Originaire du Queens, Brian Piñeyro, alias DJ Python, s’est imposé ces dernières années comme l’un des DJ les plus singuliers de sa génération. Son esthétique, surnommée deep reggaetón, combine les rythmes ralentis et syncopés des musiques de club latines avec des textures éthérées, empruntées autant à l’ambient qu’à la deep house.
À Montréal, il a livré un set de plus d’une heure et demie qui illustrait pleinement cette approche hybride et aventureuse.
Dès les premières mesures, les lignes de basse arrondies et les percussions tribales ancrées dans le dembow ont créé une atmosphère envoûtante, à la fois dansante et méditative. Le DJ a su tisser un fil narratif captivant, alternant plages contemplatives et relances euphorisantes, maintenant la foule dans un état de tension magnétique.
L’originalité de ses choix s’est révélée dans des morceaux aux structures inattendues, parfois presque impossibles à caler, mais toujours porteurs d’une intensité singulière, une oscillation continue qui tenait la foule en suspension.
Cette gestion fine de l’énergie, oscillant entre contemplation et transe collective, a transformé le dancefloor de la SAT en espace d’émancipation corporelle. On percevait autant le souci du détail sonore que le désir de surprendre, de jouer avec les tropes, de brouiller les frontières entre genres.
Mention spéciale à Make Your Whole d’Andronicus, jouée dans les dernières minutes du set. Avec ses sonorités italo-house, ce morceau comptait parmi les nombreuses références à la dance music eurocentrique de la soirée et s’est imposé comme l’un des crescendos les plus cinématiques, hypnotiques et galvanisants.
En combinant sensualité rythmique et explorations sonores, DJ Python a rappelé pourquoi il demeure une figure incontournable de la scène électronique actuelle, capable d’ouvrir sans cesse de nouveaux horizons.























