classique / post-romantique

OSM | Sublime Sibelius !

par Alexis Desrosiers-Michaud

C’est le retour cette semaine du chef invité bien-aimé Vasily Petrenko à l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Celui qui a jadis été l’un des favoris pour remplacer Kent Nagano a brillé comme à son habitude,  mercredi soir à la Maison symphonique. 

Le concert débute par la pièce Blue Cathedral de l’américaine Jennifer Higdon. Cette œuvre flottante et magnifique est un hommage à son frère décédé. Plusieurs solos de flûte et clarinette qui représentent elle et son frère. Symbolisant aussi un voyage céleste, l’œuvre s’anime pour signifier l’émerveillement et la joie, avant de se terminer sur des résonances de percussions et des harmoniques à peine audibles. À ce propos, nous voyions les autres musiciens agiter des petites boules de la taille d’un haki, ce qui en a chicoté plusieurs car nous étions beaucoup à regarder le programme par après, pour n’y trouver, hélas, aucune information à ce sujet. 

Ensuite démarre avec panache le fameux concerto Empereur de Beethoven avec Simon Trpčeski au piano. Après une admirable introduction orchestrale, le soliste entre en scène, à la dernière seconde, comme s’il sortait de la Lune. Après quelques difficultés à maintenir un tempo stable, créant quelques petits décalages avec l’orchestre, Trpčeski cesse d’accélérer dans ses extraits seuls pour enfin créer un tout avec l’orchestre. 

Il est très agile avec ses doigts, mais manque de poids, de son, pour un concerto de cette ampleur. Ce jeu lui sied très bien dans le mouvement lent, où il se fond à merveille dans l’orchestre. Ou c’est l’orchestre qui l’enrobe avec brio. Peu importe, quand on se pose la question, cela signifie que c’est très réussi. Pour le reste, on passera outre ses gesticulations de tête, jambe et de bras (il y a déjà un chef pour s’occuper de l’orchestre) pour se concentrer sur son jeu dynamique et excité. En guise de rappels, nous avons droit à un court extrait d’une danse de son pays d’origine, la Macédoine, puis du mouvement Octobre des Saisons de Tchaïkovski, « pour un monde meilleur », ce qui a donné une interprétation sensible et touchante. 
Puis vient la très pastorale Cinquième symphonie de Jean Sibelius. Tout comme dans ce qui a précédé, la direction de Petrenko est très nette. Ses intentions sont claires et rien n’est laissé au hasard; nuances, accents, entrées, phrasés, etc. Rien n’est forcé et est joué dans la finesse. J’ai déjà entendu un chef dire à des étudiants lors d’une classe de maître « qu’il faut aimer jouer doux », et c’est ce qui m’est venu en tête mercredi soir. Le choral des bois du mouvement second est sublime, accompagné de pizzicatos précis. Le dernier mouvement est frénétique mais pas trop, et se termine par une répétition du thème principal aux cuivres, qui résonnent comme des cloches. Tout au long de la symphonie, on pourrait se fermer les yeux et facilement s’imaginer aux côtés de Sibelius contemplant des paysages bucoliques et majestueux.

Publicité panam
Publicité panam

Tout le contenu 360

Trio Garibaldi, l’album In faded Sepia | alto, piano, clarinette au service de la création inédite

Trio Garibaldi, l’album In faded Sepia | alto, piano, clarinette au service de la création inédite

Remi Bolduc dévoile son Groove Quintet

Remi Bolduc dévoile son Groove Quintet

Semaine du Neuf | (MTL X Monterrey) + (saxes + danse) = Le souffle des corps

Semaine du Neuf | (MTL X Monterrey) + (saxes + danse) = Le souffle des corps

Semaine du Neuf | Nous perçons les oreilles: l’abandon du corps et de l’esprit à la musique

Semaine du Neuf | Nous perçons les oreilles: l’abandon du corps et de l’esprit à la musique

5ilience | Devinim, lorsque les sons se meuvent à travers les anches

5ilience | Devinim, lorsque les sons se meuvent à travers les anches

Caribbean Love : Richy Jay, entre héritage et rythmes tropicaux

Caribbean Love : Richy Jay, entre héritage et rythmes tropicaux

La magie de Miyazaki prend vie avec l’Orchestre FILMharmonique

La magie de Miyazaki prend vie avec l’Orchestre FILMharmonique

Semaine du Neuf | Ictus & Ula Sickle, la force du collectif

Semaine du Neuf | Ictus & Ula Sickle, la force du collectif

Bigflo & Oli – Karma

Bigflo & Oli – Karma

Caprice au 9e | Telemann et les musiciens itinérants de l’époque baroque

Caprice au 9e | Telemann et les musiciens itinérants de l’époque baroque

Alain Caron et l’ONJM enflamment la 5e Salle !

Alain Caron et l’ONJM enflamment la 5e Salle !

Airat Ichmouratov composera Alice au Pays des merveilles pour les Grands Ballets

Airat Ichmouratov composera Alice au Pays des merveilles pour les Grands Ballets

Semaine du Neuf | Lovemusic, entrechoquements des corps et des sons

Semaine du Neuf | Lovemusic, entrechoquements des corps et des sons

Hommage symphonique à Daft Punk : plutôt réussi, mais…

Hommage symphonique à Daft Punk : plutôt réussi, mais…

The Sheepdogs, ou comment devenir classique « hors de la tempête »

The Sheepdogs, ou comment devenir classique « hors de la tempête »

Semaine du Neuf | Soirée d’impro collective avec No Hay Banda, Ana Maria Romano et Limules

Semaine du Neuf | Soirée d’impro collective avec No Hay Banda, Ana Maria Romano et Limules

Bajofondo – Ohm

Bajofondo – Ohm

Lucas Santtana – Brasiliano

Lucas Santtana – Brasiliano

Harry Styles – Kiss All the Time. Disco, Occasionally 

Harry Styles – Kiss All the Time. Disco, Occasionally 

Arion Orchestre Baroque : Il pianto di Maria : des larmes de bonheur

Arion Orchestre Baroque : Il pianto di Maria : des larmes de bonheur

Semaine du Neuf | Le son pour les enfants de moins de 3 ans… et pour nous

Semaine du Neuf | Le son pour les enfants de moins de 3 ans… et pour nous

Semaine du Neuf | Sxelxéles te tl’etla’axel – design for inviting, le pouvoir de la parole… celui des sons ?

Semaine du Neuf | Sxelxéles te tl’etla’axel – design for inviting, le pouvoir de la parole… celui des sons ?

Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : un voyage aux confins extrêmes du son

Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : un voyage aux confins extrêmes du son

Semaine du Neuf | Lovemusic et Protest of the Physical :  le corps (des musicien.ne.s) a ses raisons

Semaine du Neuf | Lovemusic et Protest of the Physical : le corps (des musicien.ne.s) a ses raisons

Inscrivez-vous à l'infolettre