Pour quatre concerts consécutifs en autant de jours, la Maison symphonique accueillait l’alliance inattendue entre Salebarbes et l’Orchestre symphonique de Montréal, un pari visant à transposer le country/americana festif du groupe acadien dans un cadre symphonique.
Dès l’entrée en salle, le contraste avec l’atmosphère habituelle du lieu s’impose. Le public, manifestement venu de loin, est composé de fans fidèles, prêts à taper des mains et à chanter avec leur groupe préféré.
L’enthousiasme est immédiat : « Hey Francine, c’est capotant! », « Wow, regarde ça! ». Dès les premières notes du succès Good Lord, une poignée de spectateurs se lève, tandis que les autres gigotent sur leur siège.
Pour l’occasion, la salle a déployé l’ensemble de ses rideaux sur les murs boisés afin d’étouffer le plus possible l’acoustique naturelle du lieu. Salebarbes domine la sonorisation, tandis que l’orchestre reste cantonné à l’arrière-plan. Les cordes apparaissent par moments, mais privées de corps, victimes de compromis acoustiques qui étouffent leur potentiel. Les arrangements d’Antoine Gratton peinent ainsi à s’imposer, la densité intrinsèque des chansons du groupe laissant peu d’espace à une réelle écoute de l’orchestre.
Quelques moments viennent toutefois nuancer ce constat. L’ouverture confiée à l’OSM donne un élan prometteur au concert, et plus tard la chanson macabre Joe Richard se distingue par son style de ballade qui laisse davantage la place à l’orchestre.
Plus tard, l’orgue Pierre-Béique de la Maison symphonique résonne et impressionne dans C’est la vie, une cérémonie nuptiale pour Pierre et sa Mademoiselle. Enfin, l’inauguration de la nouvelle chanson Ma maison c’est toi marque un moment où l’équilibre entre l’orchestre et Salebarbes paraît plus abouti.
En somme, le concert s’enchaine très bien, visiblement rodé depuis plus de 180 concerts. On ne s’ennuie pas. La polyvalence des musiciens maintient constamment le spectacle en mouvement. Chacun prend successivement le micro, la batterie change de mains, et parfois les interprètes abandonnent leurs micros respectifs pour chanter en demi-cercle à la manière d’un barbershop.
Le succès populaire est indéniable. La salle est comble et l’enthousiasme du public est manifeste.
Photo: Antoine Saito























