Lily Allen nous a surpris avec son cinquième album studio, West End Girl, sorti fin octobre. Il s’agit d’un récit brutal, plein d’esprit et honnête de l’effondrement douloureux de son mariage avec David Harbour. Allen n’a jamais été du genre à cacher ses émotions les plus brutes, ni à ménager les sentiments des autres dans sa musique. Depuis ses débuts en 2006 avec Alright Still, elle chante que son amant « ne l’a jamais fait jouir », puis, dans le même esprit, dans son album de 2009 It’s Not Me, It’s You, elle chante à quel point il est injuste que son petit ami soit mauvais au lit, avec un titre intitulé « Fuck You », une lettre adressée au président américain Donald Trump. Elle est intrépide et totalement décomplexée, et c’est son absence totale de formation médiatique à la Disney, si répandue chez les « pop stars parfaites » d’aujourd’hui, qui a séduit tant de personnes au fil des ans, tant par sa personnalité que par sa musique. Sans oublier ses sonorités originales, allant de la pop influencée par le ska à la musique twee, en passant par une électro pop plus moderne inspirée du reggae, comme en témoigne son album de 2018, judicieusement intitulé No Shame. Son dernier album, West End Girl, s’inscrit sans aucun doute dans cette veine sans complexe et sans honte.
Écouter l’album en entier pour la première fois, c’était comme regarder un épisode d’une émission de téléréalité. Il y avait des rebondissements, des revirements de situation à couper le souffle et des moments tristes, le tout agrémenté d’une touche d’humour britannique ironique et autodérisoire. Cela donnait envie à l’auditeur d’en savoir plus, de rechercher sur Google des informations sur la star de Stranger Things et de se demander : mais qui est donc cette Madeline ?
Elle dévoile les événements qui ont conduit à la fin de sa relation, depuis le début de leur relation à distance jusqu’à la demande de Harbour d’avoir un mariage libre, en passant par la découverte qu’il avait enfreint les limites convenues dans le cadre dudit mariage libre. Pour avoir une vue d’ensemble, il faut vraiment écouter l’album. Ce qui est si satisfaisant dans cet album, c’est l’absence totale de métaphores. Lily a rejoint l’école de pensée de Charli XCX / Brat en ce sens que ses paroles ressemblent à un échange de SMS privés auxquels nous avons, pour une raison quelconque, accès. Elle semble également s’être inspirée de l’utilisation moderne de l’auto-tune par Charli à des fins stylistiques ; des chansons comme « Ruminating » et « Relapse » associent des 808 et des rythmes UK garage à des refrains répétitifs auto-tunés. Je trouve que c’est un très beau retour aux sources, car ce n’est un secret pour personne que Charli a été fortement influencée par Lily Allen au fil des ans dans sa façon de dire la vérité dans ses chansons et de ne pas avoir peur d’être perçue comme imparfaite et imparfaite dans les médias. Il ne manque plus qu’une collaboration entre les deux icônes de la pop.
Lily reste également fidèle à son style musical très classique, avec des mélodies entraînantes, comme dans « Pussy Palace », une chanson sur son ex-mari accro au sexe, et « Tennis », qui raconte comment elle a découvert la liaison de David avec Madeline. Elle se montre plus vulnérable dans des morceaux comme « Nonmonogamummy » et « Beg For Me », dans lesquels elle explique tout ce qu’elle a fait pour essayer de sauver son mariage et simplement pour que son mari la désire.
Ce n’est pas forcément le meilleur album de Lily Allen à ce jour, car il comporte quelques moments embarrassants, notamment des titres comme « 4chan Stan » et, bien sûr, « Pussy Palace », mais je pense qu’il a donné matière à réflexion à ses fans. C’est aussi une belle démonstration de vengeance féminine, qui devrait servir d’avertissement à tous ceux qui voudraient se frotter à Lily Allen.























