En tête de mon classement des sorties prévues pour 2025 figure l’album sleep with a cane de Klein. Au fil des ans, j’ai développé un profond respect pour les explorations musicales audacieuses de Klein, et cet album semble réunir tout ce que j’aime le plus dans sa musique.
Alors que les précédents albums de Klein donnent parfois l’impression d’avoir été enregistrés au cours d’une nuit blanche, celui-ci semble avoir été peaufiné, avec des transitions et un rythme qui semblent avoir été calculés. Que cette trajectoire soit intentionnelle ou non, l’album présente une courbe naturelle, une succession de montées et de descentes qui suspendent le temps et laissent place à l’imagination pour accueillir le style compositionnel imprévisible de Klein.
Elle construit des châteaux de cristal, puis détruit impunément leur fantaisie. Le désir incessant de détermination se dissipe dans la vapeur, et dans ces nuages, il est impossible de distinguer la fin du commencement, ou notre propre mémoire de ces dialogues étouffés qui sont ce qu’ils sont en ré mineur. À travers la porte du retour, une profonde inspiration est aspirée sans aucun bruit de libération, créant subliminalement une tension à laquelle il n’y a d’autre choix que de se résigner. En chute libre depuis le crescendo de iluvlive (2012), j’atteins le fond à (world star) dans une lenteur infinie, regardant un Dollarama de l’autre côté de la route comme un pêcheur chinois coincé en mer depuis des mois.
La production artistique de Klein au cours des dernières années a été pour le moins magique, voire primordiale pour la pertinence de la musique dite expérimentale aujourd’hui. Elle fait partie des rares artistes qui repoussent véritablement les limites du son, non pas en essayant de le faire, mais simplement en étant eux-mêmes : des êtres complexes dans des mondes complexes. Dans mon esprit, Klein se situe quelque part entre la sainte trinité formée par Arca, Babyfather et Maryanne Amacher.
Une sorte de musique concrète sans aucune prétention d’être « savante », mais plutôt animée par le désir de raconter une histoire et influencée par la culture de personnes réelles aux luttes réelles. Klein embrasse le chagrin de ce qu’elle n’a peut-être pas connu en grandissant dans le sud de Londres en tant que femme noire, et cela libère tous ceux qui ont le courage de l’écouter. Son précédent album, sorti en 2025, thirteen sense, étant tout aussi percutant, je recommande vivement de découvrir la discographie de Klein, qui ne donne qu’un aperçu des productions de cette artiste aux multiples facettes.























