Daniel Caesar a toujours affiché ses sentiments au grand jour, mais Son of Spergy porte cette vulnérabilité à l’église, littéralement. S’ouvrant sur l’hymne « Rain Down », accompagné à l’orgue par Sampha, avec des claquements de mains et l’enregistrement audio de sa tante déclarant fièrement « C’est le fils de Spergy », cet album est rapidement devenu une méditation teintée de gospel sur la foi, la paternité et la découverte de soi dans le reflet de son père, avec sa chambre à coucher néo-soul en toile de fond.
C’est profondément personnel, et peut-être parfois un peu trop. Le thème gospel a toujours été présent en arrière-plan dans l’œuvre de Daniel Caesar, mais ici, il prend le dessus. Les morceaux comportent des voix gospel superposées qui amplifient la spiritualité qui résonne à travers la musique, et on sent Caesar lutter à parts égales avec sa relation à Dieu et à son père (surnommé Spergy pour une raison quelconque). La musique est grandiose, mettant tout sur la table aux côtés de Bon Iver et d’une chorale complète, cherchant à transformer le ressentiment en réconciliation sur le dernier morceau, « Sins Of The Father ».
Le truc, c’est que je ne sais pas trop quoi penser de Son of Spergy. La sincérité est indéniable, et il y a des moments magnifiques : « Moon » avec Bon Iver est une ballade envoûtante où un piano jazzy se mêle à des arrangements acoustiques inventifs. « Root of all Evil » est aussi du pur Daniel Caesar : un rythme entraînant, un chant néo-soul puissant et une basse douce et groovy. Mais la profondeur des thèmes spirituels peut parfois se révéler écrasante, surtout lorsque la production privilégie une instrumentation folk et des textures organiques et psychédéliques sur des titres comme « Have A Baby (With Me) », « Who Knows » et « Touching God », avec Yebba et Blood Orange. En résumé, si vous recherchez la transcendance et l’éveil spirituel, Son of Spergy pourrait vous plaire. En revanche, si vous cherchez des morceaux néo-soul percutants, vous serez déçu.























