À la Salle Bourgie, un captivant concert a eu lieu du jeune pianiste néerlandais Ramon Van Engelenhoven, qui a accompagné le public à travers un programme varié : pièces du grand répertoire, musique contemporaine et ses propres transcriptions de musiques de film. L’idée de présenter à la première personne pour donner un peu de contexte au public, qui était assez nombreux et chaleureux, a été également appréciable.
Je me souviens avoir découvert Ramon Van Engelenhoven en 2018, quand j’ai trouvé une vidéo d’Images I de Debussy sur YouTube. Les aspects qui m’avaient frappé, c’étaient la pureté du son et l’élégance de l’idée musicale ; plusieurs années plus tard, ce sont toujours l’équilibre structurel et le raffinement sonore qui attirent.
Le concert s’ouvre avec la Sonate K330 de Mozart, bien pensée et bien interprétée. Le contrôle du son, du phrasé et de l’ornementation est excellent, et les moments les plus intenses surviennent dans le deuxième mouvement. Suit la Pavane pour une infante défunte de Ravel, interprétée avec lucidité structurelle et beauté sonore. Le concert poursuit avec deux pièces de Tagreshi, jeune compositeur ami du pianiste, qui exploitent toute l’extension de l’instrument, créant à la fois une aura de mystère et de lyrisme.
La deuxième partie du concert s’ouvre sur Rachmaninov, avec deux Préludes de l’op. 32 et deux de l’op. 23, qui nous transportent dans des atmosphères enveloppantes et dans un lyrisme séduisant. Deux transcriptions du pianiste clôturent le concert : une Suite tirée de Vertigo de Herrmann et The « Ride of the Cossacks » tirée de Taras Bulba de Waxman. Et c’est précisément dans les transcriptions que la passion et l’intensité nous investissent. Le public admiratif bénéficie d’un encore, la Novelette n° 1 de Poulenc, qui nous offre à nouveau un Engelenhoven sobre et mesuré. Un pianiste à suivre.
Photo credit: Florence Geneau























