Arrêtez-vous. Juste deux secondes. Soufflez avant d’appréhender : nous avons trouvé notre nouveau Thom Yorke. Il est New-Yorkais, de Brooklyn. Il est grand, il arbore les cheveux un peu gras. Mais surtout : il écrit magnifiquement bien. Le futur est si grand pour Cameron Winter, ça en est presque vertigineux. Son premier et pour l’instant unique album, Heavy Metal, est tout simplement un tour de force, un statement, l’une des rares preuves modernes que le rock, dans le sens le plus pluriel du terme, n’est pas mort. Le chanteur et principal compositeur de Geese a fait paraître son opus en solo en 2024, mais tellement tard dans l’année qu’aucune publication n’a su mettre la main dessus dans ses rétrospectives, PAN M 360 inclus dans le lot. Le rattrapage est maintenant fait.

23 ans. Difficile à croire que Cameron Winter soit si jeune tant sa plume est d’une dextérité hors norme. Le New-Yorkais arrive à marier une soul chaleureuse – Nausicaä (Love Will Be Revealed), Love Takes Miles – à un avant-folk particulièrement original – Nina + Field of Cops –, le tout sous un spectre d’indie, de néo-classique et même d’americana. Et impossible de ne pas parler de sa voix : un timbre de baryton quelque peu vacillant, pas toujours juste, mais ô combien reconnaissable. Avec Heavy Metal et Getting Killed, Winter s’est imposé dans la dernière année comme l’une des plus grandes références de sa génération de l’écriture musicale, aux côtés de Geordie Greep et de MJ Lenderman. Comme The Strokes l’avait brillamment fait avec les millenials au tournant du XXIe siècle, Geese et son frontman sont en train de définir la génération Z. Son son, son identité. Ne vous attendez pas à saisir Heavy Metal du premier coup. Mais plus vous y retournerez, et plus vous en deviendrez accros.
C’était sympa, le brat summer de l’année dernière. Mais maintenant, faisons place au Cameron Winter.























