De Bordeaux, l’ensemble Proxima Centauri était de passage à Montréal cette semaine pour présenter son concert Mouvements. Une prestation sans faute pour l’ensemble dont le dialogue entre l’électronique et les interprètes instrumentistes était au centre de la performance.
Le concert s’entame sur DEATH TALES, spurred, de la compositrice québécoise Corie Rose Soumah, issue du pôle relève du Vivier. La pièce débute dans la pénombre avec une lumière prédominante sur le joueur de caisse claire assis au centre de la scène. Le roulement entamé par le percussionniste servira de ligne directrice tout au long de la pièce, se développant en tandem avec la partie électronique, qui à son tour au travers des sonorités jouées, s’enrichit tout au long de la pièce. Les autres instrumentistes présents (saxophone, piano et flûte) développent en dialogue avec la caisse claire, leur propre texture mélangeant des sons filés et multiples au roulement de caisse claire. Ces enchaînements de sons superposés, créent tranquillement une espèce de rythmique irrégulière évoluant tout au long de la pièce instaurant une certaine stabilité dans l’instabilité.
Le concert s’enchaîne avec Away du compositeur français Brendan Champeaux, un duo pour timbale et piano, le tout accompagné par l’électronique en direct. La pièce se déroule en dialogue avec le piano et la timbale, et ce, facilité par l’électronique qui capte les sons du piano et de la timbale pour en faire ressortir une troisième voix médiatrice, l’électronique. Une pièce sobre, mais efficace qui met la table pour la pièce certainement la plus audacieuse du concert.
Nemorensis du compositeur argentin Demian Rudel Rey est le nom de cette pièce. Composé pour saxophone ténor, électronique et vidéo. La saxophoniste entre sur scène dans une tenue futuriste munie d’un casque comportant une visière teinté. Le saxophone, quant à lui, est modifié avec l’ajout d’une extension comportant trois embouchures additionnelles ainsi qu’une extension même au bocal. Selon ce qu’on pouvait percevoir, elle servirait à filtrer le son de l’instrument et à nous faire redécouvrir le saxophone avec des sonorités peu familières.
La quatrième pièce au programme, Ombres de la Française Raphaèle Biston, se veut une rupture totale avec ce qui vient de se produire avec Nemorensis. Ici nous avons les quatre instrumentistes sur scène qui cohabitent avec les sons électroacoustiques préenregistrés qui évoluent avec les instruments dans le but de reproduire leur timbre et créer une texture uniforme au travers de l’ensemble et l’électronique.Le concert se conclut sur La cité du son du Mexicain Arturo Fuentes, une pièce tout aussi intéressante que le reste du programme où le compositeur superpose des enregistrements sonores de la ville de Bordeaux et de Mexico. C’est donc à Christophe Havel, responsable de l’électronique durant le concert, d’interagir avec les instrumentistes dans le but de créer un dialogue entre ses deux villes très différentes l’une de l’autre.























