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Pays : France Label : Deutsche Grammophon Genres et styles : classique / trame sonore Année : 2020
Orchestre national de Lyon, direction : Frank Strobel

Kaamelott – premier volet

· par Frédéric Cardin

Les fans de Kaamelott, série humoristique française culte du début des années 2000, attendent avec impatience (le mot est faible) la sortie du long métrage faisant suite à ses six saisons. Cette bande sonore est le premier indice que « ça s’en vient », même si la damnée COVID-19 empêche pour l’instant tout lancement (on s’y est essayé à deux occasions, il a fallu marcher sur la peinture chaque fois. On ne les y reprendra plus !). 

Note : Kaamelott, c’est quoi ? Imaginez l’humour anachronique d’Astérix, mais à l’époque présumée historique du véritable roi Arthur, soit la fin du Ve siècle, juste après la fin de l’Empire romain.

Inutile de vous dire que Kaamelott : premier volet (bande originale du film) est dégusté jusqu’à plus-soif en essayant d’y détecter tout détail un tant soit peu substantiel sur le film à venir. Pas beaucoup de divulgâcheurs, soyez rassurés (ou déçus), à part quelques indices peu conséquents et des éléments qui suscitent plus de questions encore. Excalibur Noire ? Wow !

Cela dit, la meilleure nouvelle est que cette bande sonore est bonne, et surtout, magistralement interprétée par l’Orchestre national de Lyon et enregistrée sous étiquette Deutsche Grammophon, ce qui témoigne du sérieux de l’opération.

Alexandre Astier est un artiste admirable : non seulement a-t-il écrit le film et y joue-t-il, mais il en a composé la musique ! Avouez que c’est d’une rareté exceptionnelle et que ça plane un tantinet au-dessus de Spielberg, Truffaut, Hitchcock et Bergman, non ? Bon j’arrête, avant qu’Astier m’appelle pour me dire de la fermer ! 

Note : si vous ne savez pas ce qu’est Kaamelott, faites-vous plaisir et regardez cet épisode fait sur mesure pour les mélomanes. Si vous n’êtes pas accro après ça, vous ne serez jamais digne de trouver le Graal !

Son Kaamelott : premier volet (musical) est solidement ancré dans la grande tradition hollywoodienne, mais coloré d’un esprit français en termes d’orchestrations. Fines, élaborées, laissant beaucoup de place à une multitude d’instruments solistes… on est loin d’un certain remplissage en vogue par les temps qui courent.

Certains ont évoqué un mariage heureux entre Joe Hisaishi (le compositeur des films de Miyazaki) et John Williams. « C’est pas faux. » (haha ! – les fans comprendront !), mais, heureusement, ça ne résume pas l’ensemble de l’œuvre. Il y a une patte très personnelle que les fans de la première heure reconnaîtront aisément. Bien entendu, le thème culte fait de trois appels de cors y est, mais seulement en ouverture. Il était inutile de s’y attarder de toute façon, on le connaît déjà. Pour le reste, l’atmosphère dégagée par les motifs et les thèmes récurrents rappelle les 5e et 6e saisons (plus étoffées musicalement que les premières).

On devine ainsi, et c’est là l’élément divulgâcheur le plus évident, que l’histoire oscillera entre l’humour bête et absurde des personnages de Léodagan, Perceval, Karadoc, etc. et le drame personnel et psychologique d’Arthur et de Lancelot. 

Résultat : on ne fera qu’attendre avec encore plus de trépidations la sortie du film qui devrait (touchons du bois, celui de Bretagne si possible !) avoir lieu quelque part en 2021.

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