En première partie de Michel Pagliaro, j’ai découvert Erika Hagen et son premier album solo, Pouvoirs magiques, sorti en avril dernier. Une jolie succession de premières fois pour un mercredi soir — c’est un peu ça, au fond, Pop Montréal.
Au yiable ceux qui boudent les premières parties.
Dans ce nouveau projet, l’ardeur du punk croise la rugosité du folk-garage, le tout porté par une base rock et indie-pop. La poésie de Hagen se dessine plus particulièrement dans le relief entre résistance et tendresse nostalgique. C’est un monde où les fantômes sont des amis, qui se glissent gentiment entre les murs de nos appartements. Les pouvoirs magiques n’existent pas, malgré toutes nos superstitions et bonnes intentions. Les femmes sont libres de crier, cracher, casser, courir et bien plus encore.
Les riffs oniriques sont complètement magnifiés par la basse de Louis-Solem Pérot. Il sert les chansons avec une agilité pop rare, exploitant la simplicité des notes pour ajouter une texture qui ajoute une richesse à l’ensemble. Puis il y a une espièglerie éclatante dans le jeu de Hagen. Elle nous surprend au détour de ruptures de rythme inattendues. Sa manière singulière de s’adresser au public nous tient en haleine.
Je pense notamment à Anita, une chanson dédiée à sa grand-mère disparue : « Anita, tu ne reviendras pas, tu traînes ta jupe de laine dans toutes les villes européennes. » Au-delà de la musique, la gorge nouée par l’émotion, elle nous présente des portraits et des histoires qui entrent par l’oreille, et bientôt, on se surprend à les voir se dessiner devant nos yeux. La virtuosité de sa plume y est pour beaucoup. Elle est superbe à voir en concert.
Photo: Louis Longpré























