OSM & François Pérusse | Toutes ces minutes (symphoniques) du peuple

par Jonathan Martin-Belec

Avec une certaine appréhension couplée à une réelle excitation, les fans finis des Albums du peuple venaient découvrir hier soir le mariage atypique entre François Pérusse et l’Orchestre symphonique de Montréal. Si ces albums ont joué en boucle dans les chaumières, c’était bien la première fois que ce maître des jeux de mots se présentait dans un tel concert. 

Bien que le public fût conquis d’avance,  certaines trames pré-enregistrées du « gars qui magasine » ont pu allume  l’audience avide de matériel inédit. Une des grandes interrogations à l’approche du spectacle était la façon dont l’artiste jouerait avec sa voix, loin du confort de son studio. Un pot-pourri présenté en début de programme nous en a fourni la réponse: deux choristes accompagnaient Pérusse et pas n’importe lesquelles, soit Marie-Pierre Arthur et Mara Tremblay. Le trio vocal aura fourni  plus qu’adéquatement les effets sonores nécessaires à l’exécution des chansons. 

L’interaction des vedettes avec l’OSM a déclenché quelques rires,  la majorité des chansons ayant eu droit à un sketch d’introduction hormis les pots-pourris. En outre,  François Pérusse organisa des « concours », question de piquer des jasettes avec des membres de l’orchestre : une harpiste peut-elle jouer du blues? Les conquêtes nocturnes d’un bassoniste ont autant de succès que celles d’un guitariste? Une octobasse « ça vient-tu » avec un étui?   

François profita de la carte blanche qui lui était offerte pour se gâter quelque peu avec des invités de marque, notamment ses deux fils qui l’ont joint à la batterie et à la basse pour quelques chansons. Un moment familial unique que de jammer avec l’orchestre.

N’étant pas un habitué de la Maison symphonique,  je retiens en outre l’interprétation à l’orgue de C’est encore Dieu qui m’a permis de savourer  l’acoustique de cette salle.

Pour ma part, le clou du spectacle a été un invité surprise qui n’était pas sur ma carte de bingo : Breen Leboeuf. Après un échange de politesses sur le respect et l’admiration de la carrière de chacun, Breen a notamment cité La Staga comme étant sa chanson préférée, la reprise symphonique  fut surréaliste !  Breen était en voix et a (évidemment)  interprété Mes Blues passent pu dans’porte de concert avec le public, ce qui lui valut une ovation amplement méritée. 

Il était d’ailleurs étonnant de voir Pérusse ainsi agir avec une telle aisance sur scène, lui qui en était à son premier vrai concert pour exécuter son œuvre. Cette soirée, c’était comme un jukebox rempli de ritournelles qu’on n’aurait jamais soupçonné être orchestré à un si haut niveau, notamment pour La Petite Scandinave, Assis sur mon tracteur, Brouillard sur le cimetière.  Chapeau au maestro Simon Rivard et  à Hugo  Bégin d’avoir su élever la musicalité pérussienne tout en en conservant l’essence.  

Cette expérience unique est un énième succès au palmarès de Pérusse, car public jeunes et moins jeunes ont totalement été conquis, seul bémol pour François, qui avoua en fin de concert qu’il manquait un petit quelque chose…  un bicyk jaune, rien qu’un petit.

Crédit photo: Antoine Saito

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