Un 20 juillet au FINA : La Tribu Salsa Band, Thainara Perí, Bejuco, Paulo Ramos et amis, Rebecca Jean, Sona Jobarteh…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

La recette du bonheur de La Tribu Salsa Band

Crédit photo : André Rival

La Tribu Salsa Band est le groupe lauréat des Syli d’or de la musique du monde 2023. Cette initiative des productions Nuits d’Afrique était cette année à sa 16e édition. La Tribu Salsa Band a défendu avec brio son titre et démonté pourquoi le groupe était le favori du public. Les membres du groupe sont entrés en scène en arborant tous la même chemise noire ornée de notes de musique multicolores sur les épaules. Le morceau d’ouverture a mis la table pour une heure de musique énergique et dansante. L’avant-scène était occupée par quatre chanteurs, qui ont régalé la foule de leurs harmonies vocales complexes et de leurs pas de danse rythmés. La setlist de La Tribu Salsa Band combinait des morceaux classiques du répertoire salsa et samba, entrecoupés de compositions originales. Les mélodies étaient tenues avec assurance par les quatre cuivres (deux trompettes, deux trombones) qui alternaient solos et accords clairs et rythmés.

On se sera amusé du début à la fin de la prestation. Après le dernier morceau, alors que les membres du groupe recevaient officiellement leur trophée, la foule scandait « Otra, otra, otra! » pour réclamer un dernier morceau, ce qui n’a malheureusement pas eu lieu. La Tribu Salsa Band a offert une performance digne d’un groupe tout juste récompensé par un Syli d’or.  

Elena Mandolini

La pureté et l’élégance de Thaynara Perí

Dans le cadre de la série de spectacles Femmes du monde, l’auteur-compositrice-interprète brésilienne Thaynara Perí se produisait à Nuit d’Afrique. Maracas à la main, elle fait son entrée sur scène et salue l’importante foule amassée près de la Scène Loto-Québec. Native du Minas Gerais, l’artiste jouit d’une grande assurance et d’une prestance scénique remarquable. Accompagnée sur scène à la basse, guitare, batterie et la flûte traversière, Thaynara Perí explore la bossa nova et la samba tout en ayant une structure jazz décontractée.

Tout au long du concert, les gens présents ont dansé et se sont laissés emportés par sa voix à la fois puissante et élégante. Durant sa prestation, Thaynara Perí a laissé place à ses musiciens à divers moments, donnant vie à d’excellents solos de guitare. À plusieurs reprises, la Brésilienne s’est adressée au public en français, mentionnant être extrêmement heureuse de pouvoir chanter pour eux. L’ambiance était aussi chaleureuse que festive et il était difficile de demander mieux pour débuter cette soirée en beauté!

Jacob Langlois-Pelletier

Bejuco : inspirations diverses et essence colombienne

Vers 20h, c’était au tour de la formation colombienne Bejuco de fouler la scène Radio-Canada. L’arrivée de cet orchestre de dix membres était très attendue à en juger la masse de festivaliers présents à leur prestation. Actif depuis 2015, la formation est grandement influencée par l’afrobeat et propose une rythmique afro-colombienne teintée de chants ancestraux, tout en incorporant aussi des éléments pop, hip-hop et reggae à leur art. Chaque membre du groupe ajoute une couche musicale jusqu’à en arriver à un résultat qui rappelle la force et la ténacité de la mer océanique. 

Sur scène, on retrouve différents instruments dont la guitare, de nombreuses percussions et le marimba, ce xylophone latino-américain. D’ailleurs, ce dernier est au cœur des mélodies de Bejuco. La répétition fait partie intégrale de la trame sonore du groupe, donnant l’impression que les dix membres n’arrêtent jamais lors de leur prestation. Pendant leur spectacle, Bejuco a proposé différents morceaux issus de Batea, leur premier album paru en 2021. L’énergie que dégagent les membres de Bejuco est contagieuse et ils ont complètement charmé la foule du FINA!

