LA sensation pop californienne à surveiller, Keni Titus, nous arrive avec un premier album rempli de douces contradictions en ce 6 février. L’opus de 10 chansons, AngelPink, aborde la dualité féminine, les émotions brutes et le droit de s’autodéfinir très clairement entre deux cases. Produit par Hudson Pollock, Jake Weinberg et Zach Michel, l’album mélange le folk et l’alt-pop dont l’expérience est comparable à « boire un jus vert en fumant une cigarette ».
Tout d’abord, on démarre tranquillement avec hound dog, guitare sèche et voix raillée, rappelant un peu les premières heures de Soko. Puis, dans hands to myself, les inclinaisons blues se font plus présentes, avec un texture vocale proche de Billie Eilish et un solo de guitare bien senti. Sur in love again, le picking de l’intro nous ramène à Wonderwall pour exprimer la vulnérabilité de l’état amoureux. Arrive le premier signe de démarcation de l’album, man like you, qui aborde avec douceur les doubles standards des genres.
Dans un autre ordre d’idées, leave me out cold marque le tournant rythmique de l’album. Entraînante et cool, j’en ai particulièrement apprécié les ad-lib amusants « so so so so ». Enchaîne baby avec sa teinte résolument country-folk pour nous parler du sentiment de manque sans nécessairement avoir envie de reconnecter. Puis new doll, digne héritière de la pop des débuts de Taylor Swift.
Enfin, off day, l’une de mes préférées de l’album avec ses arrangements angéliques, explore un sentiment de dérive où le temps s’étire et rien n’est bon ou mauvais avec ironie. « I’ll get clean/Maybe fill the swimming pool up with straight chlorine ». I’m a liar sert de confessionnal jusqu’à pretty in pink, mon autre préférée, où les souvenirs amoureux sont accentués par les arrangements de violons pour une finale bien réalisée.
En somme, un premier album rempli de de contrastes, à mi-chemin entre la « clean girl » d’hier et la « messy girl » de demain, où l’on se perd pour mieux se retrouver. Avec grâce et aplomb, Keni trouve la voie de son identité artistique en rentrant à la maison. Hâte d’entendre la suite de son aventure!























