de la compétition et du mode de vie propres au rap, il allie aussi plus d’intimité, de profondeur et de vulnérabilité qu’avant. Il nous laisse percevoir la personne derrière le personnage tout en conservant la finesse d’écriture et l’aplomb qu’on lui connaît.
L’écoute débute en douceur avec 1/12, une introduction au clavier synthétisé nous ramenant tout de suite à son atmosphère sonore où il se laisse désirer jusqu’à annoncer d’emblée qu’il a préféré prendre son temps pour la qualité, une vulnérabilité dans la voix laissant entrevoir le ton de la suite : «Dans vie y’a ceux qui commentent pis y’a ceux qui font/Tu peux soit trouver des excuses ou des solutions ».
Splash arrive littéralement comme un vent de fraîcheur célébratoire où l’artiste regarde le chemin parcouru en ne manquant pas de nous servir quelques-unes de ses classiques syllabes saccadées sur le rythme. A Win is a Win emmène cette énergie un cran au-dessus, notamment avec l’ajout de timbales dans les percussions et la voix épique dans les refrains offrant une belle surprise.
Par hasard, un peu rejointe par hasard par Ariane Moffatt en cours de production, est une perle de l’album. La guitare délicieusement dissonante de Joseph Marchand, le piano et la voix délicate d’Ariane ainsi que le texte coup de poing : «Encore un tour de magie, encore un tour de France/Encore au goût du jour, ça doit être mon jour de chance/Encore du mal à croire qu’on en est sorti sains et saufs/Comme quoi des fois le hasard fait bien les choses » culminent en une progression électro franchement trippante.
Signe enchaîne en simplicité avec une ritournelle accrocheuse de guitare sèche, la voix à l’avant-plan et le passage de Statzz nous permettant de bien tendre l’oreille à cette petite voix nous permettant d’avancer malgré le doute. Ensuite, Une chose à la fois vient rendre hommage aux influences rap québécoises ayant forgé l’identité de l’artiste sur une pièce tout droit sortie de la fin des années 90 où scratch, beat boom-bap et Connaisseur Ticaso sont réunis pour un moment de pure nostalgie modernisée.
À ce que je sache prolonge la vibe avec clins d’œil bien sentis aux influences plus psych/vapor, au hi-hat trap et à Roxane Bruneau sur un refrain efficace alors que Lampe magique nous plonge dans une atmosphère suave remplie de dirty bass et de snaps où la créativité des percussions n’a d’égal que l’authenticité de ses rimes : « Hey yo j’ai bougé vers le uptown Jean-Talon/Saint-Denis, tranquille sauf qu’on était six dans un cinq et demi/Chu revenu récemment cut le penthouse des seventies, mid-life crisis va être so mid-century ». Game Time est la tune de notre sport national que Loud se doit d’avoir sur chacun de ses albums et cette fois je l’ai trouvée « short and sweet », positionnée en mi-temps des années 2000.Quelque chose avec la voix chaude de Barnev ouvre la deuxième section de l’album, où Loud manie les formules de séduction déjà-vues avec brillot sur une production funky et remplie de groove sensuel, hommage avoué à Femme Like U. Sans retenue fait l’apologie de sa vision sur un crescendo de cordes intéressant alors qu’Entre nous (avec Salomé Leclerc) nous ouvre une fenêtre sur le côté plus introspectif et vulnérable de l’artiste à travers le récit d’un rêve qui n’existe déjà plus et qu’on poursuit pour se raccrocher à l’illusion, nous offrant quelques lignes bien empreintes d’humanité « Tout le monde dit qu’avec le temps ça devrait moins faire mal/Mais pour l’instant c’est comme le vent ça vient par intervalles ». Enfin, 13/12 nous laisse sur une note plus légère, où remerciements et gratitude se côtoient en une joyeuse finale sur crescendo de violons.
Un album à la hauteur de mes attentes : Loud réussit à y honorer ses racines tout en étant dans l’air du temps, en pleine maîtrise de son écriture, au sein d’une famille en pleine maîtrise de son art. La démonstration est faite, Loud n’est pas prêt de céder le trône.
« A win is a win »!

Tout le contenu 360

Opér’actuel 2026 : Akasha, opéra masala

Opér’actuel 2026 : Akasha, opéra masala

POP MTL 2026 | 3 musts pour le mercredi 23 septembre

POP MTL 2026 | 3 musts pour le mercredi 23 septembre

Opér’actuel | Du deuil naît la création, le cheminement de Rachel Krehm à travers son opéra Come Closer

Opér’actuel | Du deuil naît la création, le cheminement de Rachel Krehm à travers son opéra Come Closer

Mois du Créole 2026 | Rebecca Jean, la « femme-pieuvre » en pleine ascension

Mois du Créole 2026 | Rebecca Jean, la « femme-pieuvre » en pleine ascension

Sarah Davachi – The Will of Tongues

Sarah Davachi – The Will of Tongues

Bruce Liu – Lunaris

Bruce Liu – Lunaris

Un lancement de saison tout étoiles pour Yannick et l’OM

Un lancement de saison tout étoiles pour Yannick et l’OM

POP Montréal,  25 ans de vision artistique et de débrouillardise

POP Montréal,  25 ans de vision artistique et de débrouillardise

thèriot. – the Other

thèriot. – the Other

David Occhipinti – Looking Glass

David Occhipinti – Looking Glass

Un jeune Mahler en majesté pour l’ouverture de saison de l’OSM

Un jeune Mahler en majesté pour l’ouverture de saison de l’OSM

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Andrew Yee – Trans Requiem

Andrew Yee – Trans Requiem

Strat Andriotis – The Wolf Sleeps Alone

Strat Andriotis – The Wolf Sleeps Alone

MOBIO passe de l’ombre à la lumière avec « Passport »

MOBIO passe de l’ombre à la lumière avec « Passport »

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

TransQueb – Maelstrom

TransQueb – Maelstrom

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

POP MTL 2026 | haha, en rigolant jusqu’à la banque

POP MTL 2026 | haha, en rigolant jusqu’à la banque

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné