Cela faisait huit ans depuis l’album précédent. Huit années d’errances et d’exil pour tous les mélomanes. Et puis voici ce bijou, que dis-je, ce chef-d’œuvre qui apparaît, trempé lui aussi dans le thème de l’exil et du drame humain, celui en cours à Gaza. Mais à la manière Brahem, spécifions-le. C’est-à-dire avec une élégance, une douceur et une poésie d’une immense profondeur et d’une beauté mélodique envoutante. After the Last Sky est tiré d’un poème de Mahmoud Darwish, dont le titre complet est Where should the birds fly, after the last sky? La question, qui se pose symboliquement en pensant au déroulement de la guerre à Gaza, peut également être posée pour l’humanité entière, en y accolant la question de la chute dramatique de la biodiversité mondiale. À partir de là, laisser les onze titre de l’album vous transporter dans des images furtives mais poignantes, portés par les lignes sinueuses et expertement entrelacées de Brahem lui-même, avec son oud, mais aussi Anja Lechner (magnifique) au violoncelle, Django Bates (magique) au piano et Dave Holland (génial) à la contrebasse.
De la musique de chambre contemporaine et métissée de la plus extraordinaire stature artistique.