Jacob Langlois-Pelletier

Paulo Ramos et ses amis au Théâtre Fairmount : le charme et l’élégance opèrent toujours

Un public déjà convaincu était rassemblé au Théâtre Fairmount hier soir pour apprécier le charme et l’élégance d’un musicien de grande classe : Paulo Ramos, guitariste, chanteur, auteur, interprète et Québécois d’origine brésilienne aimé de tous et toutes. Sur scène, avec lui, des ami.e.s : Monica Freire (de retour au Québec pendant la pandémie après plusieurs années au Brésil – on est content de la revoir!), Bia, Daniel Bellegarde aux percussions, Rodrigo Simoes à la guitare et mandoline, Diogo Ramos, chant et guitare, Dan Gigon à la basse, Sasha Daoud à la batterie et l’ex-Chic Gamine Annick Brémault, qui révèle une belle affinité pour la sensualité de la langue portugaise. La voix de Paulo a toujours cette brumeuse qualité qui le caractérise, même si quelques fragilités apparaissent ici et là. Eh oui, les années passent. Mais qu’importe puisque la chaleur humaniste du personnage transcende la physicalité du son lui-même pour imbiber l’espace et le temps qui lui est imparti quand on l’invite sur scène. Tout le monde était au diapason de l’ambiance chill de la soirée, mais Bia a quand même volé la vedette en fin de parcours dans une version énergique de Carnaval, une poussée de tempo qui faisait du bien. Le public, en bonne partie autour de la cinquantaine et plus, était attentif et dodelinait constamment de la tête. Une partie, plus jeune, a dansé. L’équilibre était en symbiose avec l’énergie qui se dégageait de la scène. Un beau moment empreint de chaleur et de nostalgie.

Frédéric Cardin

Rebecca Jean, Haïbécoise

Crédit photo : André Rival

Voir Rebecca Jean se produire au Club Balattou, c’était comme retrouver une amie, même si la soirée commençait un peu mystérieusement. Après que Rebecca ait été invitée sur scène, son groupe s’est mis en place, mais elle était introuvable. Après un silence gêné, le guitariste a commencé à gratter un accord ouvert et de la foule a émergé une voix, et Rebecca a commencé à se frayer un chemin à travers le public assis en chantant et en jouant son didgeridoo. Nous avons apprécié la théâtralité, et dès qu’elle est montée sur scène, elle est devenue moins une énigme et plutôt une interprète chaleureuse avec beaucoup de musique et d’histoires à partager.

En tant que Haïbécoise, sa musique est clairement une manière d’explorer sa double identité, chantant en créole et en français, mais elle ne donnait pas l’air d’une personne sûre d’elle alors que sa voix puissante résonnait dans le salon. Interprétant principalement des chansons de son album « Antidote », la soirée a été une affaire intime avec son groupe de trio et Rebecca occasionnellement au piano. Parfois, ses chansons étaient anthémiques, parfois douces et lyriques. Son groupe était bien sûr en pleine forme, le percussionniste a pris des solos exaltants sur son set, et le guitariste s’est également amusé alors que ses chansons s’ouvraient pour une performance live.

Varun Swarup

Sona Jobarteh fascine son public

Crédit photo : André Rival

La foule était impatiente de voir Sona Jobarteh se produire pour la première fois à Montréal. La prestation, qui avait lieu sur la grande Scène TD – Radio-Canada, était finement scénographiée. Pour commencer, la scène était pleine d’une fumée opaque. À travers de cette ambiance mystérieuse, un musicien invisible a commencé un solo de percussions, celui-ci montant petit à petit en intensité. Puis, un à un, les instruments (batterie, guitare, basse) se sont joints aux percussions. L’anticipation était à son comble, et c’est à ce moment que Sona Jobarteh est entrée en scène, au plus grand plaisir des spectateurs. Les écrans géants, placés de chaque côté de la scène, laissaient voir parfois des plans rapprochés des mains de la musicienne, nous laissant apprécier la technique raffinée et la virtuosité nécessaire pour jouer de la kora.

La voix claire et magnifique de Sona Jobarteh a accompagné le public tout au long de la soirée. Le style de jeu de la musicienne rend hommage à la tradition musicale plusieurs fois centenaire de l’Afrique de l’Ouest, mais ses pièces apportent également un élément de modernité. Des solos enlevants de kora, puis de guitare (un autre instrument que Sona Jobarteh maîtrise) ont fait danser la foule et crier son appréciation en battant des mains en rythme. Le rappel était une pièce principalement instrumentale, qui s’est terminée en apothéose digne d’un concert de rock. Une performance à couper le souffle!

Elena Mandolini

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