Dans le cadre de Nocturne2, la Satosphère a accueilli la première mondiale de Rapid Eye Movement (REM, acronyme bien connu pour les raisons qu’on sait), performance immersive conçue par les artistes britanniques Bertie Sampson et YeffYeff, alias Reeps One. Pensée comme une traversée sensorielle des cycles du sommeil, l’œuvre invitait le public à pénétrer un rêve collectif où voix et images se dissolvaient dans un même flux onirique.
La performance suit les cinq phases du sommeil, en s’attardant sur la dernière – le REM, stade du rêve intense juste avant le réveil. En amont, les artistes avaient collecté des fragments visuels, textuels et sonores auprès d’un public sur le web, transformés ensuite en matière sensible : nous étions littéralement plongés dans les rêves des gens.
Sur scène, YeffYeff expérimentait en direct avec sa voix, tantôt étirée, tantôt distordue, dialoguant avec les environnements génératifs de Sampson. Sa trame sonore, profondément ancrée dans l’héritage de la scène garage britannique, convoquait le UK Garage, le Future Garage et la UK Bass.
À sa droite, Bertie Sampson manipulait les visuels projetés à 360° : architectures mouvantes, jardins fleuris, silhouettes humaines, textures abstraites. De l’iris d’un œil à des paysages hybrides entre constructions humaines et nature, ses images composaient une cartographie mouvante de l’inconscient.
À l’échelle monumentale du dôme, Rapid Eye Movement brouille les perceptions et déstabilise les repères, immergeant le spectateur dans une cartographie vivante de l’inconsciente.
Ce compte-rendu a été rédigé dans le contexte de MUTEK en août dernier, l’expérience se poursuit à la SAT depuis le 26 août dernier, et ce jusqu’au 4 octobre.























