Quatrième opus de la jeune dame du piano jazz, Can You Hear the Birds? de Gentiane Michaud-Gagnon (MG) cherche à incarner plus fidèlement l’énergie du live. C’est du moins ce que nous révèle la pianiste dans l’entrevue que j’ai réalisée avec elle et à écouter ci-bas.
Dans son format trio classique et généreusement appuyée par l’intuitif Levi Dover à la contrebasse et l’excellent Mark Nelson à la batterie, Gentiane déploie effectivement une énergie plus expansive ainsi qu’une souplesse narrative accentuée par rapport aux précédentes productions. Pas que ces dernières manquait de spontanéité, de tempérament jazz, mais on les sent (à la réécoute) calibrées par le travail studio. Une certaine volonté de fignoler le détail au quart de poil, comme une partition savamment écrite.
Can You Hear the Birds? réussit le pari lancé par l’artiste et nous invite instinctivement à respirer, à nous détendre et à laisser l’impulsion du moment se faire un nid et stimuler notre imagination. Une aération du jeu et des phrases, une douceur des interactions entre les trois artistes témoignent, il me semble, d’une confiance renouvelée, et d’une maturité qui prend place. Moins focalisée sur le contrôle des moindres détails, on dirait bien que Gentiane a par le fait même ouvert la voie à de nouvelles possibilités expressives.
Beauté, intelligence, élégance, Can You Hear the Birds? est une parution de très haute tenue.






















