Le saxophoniste montréalais Joel Miller a complété une Maîtrise en composition à McGill il y a quelques années maintenant. Maintenant retourné dans ses terres natales (Nouveau-Brunswick) depuis la pandémie, il navigue sur les eaux métissées de jazz et du classique, et ce nouvel album intitulé What If? témoigne de ces nouvelles velléités artistiques.
Les douze pièces de l’album sont liées par le fil conducteur d’un caractère bienveillant. La musique de Miller est empreinte de sérénité, peut-être comme l’expression d’un nouveau chapitre de sa vie, imprégné de calme, loin d’une métropole frénétique comme Montréal? Cela dit, il y a de l’énergie dans le parcours du programme, mais une énergie dénuée de nervosité. On est ici plutôt au pas de promenade, quand on n’est pas carrément en mode détente, quelque part sur un banc de parc à Fredericton.
Douceur entre jazz, folk et classique
Miller improvise avec douceur, mais confie aussi plusieurs moments solistes à quelques invité.e.s, par exemple Danielle Sametz au violon dans Nos étoiles, une pièce de caractère folk. À part une version de What a Wonderful World, aucun standard jazz n’est convoqué, contrairement à trois piliers classiques : Clair de Lune (Debussy), Prélude op.28 no 1 (Chopin) et le célébrissime Canon de Pachelbel. Ici également le violon de Sametz vient créer un liant agréablement chantant aux lectures délicates conçues par Miller.
L’album est complété par huit compositions de Miller, les plus tributaires d’une personnalité métissée contemporaine, dans le genre musique instru hybride entre les univers écrits et plus intuitifs. Un peu à la manière Cordâme.
Le Resonance New Music Ensemble, constitué de Andrew Reed Miller (basse), Danielle Sametz (violon) et Joël Cormier (percussions) apporte un soutien plutôt discret mais élégant. Le pianiste Silvio Pupo complète le line up avec des interventions économes mais appropriées, particulièrement dans Joe Chevere, ou il insuffle des inflexions latines à la partition..
Je suis très heureux de constater que Joel Miller va bien, même si je regrette son départ de Montréal, comme nous tous ici. What if? est une très bonne occasion de reprendre contact avec un vieil ami.























