Alors que le DJ Montréalais DJ Cinéma Quartier Latin terminait son set sur la scène principale du Piknic Électronik, c’est par une explosion de ballons que la Berlinoise DJ Gigola a entamé sa performance.
Au-dessus de la foule, des ballons multicolores virevoltent entre les bras tendus vers le ciel des danseurs. Les teintes orangées du coucher de soleil sur l’île Sainte-Hélène en arrière-plan, la chevelure rouge vive de Paulina Schulz (aka DJ Gigola) devient un point de repère sur l’immensité de la scène principale du Piknic. Seule, vêtue d’un T-shirt baggy noir, sans prétention, elle ouvre son set en force, avec un remix électro qui électrifie la foule.
Connue pour apporter sur la scène électronique des sets à la croisée des genres, son hybridation musicale va de paire avec sa pratique artistique multidisciplinaire : art visuel, mode et musique. En effet, cette touche-à-tout s’est tissée une place de maître dans le monde de la dance-music ces dernières années, y apportant de nouvelles couleurs musicales, ainsi qu’un certain sens du fun. Il n’y a qu’à explorer les musiques de son label/collectif, Live from the Earth, ou encore sa propre discographie. Entre électro, trance et hard-groove, sa musique nous fait plus que danser, elle nous amuse et fait en sorte qu’on se sente bien dans notre peau.
Les seaux d’alcool multicolores continuent à circuler, la chaleur monte, et le ciel prend peu à peu une teinte verdâtre étrange, presque tropicale, contrastant avec les arbres en arrière-plan et la scène illuminée en premier plan. La foule s’embrase, siffle, saute, on se colle les uns aux autres. Un remix inattendu de Sean Paul traverse la foule comme une vague de chaleur.
Gigola alterne avec aisance entre trance, hard-groove et clins d’œil électro-pop 2000s, sans jamais perdre le fil. Dans la foule, l’ambiance est réellement chaleureuse (j’ai connu des soirées au Piknic beaucoup plus chaotiques): des gens s’excusent en me bousculant, un inconnu me demande poliment si son torse nu me dérange, un autre m’offre une cigarette dans une sorte de camaraderie éphémère. C’est ce mélange d’électro qu’on peut parfois décrire comme brutal (hauts BPM et basses cassantes) et de chaleur humaine qui semble avoir rendu la soirée unique.
Et sur scène, au fil du set, le monde afflue autour de DJ Gigola : des silhouettes dansantes, surtout une fille, qui incarne à elle seule l’énergie du moment. Il y a quelque chose d’ironique dans son nom et dans la scène qui se produit devant nous — Gigola, issu de l’ancien français gigole, “la femme dansante” — et ce soir, une femme danse à ses cotés, sur la grosse scène du Piknic Electronik.
Au final, les transitions nettes s’enchaînent et son set se termine exactement à 21h30, dans un tonnerre d’applaudissements.
Entre trance et clins d’œil pop, hard-groove et électro, en ce 14 septembre 2025, DJ Gigola nous a livré une prestation à son image : galopante, fun et sexy. Une magnifique soirée qui marque le début de la fin d’un été.























