Le banjoïste américain Béla Fleck ne se lasse pas de nous surprendre et d’emprunter des chemins musicaux toujours différents. Après avoir réimaginé Rapsody in Blue de George Gershwin (2024), et créé un trio avec le bassiste Edgard Meyer et le percussionniste indien Zakir Hussein (2023) le voici avec une autre formation improbable: le BEATrio, avec le batteur mexicain Antonio Sánchez et le harpiste colombien Edmar Castañeda, qui a déjà enregistré un album Live in Montreal, avec la pianiste japonaise Hiromi.
Un mélange sonore étonnant qui décoiffe et éblouit. Comme c’est souvent le cas avec les projets créés par Fleck, les compositions sont collectives, les musiciens font dans la grande complicité, comme s’ils jouaient ensemble depuis des années. La harpe de Castañeda et le banjo de Fleck ont un plaisir fou à dialoguer et improviser, comme si c’était tout à fait anormal qu’on y ait pas pensé avant.
Il faut dire que Castañeda et Fleck ont tout fait pour élargir la portée de leur instrument respectif. Tout en étant inspirés par les racines folkloriques – joropo pour l’un, bluegrass pour l’autre -, ils ont une volonté de faire sortir le banjo et la harpe colombienne de leur zone de confort. Et ils le font une fois de plus avec brio.
Antonio Sánchez, qui joue entre autres avec Pat Metheny, est un batteur et percussionniste brillant et suit les deux instrumentistes avec brio et complexité.
BEATtrio est incontestablement un album de jazz, mais aussi teinté de folklore et de latinité. On y entend beaucoup de virtuosité mais rarement gratuite. Nous avons affaire à trois musiciens qui savent combiner complexité et lucidité. Le bonheur de jouer ensemble transpire à chaque note. Et on le ressent.























