Dans une atmosphère à la fois sobre et intentionnée, MUTEK 26 a été lancé mardi soir à l’Esplanade Tranquille. Pas d’effervescence immédiate : l’accueil se voulait posé, presque rituel, comme une façon de préparer le terrain avant l’avalanche de performances éclatantes qui jalonneront le festival.
Dans ce moment de rassemblement, on pouvait sentir un ancrage collectif, un souffle partagé, comme si Montréal retenait sa respiration en attendant que la musique prenne le relais.
C’est à Valentina Magaletti que revenait la tâche d’inscrire ce premier geste. Percussionniste italienne basée à Londres, elle s’est présentée sur scène avec une assurance tranquille, prête à nous faire voyager dans son univers polyrythmique. Elle s’est déplacée avec fluidité entre les tambourins, le vibraphone et la batterie, tissant une conversation sonore où chaque instrument ouvrait la porte à une nouvelle
dimension. Sa pratique, nourrie par le jazz, l’expérimentation et l’improvisation, induit une écoute rare: on sent qu’elle ne cherche pas seulement à frapper, mais à dialoguer avec la matière même du son.
Le public, lui, oscillait entre fascination et abandon. On n’assistait pas à une démonstration, mais à une invitation au ressenti. À travers ses gestes précis, Valentina Magaletti a fait émerger cette excitation singulière qu’on reconnaît lorsque la musique nous traverse entièrement. Ses rythmes semblaient parfois s’échapper de la scène pour circuler dans les corps, installant un engouement progressif, presque insidieux, qui nous enveloppait plutôt qu’il ne nous saisissait de front.
Ainsi, l’ouverture de MUTEK 26 n’a pas choisi l’éclat ou la démesure, mais un état de présence. Ce fut un accueil enraciné, vibrant, qui nous a rappelé que la musique commence souvent par une écoute attentive avant de se déployer en intensité. Un prélude sensible et maîtrisé, promesse d’un festival où chaque vibration comptera.
Photo: Vivien Gaumand























