Hier soir, à l’Esplanade Tranquille, j’ai assisté à la première de RICO X PARIA Ensemble et ça m’a marquée par ses contrastes et son intensité! Le set s’est ouvert dans une atmosphère sombre, presque punk, où la voix habitée de RICO RICA portait une énergie brute, traversée de tension et de caractère. Les textures électroniques de Bclip accentuaient ce sentiment d’urgence, comme si on assistait à un cri libérateur depuis les marges.
Puis, tout a basculé. Quand l’accordéoniste Jose Daniel Rico Nieves et le percussionniste Elias Musiak ont rejoint la scène, une toute autre dimension s’est déployée. Les sonorités traditionnelles colombiennes ont apporté une douceur vibrante qui a suspendu le temps. C’était comme si la mémoire d’un carnaval ou d’une fête de village avait soudain envahi l’espace, nous rappelant la force d’un héritage musical toujours vivant. La rencontre entre ces instruments et les manipulations électroniques de Bclip donnait l’impression d’un dialogue fragile, mais puissant, où chaque note résonnait avec profondeur.
La dernière partie a tout emporté. Les rythmes se sont accélérés, les basses se sont épaissies, et RICO RICA a projeté sa voix dans un déchaînement électro-latin irrésistible. Guaracha, champeta, reggaetón mutant : tout s’est fondu dans une énergie collective qui a fait exploser la foule. Ce final percutant, vibrant et dansant, n’était pas seulement une célébration musicale, mais une libération, moment où tradition et futurisme queer se sont rencontrés dans un même souffle incandescent.
Photo: Bruno Aïello-Destombes























